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  <title>Dhampyr</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 14 Aug 2010 23:32:48 +0200</pubDate>
  <copyright>Creative Commons by-ND-NC</copyright>
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  <item>
    <title>Chapitre 5</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2010/08/05/Chapitre-5</link>
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    <pubDate>Thu, 05 Aug 2010 19:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;Trous noirs et révélations&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Salut les enfants!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Enfin! J'ai fini la relecture et les corrections de ce cinquième chapitre de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;, qui s'appelle &quot;Trous noirs et révélations&quot;. Tous mes respects au premier ou à la première qui trouvera la référence, dans les commentaires. Comme d'habitude, voici la version téléchargeable et imprimable en &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_5_-_Trous_noirs_et_revelations.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Dans les scènes précédentes, tandis que Gildas et Manu redéfinissaient les liens de leur amitié, Géraud et Luis resserraient la leur. En fin de chapitre, suite à l'étrange rêve de Manu impliquant Luis se faisant aspirer le sang, Manu et Gildas prennent la décision de passer au-delà de leurs inimitiés pour le jeune homme et de le prévenir du danger qui semble le menacer, malgré la présence de Géraud à ses côtés.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce chapitre sera entièrement centré sur Géraud, et sur les suites de cette nouvelle confrontation. J'ai à cette occasion choisi d'utiliser une &quot;narration non linéaire&quot;, c'est à dire avec des sauts dans le temps, en avant et en arrière. C'est d'ailleurs plus simple à comprendre en lisant directement, mais ne vous inquiétez donc pas si au premier abord vous avez l'impression que j'ai éludé quelque chose. Tout arrive à temps... comme le nouveau personnage de la mythologie de &lt;strong&gt;Dhampyr &lt;/strong&gt;que j'introduis ici. Un personnage très important pour la suite, mais je vous laisse le découvrir par vous-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;En attendant, je vous souhaite une très bonne lecture, merci à vous pour votre patience et votre fidélité, ainsi que vos encouragements. On se retrouve dans les commentaires! Lâchez-y tout ce que vous avez sur le cœur! &lt;strong&gt;;o)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ludo&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;L.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/G.png&quot; /&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;éraud courait à grandes
enjambées, les poumons en feu, à travers la nuit et les arbres de
la forêt. Il fuyait aussi vite que son corps le lui permettait, et
alors qu'un point de côté lui poignardait le ventre, une larme
perla de l'un de ses yeux rougissants. Réalisant que la fatigue le
ralentissait, il puisa en lui davantage de forces et accéléra
encore, ignorant la douleur violente qui lui tordait les boyaux et
les branches basses qui giflaient son visage.
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Soudain,
il crut entendre un animal crier et eut si peur que ce ne fusse en
fait la voix de Loublin ou Mercier à sa poursuite qu'il accéléra
davantage. Il courait sans direction particulière. Tout était de sa
faute. Et tandis que la Lune presque pleine éclairait de plus en
plus chacun de ses long pas, la honte et la culpabilité firent
ressurgir les évènements récents.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=677208&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=677208&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Éloigne-toi de Luis, salopard!, cria Gildas à Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Si
tu veux parler avec lui, il faudra d'abord qu'on discute tous les
deux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Gigi, laisse-moi régler ça, tu veux?, risqua Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
as trois secondes pour t'éloigner du gitan, reprit Gildas, ignorant
son ami.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Pourquoi tu ne viens pas toi-même?, lança Géraud, aussitôt retenu
par Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Géraud! Tu avais promis de ne pas chercher la bagarre!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais qui la cherche!, s'indigna le jeune homme. Et pourquoi est-ce
qu'il t'appelle «&amp;nbsp;le gitan&amp;nbsp;», maintenant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Parce que c'est ce que je suis. Ses parents ont dû lui dire.
Maintenant, laisse tomber et partons d'ici, ajouta Luis en entrainant
son ami vers l'orphelinat.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
fais pas ça Luis, intervint Manu, manifestement très agité. S'il
te plaît, laisse-le et éloigne-toi d'ici. On ne veut plus se battre
avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
sais, tu me l’as promis. Mais je resterai avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
te remercie, répondit Géraud, avec gratitude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
rêve pas, reprit son ami à demi-voix, je ne reste pas pour me
battre, mais pour empêcher une bagarre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Bon sang, mais ce con ne comprend rien!, s'impatienta Gildas en
avançant vers Luis. Si on te dit de ne pas t'approcher de Géraud,
tête d’œuf, c'est précisément parce que c'est de lui qu'il faut
se méfier! Tu enregistres?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt; -
Gildas, tu n'as pas besoin de faire ça, tenta à nouveau Manu.
Calme-toi. J'ai compris, tu m'as montré que tu pouvais penser aux
autres, et c’est très bien. Mais on peut régler ça
&lt;em&gt;tranquillement&lt;/em&gt;... Tout ce qui compte, c'est qu'on le
prévienne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- De
quoi?, répondirent en chœur Géraud et Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Manu
se passa la main sur son visage. Il cherchait visiblement ses mots.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Luis... Géraud est… dangereux, lâcha-t-il enfin. On a tous
remarqué dans quel état il s’était mis, quand il est venu à ton
secours. Ce que tu dois savoir, c’est que tôt ou tard, il va
s'attaquer à toi. C’est un fait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Qu'est-ce que c'est que ces conneries?, lâcha Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
veux dire &lt;em&gt;tes &lt;/em&gt;conneries, rétorqua Gildas, qui défit le haut
de sa chemise et arracha théâtralement son pansement au cou,
dévoilant une cicatrice formée de deux gros points rouges bien
distincts. Ça, c'est ton chef-d'œuvre, sale con. Quand tu as essayé
de me tuer.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Qu'est-ce que c'est que ça..., murmura Luis les yeux rivés sur la
blessure.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Gigi,
tu pourrais..., commença Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Non,
laisse-moi parler. J'attends depuis trop longtemps, s'il te plaît.
C'est fini, les mensonges. Géraud, toi et moi, il y a de ça
plusieurs jours, tu as voulu me tuer en me vidant de mon sang, et
contrairement à mes parents, je n'ai pas l'intention de jeter
l'éponge aussi facilement, amnésie ou pas.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Foutaises..., se défendit faiblement Géraud, les yeux rivés sur la
cicatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- C'est
la vérité, conclut sobrement Manu. Luis, éloigne-toi de lui, avant
qu'il ne te fasse la même chose. C’est ça que je suis venu te
dire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Attendez, pas si vite, dit Géraud, rassemblant ses idées. Luis,
j'ai compris ce qu'ils sont en train de faire. Un jour, ils viennent
te casser la figure, et un jour, ils viennent soi-disant te défendre
contre moi. En fait, ils essayent de nous atteindre par tous les
moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu as
la voix qui tremble, Géraud, lâcha Gildas d'un ton plus offensif,
mais c'est trop tard pour les jérémiades. Il est l'heure de
rétablir quelques vérités. On va voir si tu retrouves la
mémoire... Cette cicatrice que tu vois, là, c'est toi qui me l'a
faite, espèce de malade. Tu la vois bien aussi?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je la
vois..., répondit Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Eh
bien figure-toi que ton grand copain et moi, on n'est jamais tombés
dans une soi-disant crevasse. Ce qui s'est vraiment passé ce jour-là
est très différent de ce qui a été raconté. Et malheureusement
beaucoup plus grave qu’un simple accident. (Il prit une
respiration). Lui et moi, on était encore en pleine dispute. Comme
d'habitude. Mais cette fois-ci, quelque chose de dingue s’est
produit. Ses yeux sont soudains devenus rouges. Rouge vif. Je me suis
retrouvé tout seul face à lui, et il me fixait comme un animal avec
ses yeux rouges. Et c'est là que ce fou furieux m'a sauté dessus.
Il m'a plaqué au sol et il m’a immobilisé sous lui de toutes ses
forces. Avant que je ne comprenne ce qui était en train de
m’arriver, il m'a mordu au cou. Bien profondément, jusqu’à la
chair. Et tu sais ce qu'il a fait ensuite, ton pote?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Il a
aspiré mon sang! Mon putain de &lt;em&gt;sang!&lt;/em&gt;, rugit Gildas, désormais
totalement hors de lui.Non, mais est-ce que tu te rends
compte?, cracha-t-il en fusillant à présent Géraud du regard. Mais
quelle espèce de &lt;em&gt;monstre&lt;/em&gt; est capable d'avoir des idées aussi
tordues? Il m'a pompé le sang, et quand j'ai essayé de me défendre,
ce taré a essayé de m'assommer en me fracassant le crâne contre la
roche! Et il continuait à aspirer, et aspirer... Il buvait! &lt;em&gt;Tu as
bu mon sang!, &lt;/em&gt;vociférait Gildas, les yeux humides, tandis que
Manu tentait vainement de le retenir avec ses bras. T'es qu'une
saloperie de connard de monstre, Géraud! Un  putain de monstre! Tu
m'as marqué à &lt;em&gt;vie!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- C'est
n'importe quoi..., marmonna Géraud, totalement estomaqué.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Et ma
bosse, sur le crâne&amp;nbsp;? Et ma cicatrice au cou! C'est quoi,
alors? Tu crois que je me la suis faite tout seul, peut-être? Et
qu’ensuite, j'ai demandé à Manu de me saigner jusqu'à me vider
de la moitié de mon sang juste pour que tu sois puni?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Mais,
je... Enfin non, merde!, s'empourpra Géraud, devant un Luis ahuri et
pâle comme la mort en personne. Mais enfin, rien que ce matin, je
n’étais même pas foutu de mordre dans une foutue pomme...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Bon
dieu, mais &lt;em&gt;pourquoi&lt;/em&gt;, à ton avis?, aboya Gildas, hors de
contrôle. C'est mon père! Il t'a arraché les dents, justement à
cause de ce que tu m'as fait!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Mais
non, il... Il m'a dit que je me les suis cassées sur de la roche en
tombant...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
t'imagines pas sérieusement que tu te serais cassé &lt;em&gt;uniquement
&lt;/em&gt;les canines en tombant, non?, ricana méchamment Gildas. Tu peux
m'expliquer comment, alors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je...
Je ne sais pas... Je ne me souviens plus...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Oh,
mais je vais te rafraîchir la mémoire, moi!, s'époumona Gildas en
exhibant de plus belle la double cicatrice. Parce que &lt;em&gt;tu &lt;/em&gt;m'as
fait ça! &lt;em&gt;Toi!&lt;/em&gt; Et je suis sûr que dans le fond, tu t'en
souviens, vu comment tu as aimé ça, avoue!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Mais
non, enfin, je vous jure que j'ai aucun souvenir d'avant
l'accident..., bafouillait pitoyablement Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Gildas..., tenta à nouveau Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- C’est
parce que c'était &lt;em&gt;pas &lt;/em&gt;un accident! C'est &lt;em&gt;toi,&lt;/em&gt; qui m’as
attaqué! Tu m'as mordu! Et tu as bu mon sang! Jamais j’oublierai
ce que tu m’as fait, et je te haïrai toujours!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Un
instant, intervint Luis. Si tout ça est vrai, alors pourquoi est-ce
que tu ne nous le dis que maintenant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Parce
que je... C'est toi qui..., commença Gildas à bout de souffle sous
le coup de l'émotion. Oh, et puis merde, jura le garçon, en
cherchant des yeux le regard de son ami.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
t'inquiète pas, Gigi... Je vais lui dire. Calme-toi, respire...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Qu'est-ce qu'il y a, Manu?, s’enquit Luis. Parle...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne me
demande pas comment je le sais... Mais je sais que Géraud va s'en
prendre aussi à toi. Tôt ou tard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Quoi,
comment ça?, demanda l'intéressé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Géraud va se cacher pour t'attaquer et te mordre au mollet pour
aspirer ton sang.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je ne
suis pas sûr de comprendre…, hésita Luis. Au mollet, tu dis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ça
se passera quand tu seras sur un sentier très ensoleillé, et il y
aura une femme qui viendra pour essayer de te protéger, peut-être
la mère Mercier, ou Fatou. Elle appellera un homme, qui essayera de
retrouver Géraud pour le tuer. Et puis, ton sang sera... Et elle
criera à son tour...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- C'est
n'importe quoi..., commenta Géraud, avec moins de conviction qu'il
ne le souhaitait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Comment est-ce que... tu peux savoir ça?, articula Luis de la façon
la plus neutre possible, ce qui n'empêcha pas d'embarrasser Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne... Il se trouve qu’à un moment, la femme dira que tu es
hémophobe. Je n'avais jamais entendu ce mot avant que tu ne me
l'expliques, tu te souviens?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Attends, qu'est-ce que tu veux dire, que tu as eu une sorte de
vision?, demanda Géraud. J'ai l'impression que tu mélanges tes
cauchemars et les histoires de Gildas, ainsi que les phobies de
Luis... Vous devriez y aller mollo, sur les films d'horreur, les
gars, je comprends pourquoi ta mère nous les interdit, Gildas, quand
on voit les ravages que ça vous fait...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Hé,
le monstre, l'interrompit Gildas pour voler à la rescousse de son
ami, s'il y en a un qui est tordu, ici, et c'est toi, je te rappelle!
Tu fais le malin, mais on a tous vu à quel point tu t'es senti
concerné par tout ce qu'on vient de te dire, de la même façon
qu’on a vu ton comportement dans la cour. T'as aussi besoin que je
demande à mon père de nous rapporter tes anciennes canines pour les
comparer à mes cicatrices ou bien ça ira? Je suis sûr qu’il les
a gardées, pour ne pas que tu les réutilises. Et Manu, tu le laisse
tranquille, je le connais, et il est pas du genre à raconter
n’importe quoi pour faire son intéressant, lui, lança-t-il, cette
fois-ci à l’attention de Luis.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Géraud
réagit aussi sec.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Parce
quand tu t’es vanté de m’avoir sauvé héroïquement d'une
crevasse, c'était la vérité? Qui est-ce qui fait son intéressant,
maintenant, Superman?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Mais
c’est parce qu'on m'avait obligé à mentir!, s'insurgea Gildas
Alors comme c'est toi qui es le responsable de ce qui m'est arrivé,
autant que je récupère quelques lauriers! C’est la moindre des
compensations, pour m’avoir saigné comme un porc!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Et
puis justement, Géraud, poursuivit Manu, on connait tous Gildas, et
je ne vois pas sinon pourquoi il avouerait avoir soi-disant fini
couché sur le sol, vidé de son sang par un idiot qui a pété les
plombs. Il est trop fier pour ça. Enfin, il l’était, parce qu’il
veut essayer d’empêcher que ça n’arrive à nouveau. Et je le
remercie pour ça. Dans tous les cas, il n'avait pas cette cicatrice
avant ce jour-là, tout le monde te le dira. Tout comme on te dira
que peu de rochers laissent de telles marques sur le cou.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Exactement!, reprit Gildas. Je suis venu sauver ton lèche-bottes de
pote de tes sales griffes! Alors, Luis, maintenant éloigne-toi de ce
taré. Ne te laisse pas berner par ses faux-airs de victime! Si
Géraud prétend qu’il n’est pas capable de faire de telles
choses, eh bien, crois-moi, il l'est! Et si tu ne me crois pas, crois
ma cicatrice. Reste avec lui, et tu auras la même, sauf que tu te
seras aussi fait vider de tout ton sang.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Luis…, se défendit faiblement Géraud, en voyant ce dernier
s'écarter de lui en le considérant d'un œil mi-désolé,
mi-effrayé. Gildas, je suis sûr que ton père…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ecoute bien ce que je vais te dire, reprit Gildas pour enfoncer le
clou. Les mensonges de mon père, ceux qu'il t'a racontés, ceux
qu’il m’a demandé de répéter et pourquoi, je m'en contrefous.
S'il s'avise de me demander des comptes, il faudra d'abord qu'il
fournisse quelques explications. En premier à moi, mais aussi à
tous ceux qui vivent avec toi chaque jour, ceux qui te côtoient sans
savoir le danger qui les menace. Comme une putain d'épée de
Daclomès.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Arraché par ses pensées, son pied s'entortilla dans des ronces, et
il trébucha violemment au sol. Il se protégea de ses mains pour
amortir sa chute mais son front percuta une grosse racine. Il jura,
essuya son front que quelques gouttes de sang commençaient à
perler, et dégagea sa cheville. Ce faisant, il griffa profondément
sa peau et jura de douleur. Il se redressa, profitant de quelques
instants pour souffler dans la nuit fraîche. Son point de côté
continuait à le lanciner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud avait distancé l’orphelinat d’une poignée de
kilomètres. Tandis qu'il reprit son souffle et sa route, il eut
l'impression d'entendre chaque bruit de la forêt. Il pouvait
discerner le moindre insecte nocturne gratter, griffer, grignoter,
grimper, gargouiller. Sur son chemin improvisé, il croisa une large
flaque d'eau. Il s'y baissa pour nettoyer son front. Mais au clair de
Lune, il surprit une silhouette monstrueuse sur la surface. Un visage
sale et ensanglanté, et deux yeux rouges luisants qui le fixaient
dans la nuit. La terreur le saisit alors qu'il reconnut son propre
reflet. Il repensa à Gildas, qui avait déclamé que ses yeux
étaient devenus tout rouges quand il l'avait attaqué. C'était donc
&lt;em&gt;ça&lt;/em&gt;, son véritable visage.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Pris de panique, il donna un coup de pied dans la flaque - un coup
d'épée de Daclomès dans l'eau aurait dit cet imbécile Gildas.
Sauf que cet imbécile de Gildas avait raison, et que ç'avait
toujours été vraiment lui la vraie victime, et qu'il avait eu
toutes les raisons du monde d'avoir été odieux avec lui. A moins
qu'il ne soit à l'origine de son sort en ayant provoqué Géraud,
comme à son habitude... Oui, Gildas avait lui-même allumé la
flamme. Gildas était du genre à avoir le sang chaud. Un sang chaud,
qui était certainement...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud se gifla violemment pour se reprendre. Il se releva
rapidement, et se remit à courir de toutes ses forces. Ses souvenirs
se bousculaient dans sa tête, ils bouleversaient sa notion du temps.
Tout allait trop vite, et trop lentement à la fois. Ses canines
titillaient ses mâchoires, comme pour lui rappeler qu’elles
n’étaient pas à leur place. La douleur s’accentua. Ces dents
étaient aussi fausses que les mensonges qu’on lui avait racontés,
alors comment pouvaient-elles faire si mal? Il tenta de les ignorer,
tout comme il tenta d'ignorer les idées sanguinaires qui
assaillaient son esprit troublé, et tout comme il tentait d'ignorer
les branches qui le giflaient à leur tour, comme pour l'aider à
rester concentré sur autre chose que le sang. Il essaya de se
focaliser sur son chemin, et sur la sensation des larmes brûlantes
qui coulaient abondamment le long de ses joues, se mêlant à son
sang. Son sang...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il secoua la tête pour chasser cette idée de toutes ses forces, si
bien que cette fois-ci, son pied glissa dans un trou, et avant même
de comprendre ce qui lui était arrivé, Géraud bascula. Son torse
rebondit contre le rebord du trou pendant que ses jambes
s’enfonçaient au-dessous de lui sans toucher le fond. Le souffle
coupé, il ne parvint pas à s’accrocher, et tout son corps fut
bientôt entraîné dans la chute. Il passa entièrement sous le
niveau du sol, heurté de part en part contre les parois de la
crevasse, sans les voir, une fois contre de la terre, une fois contre
de la pierre, mais s'enfonçant chaque seconde un peu plus...
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Puis, par miracle, se réceptionna dans quelque chose de mou et
d'étriqué, qui amortit sa chute. Il rouvrit les yeux, en prenant
conscience l'amère ironie de la situation de cette chute dans une
crevasse. Dans le noir, il entreprit de redresser ses membres
endoloris, mais il ne sentait pas la stabilité du sol au-dessous de
lui. Il tourna instinctivement ses yeux vers le bas. Au-dessous de
lui, le noir complet continuait à s’enfoncer. Géraud réalisa
avec stupeur qu'il était tombé sur une structure instable faite de
cordages qui l'emprisonnaient. Il palpa les cordes qui l'entouraient
et le maintenaient suspendu au-dessus du sol, ces cordes nouées qui
l’avaient sauvé d’une mort presque certaine. Puis, en observant
l’assemblage plus attentivement à la lueur de la Lune, Géraud
comprit pour la deuxième fois de sa longue journée qu'il était
tombé dans un piège.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il s'était senti piégé, trahi, humilié. Mais surtout, il s'était
senti rongé par le doute. Était-ce seulement possible? Gildas et
Manu avaient-ils vraiment dit la vérité? Tout semblait concorder
dans leur sens. Bon sang, même Luis l'avait cru, et il était
désormais en train de s'éloigner avec eux, le laissant seul dans la
cour. Les révélations de Gildas étaient incroyables, malgré cela,
il n'arrivait pas à ne pas y croire. Il se frotta les yeux et tenta
de mettre de l’ordre dans ses idées. Il se devait d'aller voir une
personne qui pourrait lui répondre clairement, et il ne voyait à ce
stade qu’une personne : Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il trouva la vieille écurie transformée en grange assez vite, à
une centaine de mètres derrière le grand orphelinat où le
directeur et son assistant empilaient des bûches. Malheureusement,
au moment où il allait prendre la parole, Simon Mercier le vit et
lui rappela qu'il était supposé retourner en cours. Géraud lui
répondit qu’il était en pause et proposa son aide pour couper des
bûches, mais Mercier tendit férocement l'index en direction du
bâtiment, coupant ainsi toute forme de discussion.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il repartit, non sans essayer de capter discrètement le regard de
Loublin, mais en vain. En rentrant, il observa le long mur qui
délimitait le périmètre de l'orphelinat. Au-delà s'élevaient les
arbres des bois environnant, renforçant le sentiment d'isolement du
jeune homme. Il se demanda sur quelle surface ils s'étendaient, et
ce qui pouvait s'y trouver au-delà.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud passa le reste de la journée avec l'esprit sombre et
tourmenté. Il ne participa ni au cours, ni à aucune autre forme
d'interaction sociale. Luis lui demanda de venir parler avec lui un
moment, mais il ne lui répondit qu’en secouant négativement la
tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.06cm; text-indent: 0.9cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Le soir arriva sans surprise et sans hâte, et il dîna seul. Luis
s’assit face à lui, mais ils n’échangèrent pratiquement aucun
mot. Au moment où le jeune homme se dirigeait vers les escaliers
menant à sa chambre, Mercier l'interpela depuis sa table. Géraud ne
comprit pas tout de suite que le directeur voulait lui rappeler sa
punition. Fatou, qui mangeait à la même table, proposa de reporter
à un autre soir la tâche de nettoyage des sols. Elle avait de toute
évidence remarqué l’attitude fermée et sombre du jeune homme et
en avait pris pitié. Madame Mercier intervint à son tour pour
rappeler à la jeune femme que Géraud était puni pour une bonne
raison et que le travail qu'il accomplirait serait autant de travail
en moins que Fatou aurait elle-même à faire. De bonne grâce, cette
dernière se tourna vers le garçon :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.25cm; text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Dans ce cas, je l'aiderai. Tu ne seras pas tout seul, Géraud. Je
serai là.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud regarda Fatou dans les yeux. Ses mots le touchèrent. Mais
se sentant un peu honteux, il se contenta d'un petit hochement de
tête. Il s'absenta le temps de se changer et le Soleil de finir de
se coucher. Avant de redescendre, il relut la lettre que lui avait
écrite Mercier pour son réveil, et y griffonna quelques mots au
dos, avant de la déposer sur son oreiller.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Enfin, il partit rejoindre Fatou dans le hall d'entrée tandis que
ses camarades montaient dans leurs chambres respectives. Il croisa
Gildas dans les escaliers, qui lui murmura quelque chose, qu’il ne
comprit pas. Géraud tenta de faire comme s’il n’avait rien
entendu du tout, mais son cerveau tournait à plein régime. Il
retrouva Fatou, et eut honte en la voyant là. Elle lui donna un
balai et un seau et montra comment procéder pour laver le carrelage
de l'un des couloirs. «&amp;nbsp;On n'arrivera pas à tout faire ce
soir, mais au moins, comme ça, on aura bien avancé&amp;nbsp;», avait
elle dit. Après qu'ils aient échangé quelques mots et terminé de
nettoyer le hall, Fatou se dirigea dans le couloir de l'une des
ailes. Géraud proposa timidement d'aller pendant ce temps laver le
couloir de l'autre aile et Fatou avait acquiescé avec un sourire. Il
savait qu’il se couvrait de honte, mais son désespoir était plus
grand encore : il ne pouvait plus rester là.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Un quart d’heure après qu'il l'ait laissée, il courait dans les
bois.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Tout ça pour en arriver là. Dans ce piège fait de cordages et de
nœuds. Géraud repensa à Fatou. Il s'en voulut de ne pas être
resté et de l'avoir abandonnée comme ça. Elle n’avait voulu que
l’aider. Peut-être qu'elle avait raison, et que tout aurait fini
par s'arranger. Mais la pression avait été trop grande, et il avait
préféré s’enfuir vers l’inconnu. Au bout du compte, il n’avait
fui sa cage que pour en trouver une autre. Sauf que maintenant,
personne ne le retrouverait jamais. Il regretta amèrement d’avoir
désiré s’isoler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Pendu au-dessus du sol dans l'obscurité presque totale, Géraud
tenta de discerner un moyen de se libérer. Mais les cordes pendaient
du haut du trou d'où il était tombé et comble de malchance, la
grotte formait une sorte d'entonnoir inversé. Il n’y avait pas
moyen d'atteindre les bords, trop éloignés, et qui de surcroît
n’offraient aucune prise. A moitié coincé, Géraud tourna à
nouveau la tête au maximum pour essayer de distinguer le fond, mais
il ne vit rien. Une idée lui parvint alors&amp;nbsp;: il cracha vers le
bas et attendit. Le faible son de son crachat s’écrasant sur de la
pierre ne lui parvint qu’après cinq interminables secondes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il ne pouvait donc pas se balancer pour toucher la paroi rocheuse, il
ne pouvait pas non plus couper la corde, il était trop coincé entre
les filets pour tenter de remonter, et pour couronner le tout, il ne
pouvait pas compter sur le fait que quelqu'un puisse le retrouver là.
Et même s’il s’en sortait, il n’avait nulle part où aller.
Le constat était catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Ses yeux commencèrent cependant à s'habituer à l'obscurité et il
vit deux rats ramper bizarrement le long de la paroi pour grimper
vers les cordes qui le suspendaient plus haut. Géraud comprit
subitement que des rats ne pouvaient pas grimper verticalement, et
c'est lorsque les bestioles furent éclairées sur la corde par la
lueur de la Lune presque pleine qu'il remarqua des ailes sur leur
dos. Des ailes de chauves-souris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Son cœur s’accéléra, et il repensa à ses blessures ouvertes,
notamment celle du front, dont le sang commençait à peine à
sécher. Il essaya de se rassurer en se rappelant que les
chauves-souris s'en prenaient rarement à l'homme. Mais comme il ne
se souvenait pas d’où il tenait cette information, il réalisa
qu’il lui fallait un plan de toute urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il essaya de se relever, mais coincé dans ce tout petit espace, il
ne parvint qu'à agiter le piège. Une chauve-souris glissa du haut
de la corde et vint se poser sur son épaule. Elle ne bougea pas
plus. Malgré le peu de lumière, Géraud put distinguer dans les
moindres détails ses ailes griffues, son pelage, ses oreilles, son
museau, et ses horribles petits crocs pointus. Elle poussa un
couinement et sans paraître pour le moins du monde effrayée, elle
rampa vers son visage et ouvrit sa gueule avec des crocs pointus
comme de petites aiguilles blanches. Pris de panique, Géraud hurla
et se secoua dans tous les sens pour chasser l'animal. Pendant
quelques secondes, la bestiole piailla de terreur et de colère, et
finit par tomber… et de réapparaître pour se poser un peu plus
haut.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud fut parcouru d'un frisson sur tout le corps à l'idée de ce
que cet animal était sur le point de lui faire. Mais aussitôt le
soulagement passé, Géraud vit l'animal voler vers lui, bientôt
suivi par ses congénères apparemment ravis d'avoir trouvé leur
dîner du soir.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud venait de leur servir son propre corps comme sur un plateau.
Au vu des petits cris qu'elles poussaient, les chauves-souris
surexcitées semblaient d'ailleurs avoir compris qu'il y avait là de
la viande fraîche pour des jours. Peut-être même qu’elles
seraient assez malignes pour le laisser en vie afin qu’il ne
pourrisse pas, leur laissant du sang frais à disposition. Combien de
temps pourrait-il rester vivant et les repaître en même temps?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Cette fois-ci, Géraud hurla de toutes les forces de son corps,
martelant des pieds et des bras, mais en vain, plus il se débattait
dans son filet, et plus les chauves-souris virevoltaient autour de
lui, se posant l’une après l’autre sur ses hanches, ses
chevilles, ses épaules, ses doigts... Il se secoua avec toute
l’énergie qu’il lui restait, mais rien n’y faisait, il sentait
des milliers de crocs pénétrer aléatoirement sa chair alors qu’il
s’époumonait, et chaque mouvement qu’il faisait ne parvenait
qu'à l’emmêler davantage dans les cordes. Pris d’une panique
animale, il eut juste assez de force pour trouver une ultime idée.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il fallait tenter le tout pour le tout&amp;nbsp;: se moquant des
conséquences, Géraud entama un mouvement de balancier. Il essayait
de percuter les parois et d’écraser ainsi ses assaillantes contre
la roche, mais les bords étaient trop lointains. Il insista, tentant
d’ignorer ses innombrables douleurs, mais rien n’y faisait&amp;nbsp;:
à cause de la forme d'entonnoir renversé de la grotte, il
n'arrivait pas à l'atteindre. Les milliers de petites griffures et
de morsures brûlantes continuaient à abîmer son corps, et se
laissa envahir par le désespoir. Il n’y avait plus qu’à
abandonner, en espérant que la mort l’emporte rapidement.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Quand soudain, il se sentit chuter d'environ un mètre, et avant même
qu'il ne comprenne ce qui se passait, la chute s’interrompit, et il
fut serré à nouveau dans son piège de cordes. Quelques
chauves-souris s'envolèrent sous le choc, avant de revenir à
l'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud réalisa qu'en se balançant, il avait peut-être scié la
corde qui le maintenaient en suspension. Tant pis pour la hauteur
vertigineuse, il fallait qu'il se débarrasse de ces horribles
monstres volants qui venaient de plus en plus nombreux le poignarder.
Malgré la chute potentiellement mortelle qui l'attendait, et
ignorant les nouvelles morsures qui lacéraient son corps, il reprit
le mouvement de balancier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il chuta à nouveau, cette fois ci d'environ trois mètres, et sa
réception fut cette fois plus violente. Ses membres et son dos
écrasés, il gémit de douleur. Puis il chuta à nouveau d'un cran.
Et encore. Les chauves-souris les moins coriaces commençaient à
s'envoler, abandonnant leur proie. Géraud entendit le frottement de
la corde qui coulissait quelque part à chaque fois qu'il tombait
d'un niveau. Qu’est-ce qui était à l’origine de ce phénomène?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
A peine se fut-il posé la question qu’il ne bougea plus du tout.
Les volatiles l’avaient tous abandonné. A bout de souffle, Géraud
comprit qu’il n'était pas à l'origine de cette manifestation.
Soudain, il fut prit d'une saisissante impression, tout à fait
étrange et inédite. Son cœur s'emballa comme s’il se trouvait
face à un précipice. Il sentit une présence sans la voir ni
l'entendre, une présence d'une extraordinaire singularité. Alors
qu'il tentait de s'imprégner de ce qu'il ressentait, il retomba d’un
cran et son corps meurtri heurta la pierre. Il avait touché le fond
de la grotte, et le reste de la lourde corde tomba sur son corps.
Cette dernière chute n’avait pas été très longue, mais elle lui
coupa le souffle pendant quelques secondes. Ses épaules et ses
fesses lui faisaient atrocement mal. Il entendait les chauves-souris
s'éparpiller au-dessus de lui avec de petits cris. Il leva les yeux
avec peine et les vit s'engouffrer par le trou tout en haut. Leur
passage le plongea pendant quelques secondes dans le noir total. Puis
le calme revint, et la pâle lumière lunaire aussi. Il s'entendait
haleter, et entreprit de se relever. Il n’y parvint pas du premier
coup. Il savait qu’il serait bientôt couvert de bleus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Deux yeux rouges le fixèrent.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=885711&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=885711&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud sursauta. Il recula, pétrifié par cette vision inattendue,
mais ne parvint qu’à trébucher sur les cordes, qui le retenaient
toujours. Les yeux rouges, à hauteur d’homme, étaient suspendus à
une silhouette sombre. Celle-ci s'avança au centre de la grotte sous
la lueur lunaire. Le cœur de Géraud se serra. Il distingua un homme
d'une trentaine d'années, un peu plus grand que lui, aux cheveux
noirs et courts. Son visage était pâle, ses traits taillés à la
serpe, éclairés par ses deux yeux rouges, qui maintenaient Géraud
captif. Il ne pouvait plus en détourner les siens. L'individu
renifla l'air, à la manière d’un félin. Du silence résonna une
voix profonde sur un ton neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.04cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Bonsoir, mon garçon....Eh bien... On ne voit pas souvent
d'orphelins courir dans les bois. Encore moins à ces heures.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud resta muet. Tous ses sens tentaient de l'avertir, mais il
ignorait comment réagir. Une alarme jusqu’alors inconnue explosait
en lui pour la première fois, et malgré sa terreur, il ne parvenait
pas à la déchiffrer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
n'es pas très bavard..., poursuivit l'inconnu, avant de renifler
Géraud, dont il s'était approché de quelques pas. Mais je sens que
tu es en train d'écouter ce que tu souffle ton instinct. Je fais ça
aussi. Peux-tu me dire qui tu es?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
suis... désolé, je crois ne devrais pas être ici, bafouilla
Géraud, cherchant toujours à reculer sans pouvoir se libérer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- En
effet, à l’heure qu’il est, tu devrais être en train de te
faire sucer le sang par mes chauves-souris. Je n’ai pas envie
d’avoir interrompu leur repas pour rien, alors je ne me répèterai
pas. Est-ce que tu peux me dire &lt;em&gt;qui&lt;/em&gt; tu es?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Je... je ne sais pas, marmonna Géraud, qui du bout des doigts toucha
une pierre aiguisée. S'il vous plaît, ne me faites pas de mal... Je
me suis perdu ici par erreur, pardon, je m'en vais...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Un
instant, Géraud..., lui dit l'étranger en le retenant par le bras.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais... Comment vous connaissez mon nom?, parvint à articuler
Géraud. Qui êtes-vous?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
bouge pas, dit l’homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Géraud
surprit une lueur&amp;nbsp;et retint son souffle : l’homme avait sorti
une dague recourbée, dont la lame refléta la lumière lunaire.
Avant même qu’il ne comprenne ce qui se passait, il vit l’individu
trancher les cordes le retenant prisonnier. Géraud s’assit et
massa sa chair meurtrie. Puis il entreprit de se redresser, sans aide
mais non sans mal.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Pourquoi m'avez-vous demandé mon nom, si vous le connaissiez? Et
qu'est-ce que vous me voulez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;L’homme
sembla amusé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne t'ai pas demandé ton nom, je t'ai demandé si tu pouvais me dire
qui tu étais.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
suis Géraud, c'est tout, alors laissez-moi partir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
fais pas comme si tu ne m’avais pas compris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
suis Géraud et mon nom est ce que je suis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
...mais il ne définit pas ton identité, poursuivit l'inconnu,
reniflant à nouveau son jeune interlocuteur. Mais tu as raison, un
nom, c’est important, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Justement, je ne sais pas qui vous êtes... ni si vous m'avez déjà
rencontré avant... mais mon nom, c'est presque tout ce qu'il me
reste de mon passé! Alors... Comment est-ce que vous le connaissez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
l'ai déduit....&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous l’avez &lt;em&gt;déduit&lt;/em&gt;?, répéta Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
pressens également d'autres choses. Toi..., murmura l'homme.
D'apparence, tu es un être humain de base, un homo sapiens tout à
fait classique, si ce n’est ta pâleur. Mais humain, tu ne l'es pas
vraiment, au fond de toi... et tu n'es pas non plus un véritable
vampire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
...un &lt;em&gt;vampire&lt;/em&gt;? Mais... non, voyons, qu'est-ce que c'est que
ces histoires..., protesta Géraud avec un sourire raté. Je... je ne
suis pas un vampire!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- En
effet, Géraud, tu n'en es pas un, répondit l'homme, en reniflant à
nouveau le garçon comme une bête curieuse. C’est vraiment
incroyable... Et je suis sûr que tu ne sais même pas toi-même ce
que tu es... Dis-moi, mon garçon, tu n'éprouves aucune sensation
particulière, ici, en ce moment?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Je..., bredouilla un Géraud troublé sur le départ. Je dois rentrer
à l'orphelinat... Merci de m’avoir aidé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
te dérobe pas à ma question, tu sais exactement ce que je veux
dire, dit l’homme en se retournant vers lui. Tu y réfléchiras à
deux fois, la prochaine fois que tu violeras leur couvre-feu pour
venir courir dans mon territoire. En attendant, ici, tu es tout seul.
Et en tête à tête avec &lt;em&gt;moi&lt;/em&gt;. Alors je te conseille de me
répondre. Est-ce que tu sens que tu es en face d'un  vampire?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Un
vampire?, répondit à nouveau le jeune homme avec un rire sans
conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud écarquilla les yeux face à l'implacable évidence.
L'étranger le fixait toujours de ses yeux rouges brillant dans
l’obscurité. C’était bien ça, un vampire. Il venait de trouver
le seul et unique mot que lui hurlait son instinct depuis le début.
Cet homme était un vampire, et il disait la vérité.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud hocha la tête, plus par abdication que pour vraiment
répondre. Il n’était plus intrigué, il était désormais
totalement hypnotisé. «&amp;nbsp;Merde, ce type-là &lt;em&gt;boit du sang!&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»,
lui souffla son propre esprit, désormais assailli par un flot de
pensées. Il essayait de comprendre, mais renonçant à toute
logique, il tenta de faire appel à son instinct pour percevoir le
plus d'informations possible sur ce troublant personnage. Il saisit
une idée au vol.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Quel âge avez-vous, exactement?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Devine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne… Oh mon dieu, vous avez plus de cent ans...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Bon sang, répliqua le vampire, lui-même fasciné, tu es encore plus
étrange que ce que j'avais imaginé... Alors c'est donc vrai, tu es
capable de reconnaître les vampires. Tu peux même sentir leur âge.
Je me demande ce que tu peux faire d’autre. Est-ce que tu réalises
seulement combien tu es exceptionnel?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais... qu'est-ce que je suis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
es... une &lt;em&gt;chose&lt;/em&gt;... une espèce particulièrement rare dont
j’ai appris l’existence il y a de nombreuses années... Je ne
croyais pas avoir la chance d’en rencontrer un spécimen un jour. A
vrai dire le concept même me paraissait incroyable, même pour moi.
A présent que je t’ai face à moi, je suis bien obligé de croire
à ces légendes vampiriques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le
vampire ouvrit un sourire qui dévoila de longues canines pointues,
et ses yeux rouges furent parcourus d'une lueur fugace. Son
impressionnant regard exprimait désormais de l'excitation et de la
curiosité. Après un petit rire, il approcha son visage de celui de
Géraud, si près que ce dernier put sentir son haleine froide. Le
vampire lui caressa la nuque et le huma en fermant les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
me demande quel est le goût de ton sang…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Géraud
déglutit avec difficulté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Est-ce que... Est-ce que vous allez me tuer?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;La
créature l'observa un instant sans que Géraud ne parvienne à
interpréter la complexe combinaison d'émotions que reflétaient son
regard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non, soupira-t-il enfin. Je n'aime pas jouer avec la nourriture,
conclut-il en lui donnant quelques petites claques sur la joue, comme
un père qui démontre son affection à son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Ses
canines s’étaient rétractées à échelle humaine et ses yeux
n’émettaient plus qu’une faible lueur. Le vampire tourna les
talons. Géraud avança d’un pas et le héla.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Eh, attendez! Euh... Comment est-ce que vous faites? …avec votre
visage, je veux dire. Je vous ai vu me... regarder. Un moment, vos
yeux étaient... et vos dents...  Comment avez-vous fait pour...?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
...pour me transformer, c'est ça qui t'intéresse? Tu veux que je
boive ton sang, pour bien revoir?, gronda le vampire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non, justement, comment avez-vous fait pour ne &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt; m'attaquer.
Un instant vous étiez comme sur le point de le faire… et puis
l’instant d’après, vous êtes redevenu normal.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Définis «&amp;nbsp;normal&amp;nbsp;», pour un vampire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Pardon, votre visage du genre… «&amp;nbsp;humain&amp;nbsp;». Vous l’avez
juste décidé? Et votre envie est passée comme ça? Est-ce que
c'est possible?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Les instincts, mon cher Géraud, se contrôlent. L'esprit peut
dominer le corps. Et inversement. La seule question est de savoir
pourquoi on devrait choisir de contrôler l’un plutôt que l’autre.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Montrez-moi comment vous faites.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le
vampire le fixa un moment. Soudain, il rit aux éclats, toutes
canines déployées.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Alors ça, par exemple, tu es vraiment doté d'un culot exceptionnel!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Oui, c'est ce qu'on m'a dit..., hasarda le jeune homme, arborant un
sourire gêné.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le
vampire cessa brutalement de rire et revint vers lui au pas de
charge, et l’agrippa par les épaules.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
oses venir sur mon territoire, tu importunes mes chauves-souris, et
tu me laisses malgré tout t'épargner. Comment oses-tu en plus me
regarder droit dans les yeux, et m’exiger de t'apprendre les
secrets des mutations vampiriques? Écoute-moi bien, gamin, toi et
moi, on n'est pas &lt;em&gt;pareils&lt;/em&gt;, tu comprends? Tu ne sais rien de
rien, mais moi, j'en connais plus d'un qui n'auraient pas pris la
peine de te libérer de ce piège et se seraient contentés d'un bon
repas nutritif à base de sang frais. Même presque humain. Tu n'es
pas chez toi, ici, tu es chez moi. Et ici, j’ai le droit de vie ou
de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous ne m'impressionnez pas, mentit Géraud, dicté par son instinct
de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ha
ha ha! Mais bien sûr que si, Géraud!, répliqua le vampire en le
plaquant contre une paroi. Tu es mort de peur. Tu embaumes la
terreur. Je le sens. Ton cœur bat trop vite, et sang mêlé ou pas,
il ne demande qu'à sortir...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le
vampire entrouvrit la bouche, et apposa délicatement ses canines à
la surface de la peau du cou de Géraud, tétanisé par la peur. Il
fit lentement frotter ses crocs pointus le long du tendre épiderme,
mais sans vraiment l'ouvrir. Puis il posa son regard sanglant à
quelques centimètres de celui de Géraud, et lui afficha son plus
grand sourire. Sa langue rouge épousa lentement le contour de ses
molaires, de sa canine, de ses incisives, de sa seconde canine, et
disparut sur ses autres molaires. Géraud sentait son propre cœur
battre à tout rompre et pomper le sang si fort qu’il aurait voulu
pouvoir l’arrêter comme sa respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
sais..., murmura délicatement le vampire. Tu me rappelles un jeune
vampire, que j’ai connu. Il avait ta fougue et ton insolence, à
ses débuts... Je me souviens qu’à l’époque je serais mort une
seconde fois rien que pour pouvoir connaître son goût...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais... quelque chose me dit que vous ne le ferez pas...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ah
oui?, lui sourit le vampire, visiblement très amusé. Et qu'est-ce
qui te fait dire ça? Ton instinct, hmm?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous ne jouez pas avec la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
joues avec le feu, gamin..., dit le vampire plus ennuyé qu’offensé,
tout en relâchant  son emprise sur le jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne sais peut-être pas ce que je suis, mais je ne suis pas un gamin.
Et j’ai un nom. Et vous, quel est le vôtre?, tenta Géraud pour
gagner du temps, jetant subrepticement un œil à une galerie qui
s'enfonçait dans les ténèbres, derrière le vampire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mon nom?, répondit l’homme avec un rire nerveux. Tu ne l’as pas
deviné? Ca ne m’étonne pas. On ne m'appelle pas. Je n’ai pas de
nom. Pas vraiment, en tout cas…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Quel était votre nom de... quand vous étiez humain?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ca, c'était il y a longtemps, et dans une autre vie. Je n’étais
pas le vampire que je suis aujourd’hui. Mais entre mon ancienne vie
et celle-ci, au fil du temps et de mes pérégrinations, on m'a
attribué une sorte de surnom.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Un
surnom? Lequel?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
C'était au nord de l'Italie, à la fin des années vingt. Les
villageois m'appelaient l'Innominato. Cela signifie : «&amp;nbsp;L'Innomé&amp;nbsp;»
ou encore «&amp;nbsp;Celui qui n'a pas de nom&amp;nbsp;». Les humains m'ont
en quelque sorte baptisé ainsi, et des vampires ont repris ce surnom
avec sarcasme. On aurait dit que ces crétins d'humains avaient
compris que je n’avais jamais reçu de nom vampirique et
ironisaient sur ma situation... Heureusement, ils sont tous morts.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous les avez tous tués?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Géraud, c'était les années vingt. Ils sont tous morts, mais de
vieillesse. Enfin, seulement les plus rapides, conclut-il avec un
petit rire amusé, malgré la mine renfrognée de Géraud. Quoi, tu
ne trouves pas ça comique? Mille excuses, je ne tenais pas à
froisser ton côté humain, gloussa-t-il à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
regrette, mais moi, ça ne m'amuse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Moi, je trouve ça très drôle!, pouffa le vampire de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non, ça ne l'est pas... J'ai attaqué un autre garçon, à
l'orphelinat. Malgré moi. C'est la chose la plus horrible que j'ai
faite, et c'est pour ça que je suis en fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Voyons, mais bien au contraire, Géraud, c'est une chose formidable!,
s'embrasa le vampire. J’ai compris que ton essence vampirique ne
s’est réveillée qu’il y a peu. Tous les humains n’ont pas ce
privilège, j’espère que tu le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
m’en passerais bien… sans vouloir vous vexer, s’empressa-t-il
d’ajouter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Le
jour où tu as mordu ce garçon, ta nature vampirique t'a mordu
aussi. Tu possèdes un véritable potentiel, Géraud. Une puissance
jamais mesurée! Je commence à peine à me rendre compte moi-même
de tout ce que cela implique... Est-ce que tu réalises seulement
tout ce que tu peux accomplir? Et devenir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Justement, je ne le souhaite surtout pas! Et pourquoi est-ce que je
vous intéresse autant, subitement? D’abord, vous vouliez me tuer,
la minute après vous vouliez me laisser ici…
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
partais réfléchir. Je prends toujours le temps dont j’ai besoin
pour prendre mes décisions. C’est un de ces petits privilèges
qu’offre l’immortalité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne suis pas immortel. Enfin, je ne crois pas…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
ne l’es pas. Tu vieillis, Géraud. Ne sens-tu pas chaque cellule de
ton corps se nécroser un peu plus à chaque seconde? A cause de ta
vie? Ta vie te tuera, Géraud… Surtout si tu persistes à refuser
ton privilège et les possibilités qu’il t’ouvre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne cherche pas à devenir immortel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ca
viendra, avec l’âge. Dis-moi dans ce cas ce que tu recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne recherche rien! Je n’ai rien demandé à personne, moi…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Tu
cherches à fuir. Tu cherches à ne pas être ce que tu es. Mais tu
ne peux pas fuir ce qui est en toi. C’est ta nature, Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous ne savez rien de ce que je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
J’en sais beaucoup plus que toi. J’en sais peut-être même plus
que Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Loublin?, s'exclama Géraud, abasourdi. Vous voulez dire que vous le
connaissez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
dirais plutôt que nous nous croisons de temps à autres. Comment
crois-tu que j'ai deviné ton nom, Géraud?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous avez dit que vous l’aviez deviné.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
«&amp;nbsp;Senti&amp;nbsp;» serait plus approprié. Tu as dû être baptisé
par un vampire. Encore une chance que tu possèdes sans en jouir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le
cerveau de Géraud tournait à plein régime.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Attendez. Loublin… Que vous a-t-il raconté sur moi? Et comment
est-ce que vous le connaissez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
te l'ai dit, nous collaborons occasionnellement. C’est un brave
type, il comprend bien la vie des vampires. Il me parle peu de
l'orphelinat, mais je me rappelle qu’il m’avait parlé de toi de
façon assez enthousiaste, il y a un an ou deux. Il disait que tu
étais une piètre imitation de vampire. J'ai cru qu'il plaisantait,
sur le moment. Il aurait pu me parler de toi de façon plus…
honnête, j’aurais peut-être compris, sur le moment. J’imagine
que tant que ta vraie nature ne s’était pas réveillée, il ne
pouvait pas être sûr. Je lui en veux quand même un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Et
Loublin, est-ce que... est-ce qu'il est lui aussi... un vampire?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Loublin?, s'esclaffa l'Innominato. Allons, Géraud, soyons sérieux...
Même pas à moitié, comme toi. Ca n’est pas son genre. Tu me
déçois, tout à coup. Tu devrais te rappeler ne pas &lt;em&gt;sentir&lt;/em&gt;
qu'il n'en est pas un, et en plus de ça, je suis sûr que tu l'as vu
se balader au Soleil...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais moi aussi, je marche en plein jour... Je devrais brûler?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non, Géraud. Tu ne devrais pas. Et je parie qu’il a compris très
vite pourquoi, et qu'il s'est abstenu d'en parler à quiconque.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais alors... Ca veut dire qu’il savait ce qui s’était passé
quand je me suis transformé pour attaquer Gildas! Et pourtant, je ne
m’en souviens pas moi-même...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Évidemment, Loublin a certainement effacé ta mémoire... Ca ne
serait pas la première fois que le directeur de votre orphelinat
aurait recours à ce genre de méthode.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Attendez... quoi?, répéta Géraud, ahuri. Mais comment?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Eh
bien oui, expliqua le vampire le comme s’il demandait à Géraud de
lui passer le sel, il faut juste un peu de maîtrise des éléments
chimiques, associée à un peu de magie noire, et le tour est dans le
sac. Adieu, les souvenirs!
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
C'est lui, alors? C'est Loublin qui m'a fait ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Assurément. J’ose espérer qu’il n’a pas altéré tes
capacités. Je l’imagine mal le faire volontairement, ceci dit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
l’imaginais déjà mal effacer ma mémoire…, se désespéra  le
pauvre Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Sacré Loublin! Cet homme est vraiment doué, en fin de compte.
Autant pour les cachotteries que pour les manipulations hybrides.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ah, mais quel salaud!, s'emporta soudainement Géraud, laissant sa
peur faire place à la colère, et ses yeux s’éclairer d’une
vive lueur rouge. Cette espèce de traître, il m'a menti pendant
tout ce temps, en se faisant passer pour mon ami... Alors que son
vrai ami, c'était &lt;em&gt;vous&lt;/em&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Eh, du calme, mon garçon!, tenta de le raisonner le vampire. Je
n’étais pas au courant. Et «&amp;nbsp;ami&amp;nbsp;» est un grand mot.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Il a &lt;em&gt;volé ma vie&lt;/em&gt;!, rugit le jeune homme, les
yeux humides.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Géraud!, s'imposa l'Innominato en saisissant les poignets de Géraud.
Regarde-moi. Là, dans les yeux... Voilà, c’est bien enfouis ta
rage. Vide ton esprit. En fin de compte, je t’aurai quand même
montré comment te calmer!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne veux pas me calmer, dit faiblement Géraud, épuisé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Aies un peu d'indulgence pour Loublin, je suis sûr que ça n’était
pas son idée. Tu es en vie, et même plus encore. Fais preuve d'un
peu de maturité. De toute façon, ça n'est pas comme s'il y avait
eu grand-chose d'intéressant à perdre, dans les souvenirs que tu
aurais pu garder d’une dans ce trou à rats. Mais ça peut changer.
Tu peux te construire à nouveau, et te bâtir des souvenirs qui en
valent la peine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais je ne veux &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt; changer, je ne veux &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt; être
indulgent, je veux... je veux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Écoute. Loublin, peu importe ce que tu penses de lui sur le moment,
n'a certainement pas eu le choix.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Alors quoi?, gémit le jeune homme. Je laisse couler le fait qu'il
m'ait effa...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Oui, Géraud, tu laisses couler. Il faut que tu fasses la part des
choses. J'ai connu une époque où les gens de notre genre étaient
torturés, étudiés sous tous les angles. Que ce soit l'Église, le
Reich, ou tel ou tel gouvernement, beaucoup d’humains ne
s'embarrassent pas de manières, quand il s'agit de nous. Loublin,
lui, n'est pas comme eux. C'est un visionnaire. Tu le connais mal, et
tu es peut-être trop jeune pour le comprendre, mais, c'est un homme
brillant qui est amené à accomplir de grandes choses. Dans le monde
scientifique d’où il vient, il a été marginalisé par les autres
prétendus savants. La vérité, c’est qu’il s'est révélé être
un pionnier, qui a exploré des territoires inconnus, et repoussé
les limites de la connaissance. Il étudie des forces qui n’ont
jamais été étudiées auparavant, comme les énergies occultes. En
ce qui me concerne, je crois beaucoup en son potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous vous identifiez à lui. Vous l'admirez, même.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
dirais plutôt que c'est l'inverse, répliqua le vampire avec un
sourire et une lueur rouge dans les pupilles. J'ai plus de pouvoirs
que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Tant mieux pour vous. En attendant, moi je ne sais pas quelle est ma
place là-dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Toi?, le jaugea l'Innominato. Je me pose de plus en plus la
question...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Arrêtez de me dévisager..., se plaignit Géraud. Pourquoi est-ce
que vous ne m'avez pas attaqué? Et bu mon sang, comme toutes les
personnes que je suis sûr que vous avez déjà tuées?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Regarde un peu avec quel détachement tu viens de dire ça. C'est
rafraîchissant!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
suis sérieux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
vais te répondre. J’ai décidé de ne pas te tuer parce qu'après
tout, on n'est déjà pas si nombreux, petit vampire. Ou
demi-vampire. Alors on ne va pas non plus se massacrer entre amis,
non? Ces temps-là sont finis!
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ça
me rassure de l'apprendre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Et
après tout, chuchota le vampire, se rapprochant de Géraud. Tu ne
m'as pas attaqué non plus… collègue, conclut-il avant de rire de
plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
«&amp;nbsp;Collègue&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Vous aviez dit plus tôt que nous
n'étions «&amp;nbsp;pas pareil&amp;nbsp;»…
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
J’ai changé d’avis, ou du moins, en partie...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Non, vous aviez raison. Je n'ai pas l'intention de boire le sang des
gens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ah
non?, répondit le vampire avec un sourire étrange, avant de sortir
une petite fiole noire de son vêtement, et d'en tirer le petit
bouchon de liège d'un geste sec. Veux-tu en goûter?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Qu'est-ce que c'est que ça?, hésita un Géraud troublé et dont les
narines palpitaient déjà en recueillant les premières effluves
appétissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
C'est comme du bon vin. Mais en mille fois meilleur...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne vous crois pas... Mais ça… ça sent le vin...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Bien sûr, que ça sent le vin! Il s'agit d'un excellent rouge, de
production locale et de renommée mondiale! J'y ai juste ajouté un
ingrédient secret qui lui dévoile toute sa saveur. Une recette dont
je suis le fier concepteur. C'est délicieux, une vraie drogue, de
quoi réveiller tous tes sens!, s'enthousiasma l'Innominato.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Vous êtes fou! C'est le sang de quelqu'un... du sang humain!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ah, tu as deviné l'ingrédient secret? Je suis épaté, tu as trouvé
juste au parfum. Et moi qui pensais que seul un vampire pouvait
sentir ces choses-là... Tu devrais peut-être songer à devenir
œnologue. Allons, ne fais pas cette tête-là, tu y prendras goût.
Le tout, c’est d’avoir de bons ingrédients. Il s'agit de
Beaujolais nouveau, un très bon cru dont les raisins ont été
cueillis sur ces terres, marié à un succulent A négatif de
cinquante-quatre ans d'âge. Comme tu le vois, j’aime allier la
tradition et la modernité. C'est d'ailleurs ce qui lui donne ce
délicat arôme sucré-salé, que tu sens. Bon, je te l’accorde,
j’y ai également versé une ou deux gouttes de sirop d’érable,
mais pas plus. De toute façon, je ne crains pas le diabète. Quoi
qu’il en soit, l’autre raison, c’est que grâce au glucose, le
sang est encore plus vite assimilé dans l'organisme, et tu en
ressens plus vite les effets. Un vrai régal, pour le corps comme le
palais! Allons, remets-toi... Ne fais pas l’innocent, je suis sûr
que tu as déjà essayé de goûter ton propre sang...
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Géraud
ne répondit rien, il avait les yeux arrimés au flacon plein.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
remarque que tu ne nies pas, s'amusa le vampire. Étant à moitié
humain, peut-être que ça t’a fait de l’effet?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Aucun. Et je vous signale que je ne m’étais pas fait saigner
exprès.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais oui, bien entendu, le taquina-t-il. C’est un des inconvénients
à être vampire. On ne voit pas notre reflet et on ne sent pas le
goût de notre propre sang. C’est regrettable, d’ailleurs. C’est
pratique d’avoir un casse-croûte sur soi, quand on a un petit
creux. Voilà pourquoi je ne sors jamais sans ma fiole, que tu
contemples depuis tout à l’heure. Non, n’aie pas honte. Tu
aimerais goûter quelque chose qui te fasse vraiment de l'effet,
n’est-ce pas? Quelque chose avec du goût? Allez, Géraud,
donne-moi un peu ta main.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
n'en boirai pas!, brailla Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Sa
voix résonna contre les parois. Il avait surtout crié pour se
sortir de l’état hypnotique qu’avait la fiole sur lui. Son front
transpirait malgré la froideur de la grotte. Le vampire roula des
yeux, souffla, et insista sur un ton plus ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Donne-moi ta main.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ne
me forcez pas... à y goûter..., supplia le jeune homme dont la main
n'arrivait pas à s'empêcher de tendre vers l'objet de son
obsession.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
ne te forcerai pas, répondit le vampire en refermant la main de
Géraud sur la petite fiole noire. Là... Garde-la avec toi le jour
où tu veux explorer tes capacités, et redécouvrir le véritable
plaisir, que tu as oublié. Laisse-toi griser par le réveil de tes
forces, et savoure-les. Dis-toi que ça sera notre vilain petit
secret.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
J'en ai marre des secrets..., marmonna Géraud en contemplant la
sombre fiole.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Et
moi, je me lasse de ton ingratitude!, s'impatienta l'Innominato. Tu
n’as aucune idée de la valeur de ce cadeau!
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Alors reprenez-le, dans ce cas!, répliqua le garçon en lui tendant
le flacon.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
pourrais le reprendre, déclara le vampire sans bouger. Mais dis-moi,
Géraud... Que feras-tu, quand la curiosité sera trop grande, et que
tu ne l'auras plus? Que feras-tu, lorsque ta soif de sang raclera à
nouveau ta gorge sèche? Crois-tu sincèrement être en capacité de
te maîtriser suffisamment pour ne pas attaquer quelqu'un? Encore?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Géraud
regarda le vampire dans les yeux sans répondre. Et lentement, il
rangea la petite fiole noire dans la poche de son pantalon. Il
essayait malgré lui de se convaincre des propos de l'Innominato.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Bien. Tu as fait le bon choix, Géraud. De toute façon, pour ma
part, je n'en ai pas besoin pour faire appel à mes propres
capacités. Je sais où en retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Où
est-ce que... Quelles capacités?, demanda timidement Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Les pouvoirs d'un vampire sont immenses, répondit énigmatiquement
le vampire, le visage s'ouvrant d'un sourire aussi large que piquant.
Mais ils ne sont pas à la portée d'un garçon tel que toi,
ajouta-t-il en fixant plus froidement Géraud. Tu ne réponds rien?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Parce que je n'ai rien à vous dire. Vous ne m'impressionnez pas
autant que ce que vous croyez... Moi aussi, j'ai des facultés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ah
oui?, ricana le vampire. Lesquelles, exactement? Celles qui
consistent à te mettre dans le pétrin? Eh bien, tu ne réponds
toujours pas? Mais dis-moi, Géraud, regarde-moi bien dans les yeux,
et dis-moi... Est-ce que tu crois que &lt;em&gt;toi&lt;/em&gt;, tu m'impressionnes?
Tu as certes des pouvoirs, je le sens. Mais je sais aussi que tu ne
les connais pas. Contrairement à moi. Et s'il y a une chose qu'un
vampire tel que moi peut t'apprendre, c'est que sans tes pouvoirs, tu
n'es absolument rien. Et ça, en revanche, tu le sais. Mais lorsque
tu l'auras &lt;em&gt;compris&lt;/em&gt;, tu me parleras avec un peu plus de
respect. Mais tu ne m’impressionne pas, Géraud. Au mieux, tu
m’interloques. Et au pire… tu me fais pitié. C'est pourquoi je
vais te ramener à l'orphelinat. Au moins, là-bas tu pourras faire
ton petit numéro d’adolescent rebelle à Loublin. Pas sûr pour
autant que ça l’intéresse, lui non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Attendez... Je m’excuse. Dites-moi quels sont ces pouvoirs, dont
vous me parliez.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
C'est trop tard, Géraud. Suis-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Ils
empruntèrent ensemble la sombre galerie pendant un long moment, à
l’aide d’une lampe torche de l’Innominato. Le sol était
irrégulier, rocheux, et semblait monter légèrement. Le vampire
marchait d’un pas rapide, et aussi silencieusement qu’un chat,
tandis que Géraud trébucha plus d’une fois. Il ne l’attendait
pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;A un
moment, ils passèrent devant une sorte d’ouverture sur la paroi,
qui ouvrait telle une fenêtre la vue sur l’extérieur. Le jeune
homme laissa son regard y traîner quelques secondes sans pour autant
s’arrêter, et au clair de Lune, il entrevit la forêt s’étendre
plusieurs dizaines de mètres en contrebas. Ils marchèrent encore
quelques minutes, jusqu’à ce que la pente de la galerie s’accentue
encore pour remonter dans le tronc large et creux d'un vieil arbre
proche, au bord d’un ravin.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Ils
s’arrêtèrent un instant. Géraud contempla le panorama nocturne.
Totalement désorienté, il se demanda jusqu’où il avait couru,
d’où ils venaient et où encore se situait l’orphelinat. Il
s’apprêtait à parler lorsqu’une douzaine de chauves-souris
s’envola d’un arbre tout proche, et aussitôt pris par la
panique, le jeune homme s’accroupit. Le vampire pouffa.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Ca
n’est pas drôle!, se défendit le garçon en se redressant, le
cœur battant. Vos bestioles m’ont flanqué une peur bleue! Vous en
avez encore combien?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Quoi, ces vulgaires rats volants?, railla l'Innominato. Par pitié...
Celles que tu as vues dans la grotte sont une variété de
chauves-souris uniques. Je les ai ramenées de Bogotá où les
habitants les appellent «&amp;nbsp;vampiros&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Charmant... Mais ça ne fait pas un peu cliché, pour un vampire, de
collectionner les chauves-souris?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le
vampire le toisa quelques secondes, sans aucune expression sur le
visage. Puis, sans crier gare, il explosa de rire. Peu rassuré,
Géraud sourit, sans réussir à s’empêcher de froncer les
sourcils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ah, décidément, Géraud, tu ne manques pas d'humour! A croire que
t'y connais mieux que moi sur les vampires! Mais tu as raison, ça
fait un peu cliché, je te l'accorde. C'est peut-être aussi pour ça,
qu'elles me plaisent, va savoir...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Elles ont beau être rares et vous plaire, elles ont failli me vider
de mon sang...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Ah, elles sont joueuses, mets-toi à leur place... Surtout toi, tu es
bien placé pour les comprendre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
crois que ça doit être la première fois qu'on me compare à une
chauve-souris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
Mais comme tu as perdu la mémoire, et au vu tes exploits, ça a dû
certainement déjà arriver. Et puis, ne joue pas les prudes, je vois
bien qu'elles te fascinent. As-tu au moins essayé de les apprivoiser
avant de chercher à les écraser contre la pierre?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Je
penserai à faire leur connaissance, la prochaine fois qu’elles
m’attaquent. Franchement, je ne m’attendais pas à ce que même
un buveur de sang me fasse une leçon sur les méfaits de la
violence. J'ai ce qu'il me faut, à l'orphelinat...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;-
C'est ce qu'on va voir. On est presque arrivés.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Dhampyr revient! (vite)</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2010/08/01/Dhampyr-revient%21-%28vite%29</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Aug 2010 19:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>News</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Eh oui, les loulous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une pause imposée, j'ai le plaisir de vous annoncer que de nouveaux chapitres de &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.dhampyr.fr/&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt; sont sur le point d'être postés. Je termine actuellement la relecture du &lt;strong&gt;Chapitre 5&lt;/strong&gt;, et le &lt;strong&gt;Chapitre 6&lt;/strong&gt; sera également bientôt prêt. Le &lt;strong&gt;Chapitre 7&lt;/strong&gt; est quant à lui en cours d'écriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis quand même dans le devoir de vous expliquer que cette longue pause a été imposée par de nombreux et importants changements dans ma vie personnelle (je suis le premier surpris par le fait que j'ai désormais une vie sociale). Mais je vous rassure, mon envie d'écrire et mes idées pour la suite de l'histoire sont intacts, si ce n'est &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://blogs.philadelphiaweekly.com/music/files/2009/04/ahs1.jpg&quot;&gt;plus &lt;/a&gt;qu'avant. J'ai quoi qu'il en soit réussi à retrouver un nouveau rythme pour l'écriture, et je peux dont vous rassurer : &lt;strong&gt;la suite arrive! &lt;/strong&gt;Et il y a du &lt;strong&gt;lourd&lt;/strong&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'hésitez pas à me poser vos questions, m'insulter pour mon retard, ou me faire la leçon. Si, si. Je vous remercie pour votre patience et vos encouragements, et à très vite sur &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.dhampyr.fr&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'écriture de Dhampyr</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/10/08/L-%C3%A9criture-de-Dhampyr</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c36f4faffbc9dc869720670370fb8ba3</guid>
    <pubDate>Thu, 08 Oct 2009 16:48:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>News</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Eh oui, se lancer dans un projet comme &lt;strong&gt;Dhampyr &lt;/strong&gt;implique pas mal de petites choses, que j'ai apprises et devinées au cours de l'écriture de l'histoire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Puisque plusieurs d'entre vous me l'ont demandé, je vais vous expliquer comment je m'y prends concrètement pour écrire ce livre en ligne. Je vais vous révéler quelques méthodes qui je pense peuvent vous être utiles si vous vous lancez aussi dans l'écriture d'un roman en amateur. Si vous n'êtes pas auteur, je pense ces petits tuyaux n'en seront pas moins intéressants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Voici ce que j'ai pu tirer jusqu'ici de cette expérience.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui suis-je pour donner des conseils sur l'écriture?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord, cher lecteur et cher lectrice, je ne suis pas un &quot;littéraire&quot;, dans le sens où je n'ai pas de Bac L ou autre. Quelque soit donc ici la portée de mes conseils, ils n'ont que le crédit que je peux engager en tant que jeune auteur amateur non publié. Néanmoins, j'ai toujours été intéressé par la langue française, et je crois que tout ce dont je me sers pour écrire, je ne le dois qu'à mes nombreuses lectures. Si vous êtes ou avez été une bille en Français en tant que discipline scolaire, je serais plutôt du genre à vous dire de ne pas vous en faire pour ça, tant que lire est votre passion. Par ailleurs, l'un des facteurs qui font un futur auteur est surtout le fait d'avoir constamment des idées plein la tête. Certains d'entre vous se reconnaîtront certainement dans cette description.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A présent, comment dire si l'on est fait pour l'écriture?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;En effet : Comment écrire un roman? Comment devenir auteur? Je vous répondrais tout simplement que l'on devient forgeron en forgeant. Ou forgeronne, d'ailleurs. A nouveau, je ne suis qu'un bête auteur amateur, mon avis ne vaut donc que ce qu'il vaut. Cependant, j'aurais tendance à dire que pour être un bon auteur, il faut un tiers d'expérience (en s'entraînant avec des nouvelles ou des brouillons), un tiers de travail (et c'est une véritable implication qui est requise) et un tiers de... eh ben, disons-le clairement, d'inné. Je crois que tout le monde ne peut pas devenir auteur. Clairement, je crois que ça doit être dit. C'est parfaitement injuste sans doute, mais je crois que c'est le cas, et au fond on le ressent tous, je crois. Pour ma part, je ne suis pas encore l'auteur que j'aimerais être tant j'ai de travail à fournir encore pour m'améliorer, mais j'ai la sincère conviction d'en être capable. Pas toujours, mais j'y crois, même si cela ne suffit pas. Nous devrions tous pouvoir juger objectivement et avec humilité nos forces et nos faiblesses. Et surtout, nous devons avoir de la patience, de l'indulgence et de la confiance en notre potentiel. Quant à vous, qui me lisez, êtes vous capable d'être un(e) bon(ne) écrivain(e)? Si vous partagez ces vues et que vous prenez notes des conseils suivants, je pense que vous mettrez vos chances de votre côté.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui fait un bon auteur?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Une bonne histoire, cette bonne blague! Une bonne histoire requiert une bonne idée et une bonne réflexion. Trouvez une matière à sculpter et suivez-la. Je ne sais pas si ça fait de moi un bon auteur, mais avoir une bonne idée d'histoire m'aide considérablement je pense à en devenir un. Ceci dit, ça n'est pas tout. Dans mon cas, j'ai eu par hasard la chance (et je dis bien la chance) de lire un jour un article sur les Dhampires dans un livre recueillant divers articles sur les Vampires). Une ampoule s'est alors allumée dans mon crâne, et en moins de temps qu'il n'en a fallu pour le dire, je tenais un début d'histoire. Partant des personnages principaux, j'ai développé des interactions, en ai déduit des passés, des histoires, et des motivations. La chance de trouver une bonne idée, puis le flair d'en reconnaître son potentiel, et enfin le travail monstrueux (mais machiavéliquement exquis) qui en a découlé m'ont mené à cette phrase aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stephen_King,_Comicon.jpg&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Stephen King, le vrai, oct. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block; width: 158px; height: 201px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/10/08/../../blog/public/Autres/.Stephen_King__Comicon_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Stephen King, un vieux de la vieille&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment on arrive à faire une bonne histoire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Je me permettrai de répondre par une citation. &quot;Faites confiance à vos personnages&quot;, a dit&lt;strong&gt; David Gemmell&lt;/strong&gt;, un auteur formidable qui je pense a tout compris au truc. Cela a été pour moi un conseil précieux, du vrai pain béni, pour tous les jeunes auteurs. Ceci à condition d'écrire une histoire mettant en avant les personnages (et non sur un lieu comme Lilliput, ou un concept comme l'Anneau-monde). Une autre phrase d'un grand auteur m'a également guidé, celle d'un certain &lt;strong&gt;Stephen King&lt;/strong&gt; : &quot;Dites toujours la vérité.&quot; &lt;em&gt;Traduction &lt;/em&gt;: c'est peut être une fiction que vous écrivez, mais dites quand même la vérité. Si ça ne sonne pas vrai, ou pas vraiment, c'est que vous devez réécrire. Ce personnage aurait-il vraiment agi comme ça? Ce personnage dirait-il les choses de cette manière? Je dirais pour ma part que l'écriture est plus un art s'assimilant plus à la spéléologie qu'à la création. Vous devez dévoiler au mieux l'histoire et les personnages plus que les inventer. Vous devez les trouver et les restituer au plus proche de leur vérité. &lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Comment est-ce que ça se passe concrètement? &lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Ça peut prendre plusieurs formes. N'hésitez pas à rectifier, voir tout changer pour coller au plus fidèle de vos personnages. Il m'est au début arrivé de remarquer que j'avais deux personnages pas assez fouillés : l'ennemi juré de Géraud et le fils du directeur. N'ayant pas suffisamment à dire sur l'un et sur l'autre, je les ai &quot;tout simplement&quot; fusionnés. Et par magie, un tout nouveau personnage est né, Gildas, avec plein de choses formidable à nous dire et à nous révéler. Par la suite, en rejoignant les deux conseils de Gemmell et King, si vous dites la vérité et que vous faites confiance en vos personnages, vous serez parfois témoins d'une chose merveilleuse. Vous verrez vos propres personnages s'animer d'eux mêmes et agir et parler de leur volonté propre. Le chapitre 4 que je viens de mettre en ligne par exemple, m'a totalement surpris pendant son écriture, car je n'avais tout simplement pas anticipé un instant ce qui se passerait lors de la discussion entre Gildas et Manu. Ce dernier a révélé une personnalité beaucoup plus complexe que je ne l'aurai cru au départ, et dévoilé la véritable nature de sa relation avec Gildas, que je n'avais de mon propre aveu pas décelé. Je vous promets que de voir cette magie s'opérer devant vos yeux est une des plus belles surprises de l'écriture. N'hésitez pas à suivre aussi les conseils de ces deux sages. ;o)&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Comment définir son intrigue et la construire?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Voilà une question que je ne me suis pas posée. A vrai dire, je ne résume pas en ces termes, l'intrigue de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt; étant inexistante. C'est d'ailleurs ce que j'aime, dans l'écriture de cette histoire. Et l'action n'est pas absente pour autant de l'histoire. On ignore simplement ce qui va se passer, ce qui est le moteur et l'intérêt (à mon avis) de cette histoire. Les personnages nous mènent eux-mêmes vers les évènements. Je pourrais aussi vous parler des arcs scénaristiques qui se greffent au dessus de l'histoire principale et de leur évolution en parallèle et comment ils et la rejoignent pour la faire avancer. Ces termes techniques que j''ai appris en regardant les interviews des scénaristes de séries américaines n'ont d'intérêt que pour briller en société, l'important est que vous gardiez distinctement en tête votre idée principale et vos idées secondaires. Tout est une question de préparation. Je reviendrai plus tard avec plus de détail sur les &quot;étapes&quot; scénaristiques préalablement définies de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt; et ce qui en découle. A ce stade, ce que je souhaite vous faire comprendre, c'est qu'il n'y a aucune raison de se forcer à trouver un &quot;synopsis&quot; ou une &quot;intrigue&quot; si votre roman ne s'y prête pas. Un roman avec une intrigue claire serait : &quot;Qui est l'assassin de Madame Michu?&quot;, mais en ce qui me concerne, je préfère en tant que lecteur être porté en même temps que les personnages dans une histoire qui me surprend (comme la série &lt;strong&gt;Lost&lt;/strong&gt;, pour donner un autre exemple).&amp;nbsp; Ne passez pas trop de temps sur des considérations secondaires comme le &quot;pitchage&quot; de votre histoire. Bernard Pivot va me tuer pour avoir osé écrire ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Comment acquérir et développer un style d'écriture propre?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Fausse question. Je comprends cette inquiétude, mais dès le moment où je me suis moqué de la forme pour &quot;dire la vérité&quot;, je me suis libérer de fardeaux mentaux que je me mettais pour me forcer à m'impressionner moi et les autres par une écriture dont la forme artificielle avait plus de poids que le fond qu'elle était supposée devoir porter. Certes, me direz-vous, mais concrètement? Eh bien concrètement, ça veut dire : ne chargez pas trop en effets de style, n'essayez pas d'impressionner, mais n'hésitez pas pour autant à lâcher votre prose si votre inspiration s'anime spontanément sur le moment. Et re-li-sez-vous! Juste après avoir fini &lt;em&gt;et &lt;/em&gt;plus tard, &lt;em&gt;et &lt;/em&gt;bien plus tard encore. Ça paraît idiot, mais c'est un tiers du boulot. Même &lt;strong&gt;J. K. Rowling&lt;/strong&gt; le fait. Quant au style final à proprement parlé, nous avons tous notre manière d'approcher les mots, et c'est tout le charme de l'écriture. Ainsi, certains voient (parfois à raison) mon style comme un peu balourd car je fais de trop grandes phrases, et trouveront plus de charme à un style plus direct et simple. Ils auront peut-être raison ou pas, le reste c'est un peu les goûts et les couleurs. Nous avons tous notre style, si tant est qu'il soit naturel. Ne croyez pas vous améliorer en vous forçant à le changer, mais ne croyez pas non plus que vous ne pouvez pas vous améliorer. Voici mon dernier conseil sur ce point : ne vous préoccupez pas de la forme dans un premier temps. Ecrivez d'abord avec votre cœur. Soyez authentiques. Tout le reste, les mots et les figures de style, ça n'est jamais rien que de la fioriture. Si ça vous fait vibrer en l'écrivant, ça a de grandes chances de faire vibrer vos lecteurs. Mais relisez-vous soigneusement.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Le problème &quot;Je suis le prochain Tolkien&quot;/&quot;Tout ce que j'écris, c'est une grosse bouse fumante&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Ah oui, la vieille rengaine... Ça m'arrive de pondre un chapitre d'une traite en me disant que je viens d'écrire un joyau de littérature, et de me relire la même chose le lendemain et de me dire que je mérite la lapidation tellement c'est minable. Bon, entre la cuite et le réveil-gueule-de-bois-artistique, quand je suis &quot;sobre&quot; d'écriture, mon opinion sur mon propre travail serait qu'il ne fait pas &quot;pro&quot;, mais qu'il y a là malgré tout du potentiel pour faire un vrai bon bouquin à montrer au monde réel sans avoir à rougir comme une collégienne devant un poster de Zac Efron. Et alors? Je ne sais pas vous, mais je n'écris pas pour m'assoir à côté de Jean d'Ormesson, à l'académie française, ni pour payer mes impôts et un chalet en Suisse avec les rentes de mon futur best-seller. J'écris avec mon cœur, et je me dis que si ça me fait vibrer, ça fera vibrer les autres (et ceux qui disent que je radote, et ben... ils ont raison). Dans le fond, et on le sait tous très bien, tous les artistes sont des êtres mégalos et arrogants en puissance. Enfin, c'est ce qui nous fait écrire sur le moment. Faut pas se leurrer, ni se juger, ni y croire constamment, d'ailleurs. Alors réécrivez, et essayez de coller au plus vrai, en vous laissant porter par l'histoire. C'est comme ça qu'on arrive à pondre un truc plutôt pas trop mal. Avec quelques moments de grâce, et de vraie bonne prose. Il ne restera alors plus qu'à convaincre les lecteurs qu'on est vraiment toujours aussi bons. Et pour cela, osons nous en convaincre nous-même, ne serait-ce que le temps d'avancer d'encore quelques lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/porcherie/3192488394/&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Un auteur dépressif qui craque, oct. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/10/08/../../blog/public/Autres/.3192488394_bf702ac952_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un jeune auteur dépressif qui craque&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Comment est-ce que se passe l'écriture de Dhampyr?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Pour commencer, avant &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;, j'ai commencé par deux fois à écrire des histoires, mais ça s'est essoufflé après quelques pages (c'était il y a quelques années). Ceci dit, je ne me suis pas gêné pour m'auto-plagier et garder le &quot;&lt;em&gt;best of&lt;/em&gt;&quot; (si on peut dire...) de ces embryons d'histoires et d'en réintégrer quelques idées dans &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;. Le temps pour rédiger un chapitre varie vraiment beaucoup, entre un jour et deux mois (on ne rit pas). J'écris l'après-midi et le soir, parce que jusqu'ici l'inspiration ne pointe son nez chez moi qu'à ces heures. Et j'écris en écoutant de la musique, si possible sans paroles, ou en tout cas pas en français pour pouvoir rester concentré sur les mots que j'écris. Quant à savoir comment je procède, eh bien, disons que j'ai appris de mes deux précédentes tentatives d'actes littéraire. Auparavant, j'écrivais &quot;au fur et à mesure d'un seul jet&quot;. J'imagine que ça dépend des auteurs, mais je dirais de façon générale, à moins que vous ne soyez le ou la future Beethoven de la littérature (ce que vous n'êtes pas), eh bien je crois qu'il vaut mieux s'organiser avant de prendre concrètement le taureau par les cornes. Ne vous vexez pas parce que j'ai dit que vous ne seriez pas un(e) génie de la prose, prenons tous une cuillerée d'humilité et mettons-nous donc au travail.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organiser avant d'écrire?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Ou plutôt, voici comment moi, je m'organise. Ca ne vaut probablement pas pour tout le monde, mais si ça a marché pour moi, eh bien autant vous en parler, autrement vous ne liriez pas ces lignes, je suppose. Eh bien, pour commencer, j'ai voulu éviter d'avoir une histoire qui &quot;part en cacahouète&quot; et j'ai pris de bonnes résolutions dès le départ. Surtout que je savais que ça ne serait pas une nouvelle, et que l'affaire ne serait pas réglée en une semaine. Comment m'y suis-je donc pris? Pour commencer, j'ai sur mon ordinateur un répertoire &quot;&lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;&quot;, dans lequel j'ai beaucoup de fichiers texte. Par exemple : &quot;Lieux&quot;, &quot;Mythologie de l'histoire&quot;, &quot;Liste des orphelins connus&quot;. Mais aussi et surtout : &quot;Profil Loublin&quot;, &quot;Profil Géraud&quot;, avec dedans leur âge, description physique, personnalités, tics (pratique pour plus de réalisme) et hobbies, passé, futur. Mais aussi les peurs, les ambitions (cachées ou non), les liens avec les autres persos, les secrets éventuels, etc... Tout ça s'agrémente au fur et à mesure. A côté de ça, j'ai effectivement un fichier &quot;squelette de l'histoire&quot;, avec (en gros) : Partie 1 de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt; : Géraud mord Gildas, est puni (arrachage canines, effacement mémoire par Loublin &amp;amp; Mercier), réveil dans grenier sans souvenirs, etc, etc. Tout ceci est devenu de plus en plus détaillé au fur et à mesure. Parallèlement, j'ai un gros fichier doc avec tous les premiers chapitres qui se suivent. Ce fichier doc est copié sur une clé USB, deux disques durs, et en archive sur une adresse mail (accessible de partout), le tout régulièrement mis à jour. Par ailleurs, dès que j'ai écrit une nouvelle scène sur ce fichier doc, je l'efface du fichier texte &quot;Liste des évènements&quot;. Je sais ainsi constamment où j'en suis et où je vais. A ce propos, il ne faut cependant pas hésiter à être flexible, s'adapter et modifier en fonction de la tournure que prennent les choses, et les idées intermédiaires. L'histoire de Dhampyr étant complexe, j'ai régulièrement procédé à des corrections et ajouts. Dans ce fichier regroupant la liste des scènes, plus on va loin dans ce fichier, plus c'est flou et grossier. Je ne peux détailler que les scènes proches et certaines scènes importantes, jusqu'à la fin.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les sources d'inspirations?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Dans mon dossier &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;, j'ai aussi plein d'autres trucs, des images (comme celle d'une forêt ou d'un grenier) qui m'inspirent à visualiser (je pense en mettre en ligne plusieurs bientôt), et des musiques qui m'aident considérablement à écrire. Etant un compositeur de musique à la base (amateur aussi), j'en ai vraiment besoin pour fixer des scènes et des personnages. Je n'ai d'ailleurs pas hésité à changer un peu certains persos et intrigues pour qu'elle soit plus fidèle à certaines chansons. Mes compositions vont s'orienter vers l'histoire, je souhaite à terme les mettre aussi en ligne sur le site dans la partie Musique. Quant à mes autres inspirations, elles sont trop nombreuses pour être citées (livres, séries, chansons, films...) mais je dirais simplement ceci : j'ai fait le choix de &quot;boycotter&quot; artistiquement tout ce qui se rapporte aux Vampires &amp;amp; Cie pour ne pas être influencé malgré moi et faire sans le vouloir une &quot;resucée&quot; (le mot est de circonstance) de ce qui a déjà été fait, bien que ça soit de toutes façons inévitable. Le mieux est de piocher ce qui nous plait dans des œuvres n'ayant pas de lien avec ce que l'on fait, pour avoir des influences vraiment originales, ouvrant un regard neuf sur un thème parfois classique. Je n'ai par conséquent pas vu/lu Twilight. J'ai d'ailleurs commencé Dhampyr bien avant que ça ne soit connu et que la mode des vampires ne revienne. Et non, je n'ai rien contre Robert Pattinson en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que c'est tout?&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Je ne pense pas avoir davantage à ajouter sur le sujet pour l'instant (et je crois avoir été assez bavard). J'espère ne pas avoir été barbant ou prêchi-prêcha. Cependant, n'hésitez pas à me dire si vous avez d'autres questions sur l'écriture, sur le projet Dhampyr ou d'autres sujets encore. Avant de terminer, je vous présente deux très bons bouquins très utiles et pratiques si vous souhaitez vous lancer dans la magique aventure de l'écriture : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Ecriture-M%C3%A9moires-m%C3%A9tier-Stephen-King/dp/2253151459/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1254765299&amp;amp;sr=1-1&quot;&gt;Stephen King - Ecriture : mémoire d'un métier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Comment-%C3%A9crire-fantasy-science-fiction-Orson/dp/2915549877&quot;&gt;Orson Scott Card - Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et enfin pour terminer, cher lectrice et cher lecteur, je ne résiste pas à vous poser à mon tour quelques questions :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Que lisez-vous?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment avez-vous connu Dhampyr?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que vous écrivez, vous aussi?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous déjà parlé spontanément de Dhampyr site (autour de vous ou sur le net)?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pensez-vous que je pourrais améliorer (en général et en particulier)? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus personnellement, qui êtes-vous? Pouvez-vous vous présenter?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Je vous remercie une fois de votre lecture et vous dis à très bientôt, dans les commentaires! ;o)&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/10/08/L-%C3%A9criture-de-Dhampyr#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Chapitre 4</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/10/01/Chapitre-4</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:fe5518c002c3310bfcca1ecaecaa96df</guid>
    <pubDate>Thu, 01 Oct 2009 14:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;Choisir ses amis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Salut à vous,&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Voici le nouveau chapitre de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;, intitulé &quot;Choisir ses amis&quot;. Sous la surface, les personnalités se révèlent et se confrontent. Je me suis rendu compte que dans la vie, il nous arrive à tous de nous confronter comme de s'associer à d'autres, mais est-ce toujours vraiment judicieux? Et si&amp;nbsp; de la même manière, Géraud, Luis, Gildas et Manu se rendaient compte, au fil de leurs quêtes respectives, qu'ils n'étaient pas à leur place?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Dans &quot;&lt;strong&gt;Choisir ses amis&lt;/strong&gt;&quot;, vous risquez de changer considérablement la
façon dont vous percevez certains personnages.&amp;nbsp; En plus de cela, cet
épisode pose les bases du chapitre suivant qui&amp;nbsp; mènera au
bouleversement de la vie de l'un des personnages. Vous pouvez en attendant comme à l'accoutumée télécharger la version &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_4_-_Choisir_ses_amis.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt; de ce Chapitre 4, &quot;&lt;strong&gt;Choisir ses amis&lt;/strong&gt;&quot;. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Je vous souhaite une bonne lecture! On se retrouve dans les commentaires!&lt;strong&gt; :o)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;p&gt;Ludo.&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;L.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/L.png&quot; /&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;a
mémoire de sa vie passée faisait toujours insolemment défaut à
Géraud. Incapable de se souvenir une fois de plus, Géraud
commençait à se demander s'il y avait un véritable intérêt à se
souvenir d'une existence entre les murs de cet orphelinat isolé et
des gens qui y vivaient sans l'approcher.&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Mais il y avait aussi Luis. Il sentait pouvoir faire confiance.
Peut-être pourrait-il lui parler des comportements bizarres de
Mercier. Quant à Loublin, ce dernier semblait peu enclin à lui dire
tout ce qu'il savait, alors autant le laisser rester seul de son
côté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Ces pensées revigorèrent l'esprit cotonneux de Géraud, qui s'étira
dans son lit dans le grenier. Il décida que cette nouvelle journée
allait lui être favorable et posa un pied par terre. Il entendit la
clochette qui l'avait réveillé résonner à nouveau avec nettement
plus d'insistance. Il eut l'impression d'être une espèce d'animal
en cage qu'on appelait pour lui donner sa gamelle. Il devina que
Loublin était celui qui avait agité le fil de la clochette relié
en bas des escaliers, et lui manifesta qu'il était bien réveillé.
«&amp;nbsp;Et je suis pas votre chien&amp;nbsp;», ajouta-t-il en murmure.
Ce à quoi un bref tintinnabulement répondit, un peu comme si
Loublin, faussement vexé avait entendu. Géraud sourit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il descendit ensuite jusqu'au couloir où se regroupaient les
chambres des autres garçons et se dirigea à la salle d'eau commune.
Il salua poliment ceux qu'il croisa et se brossa les dents parmi eux.
Heureusement, contrairement aux lavabos, les douches étaient
individuelles et bien isolées dans des renforcements. Il vit Luis
qui sortait justement d'un des compartiments où il s'était douché
et habillé. Ils se saluèrent et se donnèrent rendez-vous dans la
salle à manger commune. Il croisa également Gildas, pour une fois
tout seul. Il adressa un très laconique &quot;bonjour&quot;, auquel
le jeune homme répondit par un haussement de sourcil. Géraud laissa
cette provocation à l'état de tentative et finit sa toilette, avant
de descendre prendre son petit déjeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2125966&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2125966&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.98cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas se brossa les dents et rejoignit à son tour le banc de la
salle à manger qu'il partageait habituellement avec Manu. Mais pour
une fois, ce dernier était en retard. Il croisa le regard
interrogateur de son père dont la moustache ruisselait de lait. Il
haussa les épaules en guise de réponse. Son ami finit par arriver
cinq minutes plus tard, avec une très mauvaise mine. Gildas le
dévisagea alors qu'il prenait place à ses côtés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh ben toi, t'as la tête d'un mec qui ferait peur à un zombie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ferme-la et passe-moi la confiture.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Prends celle-ci, il y a de vrais grumeaux de cervelle humaine
dedans, plaisanta Gildas en lui passant le pot.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Arrête les moqueries ou je demande à ta mère ce qu'elle pense
du fait que tu regardes des films de zombie en cachette.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Reste cool, je plaisante, c'est tout. Mais sérieusement, tu as
fait quoi cette nuit pour avoir d'aussi petits yeux?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'était pas une super nuit, c'est tout. J'ai failli réussir à
m'endormir environ une seconde avant que la cloche ne sonne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- T'as recommencé à avoir des cauchemars?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai pas eu de cauchemars parce que j'ai pas dormi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu sais très bien ce que je veux dire, Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais très bien ce que tu veux dire, et j'ai surtout pas envie
d'en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais merde, Manu!, le rabroua Gildas en tapant sur la table. Je
croyais que mon père et Loublin avaient réussi à t'épargner tes
crises! Ça veut dire que t'en as encore eu une, et que c'était pas
avec moi!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vais très bien, merci de t'inquiéter pour moi, lui rétorqua
Manu. Discussion close. Ne me force pas à t'ignorer pour avoir la
paix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ah, ben ça, quand t'as envie de parler à personne, t'es une vraie
foutue carpe! Au moins, comme ça, tu vas très bien t'entendre avec
cet empoté de L... Oh non, j'y crois pas!, s'exclama soudain Gildas,
les yeux écarquillés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Quoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est pour ça que tu agis si bizarrement, avec cet imbécile de
Luis... Je suis sûr que c'est avec lui! C'est quand tu l'as frappé!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Calme-toi et réfléchis deux secondes, Gildas, si je me suis
écroulé au sol, c'est parce que Géraud m'a envoyé au tapis, pas
parce que j'ai eu une crise cardiaque, tout le monde l'a bien vu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Peut-être, admit Gildas un peu déstabilisé. Mais je suis sûr
qu'à un moment ou à un autre quand j'étais absent, tu as été en
contact avec lui et ça a recommencé. Tu as eu des nouvelles
hallucinations, avoue-le!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Calme-toi, je t'ai dit! Ou on va t'entendre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dis-le! Dis-le, bordel!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Hé, les gars, si vous pouviez baisser d'un ton, lança un garçon
à leur gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- On t'a pas sonné, le rembarra Gildas, avant de voir sa mère lui
faire de gros yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon d'accord, je l'admets, céda Manu dans un chuchotement. Je suis
allé le voir dans sa chambre, après la bagarre. C'est Élodie qui
m'y a forcé, elle a dû sentir que j'avais des remords... Plus tard,
quand j'ai eu ma crise devant Luis, je lui ai demandé de ne rien
dire à personne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais comment est-ce que c'est possible? Je croyais que c'était
terminé! Et pourquoi tu ne m'as rien dit, à moi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne voulais pas... Écoute, je ne sais pas... Excuse-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, mais attends! Tu as vu quelque chose, cette fois-ci? Je suis
sûr que oui! Tu as vu quoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Attends, mais pourquoi ça t'intéresse?, répondit aussitôt Manu, troublé. Et depuis quand c'est important? Quand ça s'était
passé avec toi, j'avais rien compris à ces fragments...
Souviens-toi, tu m'avais dit toi-même que les images étaient vagues
et n'avait aucun sens...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, mais..., commença Gildas, sentant avoir réveillé la
méfiance de son ami. Je voulais savoir quand même si tu as eu
quelques images, ou quelque chose... Peut-être que c'est différent,
cette fois...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pour en finir avec ça, je n'ai rien vu de particulier. De toutes
façons, c'est comme des cases de négatif de film prises au hasard.
C'est pas comme si j'avais un... une espèce de projecteur mental
pour le reconstituer et avoir une histoire complète.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pourquoi tu dis ça? Qu'est-ce que tu as vu sur Luis, dis-moi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais pas, c'est mon avis, c'est tout. J'ai juste vu un mollet
qui saigne et un Soleil aveuglant. Voilà, t'es content?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Mais Gildas sentait bien que son ami ne lui disait pas tout. Et
c'était probablement car il ressentait la même chose à son égard.
Il se remémora quand il l'avait touché un jour, et que Manu avait
aussitôt eu une crise. Quand le garçon était revenu à lui, il
avait évoqué de drôles de visions, avec des images de seringues et
d'étranges disques blancs. Troublé, Gildas avait préféré se
moquer des hallucinations de son ami. Cela l'avait certes vexé, mais
au moins Gildas avait réussi à faire diversion et averti son père
de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je pense que tu devrais aller voir mon père et lui dire que t'as
eu une nouvelle crise cardiaque. Tu n'as pas à lui dire tout le
reste. Pense à ta santé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Justement, ça n'est pas nécessaire. Tu connais comme moi le
diagnostic. On le connaît tous. Je sais que je ne verrai jamais le
jour de mes vingt ans. Ça, tu vois, crois-le ou non, mais je peux le
gérer. Je me suis fait à l'idée. Mais ce qu'ils m'ont fait subir
avec leur traitement, tous les effets secondaires, les piqûres, je
n'en veux plus. C'est pour ça que je les ai convaincus d'arrêter en
leur disant que ça avait marché. De toutes façons, les jeux sont
faits. Autant que je fasse le temps que j'ai à faire dans ce trou
tranquillement sans emmerdes. Ça me va très bien. Alors boude comme
un gamin si ça t'amuse, mais pour moi, ça n'est pas la façon la plus
constructive de passer le temps ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne vais pas bouder comme un gamin, Manu... Je t'en veux juste
d'avoir partagé ce secret avec Luis et pas avec moi, c'est tout...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais c'est pareil, bon dieu!, s'exaspéra Manu en frappant la table
et s'attirant quelques regards au passage. Quand est-ce que tu vas
apprendre à vivre avec les autres et pas contre eux? Tôt ou tard,
je ne serai plus là, et toi, tu seras tout seul à jouer les caïds.
Tu seras plus entouré d'ennemis que d'amis. Mets-toi ça dans le
crâne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu veux que je devienne copain-copain avec Géraud et Luis? Allez,
dis-moi, est-ce que c'est ça, que tu veux? Mais et toi, Manu, tu
crois que tu fais quoi? Pourquoi tu restes avec moi, alors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Décidément, tu ne comprends vraiment rien à rien, mon pauvre
Gildas... Si je suis ton ami, c'est parce que tu es trop égoïste
pour avoir pitié de moi. Pendant longtemps, tu vois, ça m'a suffi.
Parce que moi, j'en peux plus, de leur foutue pitié. Mais
aujourd'hui, en fin de compte, je crois que c'est ta bêtise&amp;nbsp; qui m'exaspère le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas en resta bouche bée. Manu se leva et se rapprocha de lui pour
lui chuchoter :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, tu voulais savoir ce que j'ai vu sur Luis. Je te l'ai
raconté. Alors à partir de maintenant, tu me fous la paix
là-dessus. Et reviens vers moi une fois que tu auras grandi et que
tu te décideras à t'intéresser un peu à autre chose que tes
fesses.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Sur ce, il rejoignit la cour extérieure en abandonnant sa tartine
entamée.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis vit Manu sortir précipitamment sous les regards interrogateurs
des habitants de l'orphelinat. Les regards se tournèrent ensuite
vers Gildas, qui pour se donner de la contenance, reprit l'air de
rien la tartine qu'avait laissée son ami et y mordit pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Regarde-moi le, celui-là, il est tellement hargneux qu'il n'est
même pas capable de s'entendre avec ses propres amis, railla Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je reviens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu..., commença Géraud, interloqué. Quoi, tu vas où?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Aussitôt, Luis sortit à son tour, sans se préoccuper de
l'incompréhension générale que provoquait ce second départ
impromptu. Il vit Manu courir, ce dernier en était déjà à l'allée
de mûriers devant l'orphelinat. Il le rattrapa tant bien que mal et
le héla dès qu'il fut assez près.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Quoi, qu'est-ce que tu me veux?, cracha Manu. Tu t'inquiètes pour
moi? Ça va, je vais très bien! Maintenant, casse-toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je crois que je sais pourquoi tu t'es disputé avec Gildas, lâcha
Luis entre deux souffles.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu nous a écoutés?, s'insurgea le jeune homme en s'approchant de
lui, menaçant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh, là!, le calma Luis d'une voix apaisante, les mains levées en
avant. Du calme... J'ai dit &quot;je crois&quot;... Assis-toi, s'il
te plaît, lui proposa Luis, en s'asseyant au pied d'un tronc
d'arbre. C'est par rapport à ta crise d'hier, pas vrai? Écoute,
c'est vraiment pas la peine de t'inquiéter pour ça. Je t'ai promis
que je n'en parlerai pas, et je ne l'ai pas fait.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je m'en fiche, si t'en as parlé à Géraud. L'amitié, c'est
surestimé, de toutes façons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, reprit Luis un peu déconcerté, si Gildas a comprit d'une
façon ou d'une autre ce qui s'est passé et qu'il t'en veut de ne
pas lui en avoir parlé, je peux aller lui parler, et lui expliquer
qu'il n'avait pas le choix. Je t'ai obligé à m'en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Manu leva les yeux aux ciel et s'assit à son tour au pied de
l'arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non... Merci, mais c'est pas nécessaire. Laisse tomber. Retourne
voir ton pote.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je le ferai. Et toi, tu vas essayer de retourner voir le tien?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai cru comprendre que vous êtes amis depuis longtemps. Je suis
sûr qu'il y a une bonne raison pour ça, tu ne crois pas?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais non, y'a pas de bonne raison, justement! Et puis, pourquoi tu
m'aides? Pourquoi tu nous aides, Luis? On a essayé de te casser la
gueule!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais, mais c'est dans ma nature. Et puis, on est des mecs, c'est
comme ça qu'on fonctionne. Alors fais le mec aussi et joue le jeu,
ajouta Luis, ce qui fit rire Manu. Tu vois, moi aussi je connais ça,
la provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, mais ça m'énerve, à la longue...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- A la bonne heure. Je suis sûr que lui aussi, ça le lasse de jouer
ce rôle de soi-disant macho, et qu'il ne le sait même pas. Essaye
au moins de lui faire comprendre. Et on serait tous beaucoup plus
détendus après, tu ne crois pas?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Manu baissa les yeux et prit dans sa paume un gros morceau d'écorce,
qu'il lima nerveusement avec un galet très fin de l'autre main. Luis
déglutit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Hem... Tu peux arrêter de faire ça, s'il te plaît?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- De quoi, ça?, demanda le garçon en interrompant son geste.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, ça... C'est juste que tu pourrais te blesser et... En fait,
c'est que je suis hémophobe et euh...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je te demande pardon, tu es quoi?, l'interrompit Manu, surpris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Hémophobe... ou hématophobe... Ça veut dire que... euh... la vue
du sang me... m'indispose. Et c'est pas la peine de te moquer de moi,
ajouta-t-il en voyant la mine perplexe de son camarade.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non non, je ne me moquais pas, répondit évasivement Manu. C'est
juste que c'est pas le genre de mots qu'on entend tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Est-ce que quelqu'un ici connaît l'origine de cette expression?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Abby-Gaëlle Mercier essayait de garder l'attention de ses jeunes
élèves mais elle sentait une ambiance étrange dans la classe. Et
pour une fois cela ne passait pas par des bavardages mais plutôt par
une tension silencieuse, et cela la mettait mal à l'aise car elle ne
comprenait pas ce qui se passait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Luis, est-ce que tu connais cette expression?, reprit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il me semble que c'est une histoire de la mythologie gre...,
commença doucement le garçon.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Quelqu'un à part Luis entend quelque chose?, l'interrompit la
professeur. Allez, Luis, un peu plus de coffre!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je... Hem! L'origine de cette expression vient de la mythologie
grecque. Dans un château bien gardé par de nombreux soldats, il y
avait un tyran qui était toujours inquiet d'être pris d'assaut.
Euh... je ne me rappelle plus vraiment de son nom...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Poursuis, l'ordonna Madame Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- D'accord... Pendant une fête en son honneur, un de ses courtisans,
qui s'appelait Damoclès, a dit à... ce tyran qu'il avait de la
chance d'avoir tant de pouvoir et de vivre dans un tel confort.
Alors, en plein festin, le tyran a proposé à Damoclès de venir
prendre sa place sur le trône. Une fois qu'il s'y est installé, le
tyran a fait tendre au-dessus de sa tête une épée, pendue par un
simple crin de cheval. Et il lui expliqua que...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Réponse correcte, l'interrompit la professeur. C'est bien, Luis.
Et quelqu'un connaît le but de cette punition? Tiens, Gildas,
puisque c'est ton domaine..&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Très drôle, grimaça-t-il. J'imagine que c'est pour lui apprendre
que les lèches-bottes sont toujours repérés et traités en
conséquence, siffla-t-il en direction de Luis, tandis que Géraud
tournait vers lui un regard noir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Raté, ironisa la directrice, mais si ç'avait été le cas, tu
aurais été le premier à lever les yeux au plafond avec inquiétude.
Quelqu'un d'autre?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Moi, madame, je pense que je sais..., dit une petite voix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Emmanuel, est-ce que tu es sûr?, s'enquit-elle en abaissant à son
tour sa propre voix, manifestement mal à l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, madame. La leçon que le tyran a voulu insuffler à Damoclès,
c'est que le tyran n'a pas qu'un grand pouvoir et des richesses. La
conséquence, c'est qu'il a aussi constamment peur qu'une menace
s'abatte sur lui... un peu comme une épée pendue en suspens
au-dessus de sa tête. Il ne sait pas si et quand elle va tomber.
C'est pour ça que le tyran vit entouré de nombreux gardes. Il ne
sait pas quand la menace s'écrasera sur lui, conclut austèrement
Manu dans un silence de marbre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Réponse correcte. Je vous félicite, toi et Luis. Pour une fois, je
suis épatée par cette classe. Vous aurez un point chacun, pour
votre intérêt à la culture générale. Luis, on t'a enseigné
cette histoire à l'école avant que tu arrives?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Heu... Pas vraiment, en fait, j'ai toujours aimé les vieilles
histoires. J'ai lu un livre sur la mythologie grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
C'est une bonne initiative, nous en étudierons sans doute certains
extraits, pour les comparer avec la Bible. A présent, je veux vous
parler du prochain programme de chants religieux que j'ai
sélectionnés en vue de la chorale de fin d'année. Avec mon mari,
nous avons pour commencer sélectionné &quot;Komm sü&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;ßer
Todd&quot; de Bach, avant de poursuivre sur...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Mais Géraud n'écoutait déjà plus. Tandis que la professeur
exposait son programme, il observait Gildas et Manu chuchoter entre
eux sans comprendre exactement de quoi ils parlaient. Il crut
reconnaître à plusieurs reprises le prénom de Luis et le sien. Il
observa le mouvement de leurs lèvres et put lire sur celles de
Gildas : «&amp;nbsp;Tu en es vraiment sûr?&amp;nbsp;». Manu jeta un œil
dans la direction de Luis et hocha gravement la tête. Gildas fronça
les sourcils et tourna les yeux en direction de Géraud, surpris en
plein espionnage. Fou de rage, Gildas le fusilla du regard, plus
menaçant que d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud feignit de s'intéresser à nouveau au cours, mais il se
posait en réalité de plus en plus de questions, pendant que ses
ennemis retournaient à leurs conspirations. Il croisa alors le
regard de Luis, qui lui fit comprendre qu'il avait assisté à cette
petite altercation silencieuse, et semblait lui demander ce qui
s'était passé. Géraud  haussa les sourcils et les épaules pour
lui signifier son incompréhension. Luis lui adressa un demi-sourire
indiquant &quot;Merci quand même&quot; et un regard rassurant &quot;Reste
tranquille, fais moi confiance&quot;, avant de se retourner face à
la professeur. Malgré cet air confiant arboré, Géraud le surprit
se mordiller la lèvre inférieure.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il n'aimait pas ça. Il ignorait ce qui s'était dit entre Luis et
Manu, ainsi qu'entre Manu et Gildas. Cela l'agaçait, mais il se
préparait à l'action si cela s'avèrerait nécessaire pendant la
pause. Il avait promis à Luis de se tenir tranquille, mais après
cette mystérieuse scène silencieuse, il ne savait plus vraiment à
quoi se préparer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
La pause fut bientôt là, et tous sortirent s'aérer dans la cour.
Géraud se dirigea vers le bac à fleurs en pierre sur lequel il
s'était assis la veille avec Luis et l'attendit en secouant
nerveusement la jambe. Son ami arriva à son tour et s'assit à côté
de lui. Géraud chercha quelque chose à lui dire, mais il n'en
n'avait pas vraiment envie. Il éprouvait une sensation étrange,
sans comprendre pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien, vous avez l'air de joyeux boute-en-trains, tous les deux!,
gloussa une voix, qui s'était approché sans prévenir. Vous faites
une de ces têtes!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Loublin!, s'exclama Géraud. Où est-ce que vous allez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vais récupérer du bois à chauffer pour cet hiver. Mercier est
en train de le débiter dans l'écurie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il y a une écurie, ici?, s'enquit Luis avec intérêt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Désolé mon garçon, mais il n'y a plus de chevaux ici depuis
longtemps. C'est juste une vieille construction en pierre et en bois
à quelques pas de l'orphelinat. Elle reste entre les murs de la
propriété, ceci dit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu sais faire de l'équitation?, demanda Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, mais ça aurait pu être l'occasion... Il n'y a pas
grand-chose à faire à part des devoirs et des corvées...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bienvenue à l'orphelinat, lui répondit Loublin avec un clin
d'œil. Mais il y a toujours quelque chose à faire. Du sport, de la
musique, des ballades... C'est un endroit formidable pour découvrir
toutes les merveilles de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, reprit Géraud, si jamais on me laisse me promener à nouveau,
après mon accident...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien ça nous laisse toujours la télé, soupira Luis. L'action,
ça sera pour les films... J'adore les films d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Les films d'action? Toi?, se moqua Géraud. J'aurais plutôt dit
des opéras en tchèque ou des débats littéraires!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- On peut aimer la culture et se goinfrer de pop-corn devant un bon
film d'action ou d'horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Les films d'horreur sont hélas interdits à l'orphelinat, commenta
Loublin. La mère Mercier les considère comme de la sous-culture...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
-  De la sous-culture!, s'indigna Luis, avant de lâcher un soupir.
Tant que je peux regarder des films d'action avec Jason Megell, et sa
série des Gun heroes...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Gun heroes?, médita Loublin, manifestement peu familier avec ce
cinéma. Jamais entendu parler...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Gun heroes?, répéta à son tour Géraud, perplexe. Attends,
mais... moi, en revanche, je suis sûr d'avoir vu un de ces films!,
s'écria Géraud. Et je crois bien en plus que je les adore aussi!
Mais... mais je ne sais plus du tout quand je les ai vus... Loublin,
c'est normal que je me souvienne de ces films? Est-ce que vous pensez
que je retrouve ma mémoire?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Impossible, non, répondit irrésolument l'intéressé, en
réajustant ses lunettes. Je veux dire... Pas après l'état dans
lequel tu étais après. Même si tu te souviens d'avoir vu ce film,
ça ne veut pas nécessairement dire que tu te souviendras de tes
propres expériences, de ta vie... Selon moi, je dirais que ce
souvenir est enregistré dans une partie différente de ta mémoire,
et que ton cerveau a effacé tout le reste. C'est pourquoi tu sais
toujours comment écrire, par exemple... Mais cela reste malgré tout
une bonne nouvelle!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous êtes sûr que je ne pourrai pas me souvenir de plus?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Crois-moi, je suis le seul avec une formation scientifique, dans
cet orphelinat, même si ça ne se voit pas avec mon costume de
bûcheron. J'ai fait beaucoup de recherches sur la mémoire avant
d'en arriver à cette conclusion. Tes chances de recouvrer la mémoire
après cette chute sur le crâne sont vraiment très minces. Je vais
quoi qu'il en soit vous laisser tous les deux parler de votre bijou
du septième art pendant que je vais chercher du bois à couper. On
se retrouve plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il a sûrement raison, murmura Luis en l'observant s'éloigner vers
l'allée de mûriers menant au portai. Mais c'est bizarre... Je me
demande si Madame Mercier nous expliquera comment fonctionne le
cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bah! L'important, c'est que je retrouve la mémoire
progressivement. Bientôt, je pourrai me rappeler de ce qui s'est
passé avant mon réveil après l'accident, j'en suis sûr.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, c'est vraiment une excellente nouvelle!, renchérit Luis,
plein d'empathie. Alors, dis-moi, si tu te souviens des Gun heroes,
tu te rappelles de la scène Megell se retrouve face à face pour la
première fois avec le Docteur Darkobra? Et qu'il découvre que c'est
lui qui a tué Namoon?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
Oui!, s'ex&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;clama Géraud, qui s'empara de
deux branchettes sur le sol, et en lança une à Luis, qui se prit au
jeu et se mit en position et pointa son camarade.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
C'est ma scène préférée!, s'enthousiasma-t-il avec une pirouette,
en &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;esq&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;uivant
une attaque latérale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Joli esquive!, le salua Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci, je te renvoie le compliment...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais ça ne suffira pas à ce que tu m'atteignes,
Luis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
Luis?, répéta le garçon sur un air de défi. &quot;Je suis le
commandant Jason Megell!Alors rends-toi, Darkobra! Je suis prêt à
utiliser mes super-pouvoirs &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;contre&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
moi-même et nous tuer tous si cela peut me permettre de venger ma
femme!&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- &quot;Mais tu ne peux pas la venger, Megell...&quot;,
répliqua Géraud d'une voix grave, tout en immobilisant Luis en
respect du bout de sa branchette, comme dans la scène du film,
&quot;...car elle n'est pas morte! Namoon t'a trahi, et est à
présent ma femme!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&quot;Noooon!&quot;, s'écria
théâtralement Luis, avant d'exploser de rire avec son ami, qui
l'avait libéré de son emprise. Ça alors, tu te souviens encore
mieux que moi des répliques!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, c'est extraordinaire! Je te remercie beaucoup, Luis... Ceci
dit, je voulais faire Megell!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bah, la prochaine fois, on inversera. Eh, il faudrait qu'on se
revoie les films, à l'occasion!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
Malheureusement, pour l'action, je crois qu'on va être servis
aujourd'hui, répondit sombrement Gérau&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;d,
les yeux rivés derrière Luis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Ce dernier se tourna et aperçut au loin Gildas et Manu se diriger
dans leur direction d'un pas décidé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh non... Les revoilà, paniqua Luis. Géraud, quoi qu'il se passe,
essaye de rester maître de toi, d'accord?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Aussi longtemps que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.96cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud... Ils arrivent. Qu'est-ce qu'on fait?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
On fait face. Je compte sur toi pour ne pas me laisser tout seul.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Chapitre 3</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/Chapitre-3</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0aa5bc0af8fff9f9cd623eff7020b9dd</guid>
    <pubDate>Sat, 05 Sep 2009 19:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;Mises au point&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Salut les loulous!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Les vacances étant terminées, voici enfin la suite de l'histoire de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;. C'est la rentrée aussi pour Géraud, et il doit désormais gérer son retour suite à sa prestation de la veille, dans la cour face à Gildas et Manu. De son côté, Luis essaye de se rapprocher de lui, s'attirant à eux tous les regards. Des regards qui pourraient voir bien au-delà des apparences...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Comme d'habitude, je suis à l'écoute de vos remarques, suggestions et corrections. Pour ceux qui préfèrent, voici la version &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_3_-_Mises_au_point.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt; de ce Chapitre 3, intitulé &quot;&lt;strong&gt;Mises au point&lt;/strong&gt;&quot;. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Bonne lecture, et merci de me laisser vos impressions en commentaire!&lt;strong&gt; :o)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;p&gt;Ludo.&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img title=&quot;U.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/U.png&quot; /&gt;ne&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt; vive
douleur surprit Géraud alors qu'il se brossait les dents. Ses
gencives le brûlèrent et il cracha du sang dans le vieil évier de
porcelaine de la salle de bain commune en murmurant un juron.
Heureusement, il n'y avait personne pour le remarquer. Les autres
jeunes habitants de l'orphelinat avaient tous déserté la salle de
bain commune, mais leur buée tiède était toujours en suspension.
La faible lumière matinale donnait au lieu une aura surréaliste.&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Pour une fois satisfait d'être
seul, Géraud entra dans l'une des douche embuées et se remémora
une fois de plus ses réflexions de la nuit. Il n'avait pas pu
dormir, car il s'était remémoré tous ses souvenirs depuis son
premier réveil dans le grenier, et il y en avait pourtant peu. Parmi
tous ceux-là, il y avait cette phrase de Loublin, qui lui revenait
sans cesse : &quot;Retiens-toi&quot;. Ces mots le mettaient mal à
l'aise, et plus il tentait de les ignorer, plus ils revenaient le
hanter. Trop de questions et d'incompréhensions le torturaient
encore, et il essaya de les noyer sous la douche. Dès qu'il fut
prêt, il traversa le couloir des chambres des autres garçons, et
s'arrêta un instant devant l'une d'elle, un peu sans y réfléchir.
Surpris de son propre arrêt soudain, il posa sa main sur la poignée,
et avant qu'il n'ouvre la porte, il entendit un bruit venant des
escaliers en colimaçon. Cela venait l'étage au-dessous, de toute
évidence la salle des repas. Se rappelant qu'il avait très faim, il
descendit les marches.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Une fois de plus, à son arrivée, la salle était vide. Un nouveau
bruit sur sa droite attira son attention, et il vit une jeune femme
débarrasser les tables en bois où reposaient bols froids et
miettes. Elle leva les yeux vers lui. Elle plus âgée que lui et
avait la peau couleur ébène. Le remarquant à son tour, elle lui
offrit un petit sourire timide et lui désigna la seule table où
reposait un bol encore fumant et quelques tartines. Tout avait été
organisé pour que son retour parmi les autres soit le plus
progressif et discret possible, surtout après l'histoire de la
bagarre dans la cour. Il se demandait si ces précautions avaient été
prises pour lui ou pour les autres lorsque la jeune femme prit la
parole.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Bonjour, Géraud. Voici ton petit déjeuner. Tu peux tout laisser sur
la table quand tu auras fini. A plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		Elle
se dirigea vers une porte ouvrant sur un corridor, et s'arrêta sur
le seuil. Elle se retourna, un peu mal à l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Est-ce que tu te rappelles de de moi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Euh... Non, je regrette... Qui êtes-vous, s'il vous plaît?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Je suis Fatou, l'assistante de Madame Mercier. Elle m'a d'ailleurs
demandé de te dire de te rendre en salle de classe après ton repas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
D'accord... Merci. Euh... Comment est-ce qu'on s'y rend?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Ah oui, c'est vrai... Excuse-moi, je n'arrive pas à me faire à
l'idée que tu ne te souviennes de rien. Tu n'en as vraiment pas la
moindre idée, tu es sûr?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Eh bien, je crois que c'est dans l'une des salles derrière cette
cheminée, répondit-il en pointant l'âtre du doigt. Mais je le sais
parce que j'ai pu voir la salle de classe depuis ma chambre. Pour y
aller, je prends le couloir dans ce sens?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
C'est vrai que tu vis désormais au grenier... En effet, pour les
rejoindre, il faut que tu empruntes ce couloir, et ta salle de classe
est la deuxième porte à gauche. La première c'est l'infirmerie,
c'est là où je vous soigne. D'ailleurs, comment te sens-tu?,
demanda Fatou avec préoccupation.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Ça ira, je pense. Merci de votre aide, Fatou.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;		-
Je t'en prie, Géraud, mais tu peux me tutoyer, comme tu le faisais
avant. Je n'ai même pas dix ans de plus que toi, après tout. Mais
ne tutoie pas la directrice.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je te remercie, alors.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Fatou lui répondit par un sourire et quitta la pièce. Géraud
avala son petit déjeuner seul dans la grande pièce aux murs bâtis
de pierres apparentes, qui semblaient avoir été empilées là des
siècles auparavant. Le lieu était à la fois austère, rustique,
mais plutôt convivial. Il vit une corbeille de fruits et se laissa
tenter par une pomme rouge. Il y croqua et grimaça aussitôt, se
maudissant d'avoir encore oublié la sensibilité de ses gencives à
cause de ses nouvelles canines. Il regarda la pomme entamée. Il
avait saigné dans sa chair. Il marmonna un juron et utilisa un
couteau pour terminer de consommer le fruit. Une fois son petit
déjeuner conclu, il hésita à se lever tout de suite. Il le savait,
son retour parmi les autres ne serait pas facile, c'était couru
d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il sortit donc résigné de la salle de repas et rejoint le long
couloir peu éclairé qui le mènerait à sa salle de classe. Il
avançait lentement, en observant le hall éclairé au bout du
couloir. Les carreaux y étaient éclairés par le Soleil, et un
crucifix au mur trônait en guise de décoration. Si seulement il
pouvait s'échapper par là... Il passa devant la porte de
l'infirmerie, détailla nerveusement le vieil autocollant rond
estampillé d'une croix rouge, et arriva finalement devant la porte
de classe. Il réalisa qu'il n'avait apporté aucune affaire de
cours. Il suspendit son poing devant la porte, prêt à frapper, et
entendit une voix féminine autoritaire s'élever depuis la classe :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Jérémie, pour la dernière fois, quelle est la dérivée de x
plus y au carré? Tu as appris ton cours, oui ou non?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
L'intéressé tardait à répondre, et pensant qu'il était dans
son intérêt de faire son retour en sauvant l'un de ses futurs
camarades, Géraud se décida à frapper trois coups lents contre la
porte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Entrez!, répondit la voix sur le même ton que si elle avait dit
&quot;Dehors!&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud déglutit et il ouvrit progressivement sur une classe d'une
quinzaine de filles et garçons d'environ son âge qui avait les yeux
rivés dans sa direction. Face à eux, élevée sur une estrade et
les bras appuyés sur son bureau, trônait la directrice et
professeur, Madame Mercier. Il oublia instantanément la petite
phrase de circonstance qu'il avait préparée. Le temps se suspendit
dans cette curieuse ambiance. Soudain, il eut l'impression d'avoir
une idée de génie et il prit aussitôt un air faussement détendu :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Bonjour. Où dois-je m'assoir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Madame Mercier eut une réaction fugace qu'il ne put décrypter.
Elle semblait réfléchir en entendant les chuchotements de la
classe. Sans cesser de le fixer, elle lui désigna le fond de la
salle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; text-indent: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Votre bureau, Géraud. &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;em&gt;Silence!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;,
ajouta-t-elle sèchement au reste de la classe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Dans un calme religieux, et ignorant la trentaine d'yeux qui
suivaient ses mouvements, il se rendit donc au fond de la classe, et
s'assit rapidement au seul bureau encore libre. Il jeta un œil
rapide sur la petite salle de classe vieillotte alors que le cours
reprenait. Un grand tableau noir, quelques affiches jaunies
représentant des cartes, des chiffres et des plans, ainsi qu'un
grotesque faux squelette à côté de l'estrade de la directrice. Il
considéra avec attention son bureau de bois, sur lequel étaient
disposés un crayon, un stylo à encre, et un cahier déjà utilisé.
Ses yeux furent immédiatement attirés sur le bas du cahier, où il
put lire son prénom calligraphié d'une écriture qui lui semblait
étrangement familière. Se pouvait-il que ce soit le cahier de cours
qu'il utilisait avant de perdre la mémoire?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il s'empressa d'ouvrir le cahier et y découvrit des exercices et
des leçons rédigés d'un trait sec et irrégulier. Il considéra
ensuite avec perplexité ses cours d'histoire, de mathématiques et
de catéchisme, dont il n'avait pas le moindre souvenir, et qu'il
allait certainement devoir réapprendre pour éviter d'être
davantage mal à l'aise. Mais il serait le cancre de la classe,
c'était inévitable. Il interrompit sa lecture, sentant qu'un des
orphelins  continuait à l'observer. Il releva la tête et reconnut à
sa droite le garçon qu'il avait aidé, Luis. Ce dernier reporta
immédiatement son attention sur son livre, comme s'il avait été
pris en faute. Alors que Géraud le détaillait pour essayer de
retrouver un quelconque souvenir de lui avant son accident, Luis
sentit à son tour qu'il était observé et il lui rendit son regard,
avec un sourire maladroit. Il lui désigna son livre du doigt et
commença à articuler silencieusement quelque chose quelque chose
que Géraud ne comprit pas, mais que Madame Mercier surprit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Luis! Géraud! Taisez-vous et suivez le cours!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- J'étais en train..., commença Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- On lève la main, pour parler en cours!, le coupa Madame Mercier
en frappant la table.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Pardon, s'excusa le jeune homme en levant la main alors que
Gildas gloussait. J'étais en train de lui dire d'ouvrir son livre à
la page deux cent vingt-sept.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Bien. Tu as entendu, Géraud?, reprit-elle aussitôt. Allez,
ouvre ton livre!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- C'est que... j'ai pas de livre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Comment ça &quot;J'ai pas de livre&quot;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Eh bien... J'en ai pas, j'ai... J'ai juste un cahier, sur mon
bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Misère..., souffla la professeur avec mépris. Dans votre
bureau, sous le pupitre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ah oui... En effet. Je ne savais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Bon, dépêche-toi, on t' attend. Page deux cent vingt-sept. Ça
y est? Tu es prêt, on peut y aller?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- On peut y aller, répondit Géraud en serrant les dents.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud la détestait déjà. Il s'était bien trompé quand il
avait lu la lettre à son premier réveil : les Mercier étaient en
réalité un couple d'abrutis. Qui l'hébergeaient, le nourrissaient
et le soignaient, certes, mais des abrutis quand même. Une fois
qu'elle eut repris son petit spectacle, il regarda à nouveau Luis et
lui chuchota &quot;Merci&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2453636&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;220&quot; height=&quot;55&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2453636&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;

&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Une heure et demie plus tard, alors que tous
sortaient pour profiter de la pause dans la cour, Luis tenta de
rejoindre Géraud qui se dirigeait vers le couloir. Mais avant qu'il
n'ait pu l'aborder, Madame Mercier héla ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Géraud, pour cette fois, j'aimerais que tu restes dans la
classe. Ta dernière prestation dans la cour a peut-être été
oubliée rapidement par mon mari, mais pas par moi. Tu en profiteras
pour te remettre à jour dans tes leçons en relisant ton cahier.
C'est fini, la belle vie à se la couler douce au grenier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ah, je vous remercie, cela me va très bien, lui répondit
calmement Géraud, ce qui sembla outrer la directrice.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ça m'est égal que ça te convienne, Géraud. Je t'ai connu
moins insolent. Fais attention..., le menaça-t-elle en quittant la
pièce, avant de voir que Luis y était toujours. Qu'est-ce que tu
fais encore là, toi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je pensais l'aider à faire le point sur le dernier cours. Je
suis obligé de sortir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Fais comme tu veux, Luis, soupira-t-elle. Mais tu n'es pas là
depuis longtemps, je ne vois pas vraiment comment tu pourrais lui
être utile.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je sais, mais je comptais faire un rapide point global. Sauf si
vous en aviez l'intention, madame.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- A tout à l'heure, répondit-elle en quittant la salle de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Géraud se rassit à son bureau, bientôt imité par Luis. Ils se
regardèrent et rirent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Il faut comprendre comment elle fonctionne, lui confia Luis. Tout
ce qui peut la débarrasser d'une tâche à faire l'intéresse. Elle
est avant tout paresseuse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ça n'est pas ce défaut qui m'a le plus marqué, gloussa Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Elle est comme elle est. C'est pour ça que la seule chose qui a
l'air neuve ici, c'est son tableau : elle a trop la flemme d'y
écrire. C'est pour ça aussi qu'elle t'a puni à nettoyer
l'orphelinat avec Fatou. Elle déteste faire sa part, et apparemment
chaque semaine elle recherche quelqu'un qui &quot;mérite&quot; de le
faire à sa place, d'après ce que j'ai compris, alors méfie-toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Merci du conseil. Et de m'avoir aidé avec le livre, quand je
suis arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je t'ai renvoyé l'ascenseur, enfin en quelque sorte... Hier, tu
m'as évité de me faire encore plus amocher, ria-t-il en désignant
sa lèvre encore un peu gonflée.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Tu as mal?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- J'en ai vu d'autres. Enfin, ça ne saigne plus, c'est toujours
ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Tu en es sûr?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Oui, ne t'inquiète pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- D'accord... Tant mieux. Alors tu t'appelles Luis, c'est bien ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Affirmatif. Et toi Géraud. Ta réputation te précède...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ma réputation? Mais, dis-moi, on se connaissait avant? Je veux
dire, on m'a dit que tu étais là depuis peu, mais est-ce qu'on
était amis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Non. Enfin, je veux dire qu'on ne s'était jamais rencontrés. A
part brièvement le jour où je suis venu ici pour la première fois,
mais je ne pense pas que tu te souviennes. C'était le jour où tu
venais d'avoir ton accident et où tu as été envoyé dans le
grenier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- C'est bizarre... J'avais l'impression de t'avoir déjà vu. Mais
pas les autres, curieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Sans te vexer, je pense que ta mémoire te joue des tours. On
s'est croisé en quelques secondes sans se parler, et les autres, tu
les as côtoyés toute ta vie, pour ainsi dire. Alors ça
m'étonnerait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Tu dois avoir raison, je sais plus trop où j'en suis. J'ai du te
voir depuis ma fenêtre. Franchement, je n'arrive plus à faire la
part des choses, c'est terrifiant, quand j'y pense. Je n'arrivais
même pas à reconnaître ma propre écriture. C'est en écrivant,
que je m'en suis vraiment rendu compte... Enfin, ça ne t'intéresse
peut-être pas, ce que je te raconte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Si, bien sûr, mais tu as surtout l'air perdu. Crois-moi, tu n'es
pas le seul. Ici, ça parle beaucoup sur ton compte et sur le mien.
En particulier du côté de Gildas et Manu. Tu sais, tes deux copains
boute-en-train...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ah oui, mes chers amis!, plaisanta-t-il en retour. Luis...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Quoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas défendu contre eux? Je sais
qu'ils étaient deux et que tu n'as pas exactement l'air d'un
champion de boxe, mais pourquoi est-ce que tu t'es replié aussi vite
sur toi-même? Je l'ai vu, tu n'as même pas essayé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je ne bats pas, Géraud. C'est juste que... c'est pas mon truc...
C'est trop dangereux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je veux bien le concevoir, mais là, tu n'as même pas essayé de
contrer!, insista Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Écoute... On ne se connaît pas suffisamment. Je te remercie de
m'être venu en aide, mais... Rien, oublions ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Mais quoi, dis-moi, je t'écoute?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ne m'en veux pas... Mais j'ai du mal à faire confiance aux gens,
avoua-t-il, se sentant honteux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Au moins tu dis ce que tu pense... Un peu d'honnêteté, ça me
change... Écoute, ne t'en fais pas, je comprends parfaitement. Et
même, je ne t'en respecte que plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Merci... et désolé. Ici, j'ai parfois l'impression que tout le
monde joue un rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ha, alors on est deux!, ria Géraud. Vivement qu'on puisse se
tirer de ce trou!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Attends, Géraud, tu crois que tu vas partir un jour? Je veux
dire... Tu es conscient qu'on est ici dans un orphelinat..
&quot;spécial&quot;...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Qu'est-ce que tu veux dire?, s'inquiéta soudain Géraud. De ce
que je crois savoir des orphelinats, on y reste jusqu'à être
adoptés ou être majeurs!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- &quot;De ce que tu crois savoir?&quot; Mais d'où tu le saurais?,
s'étonna Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je... Eh bien, j'imagine que c'est le bon sens, répondit
brièvement la question en la balayant de la main. Mais précise-moi
ce que tu étais en train de me dire, tu m'inquiètes... Tu insinues
qu'on va rester ici pour toujours?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Eh bien... Pour tout te dire, je n'en sais rien! On m'a expliqué
qu'ici on était tous des cas particuliers, trop difficilement
gérables par le système habituel, celui dont tu parlais, et qu'on y
restait tant qu'on était pas prêts à retrouver... Euh...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Le monde extérieur, risqua Géraud? C'est ça? Mais qu'est-ce
que c'est que ces histoires!, paniqua-il en se relevant de sa chaise
de bureau. Je veux pas rester ici toute ma vie! Je veux sortir de cet
orphelinat!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Mais pour y retrouver quoi?, demanda tristement Luis, se levant à
son tour. Personne ne t'attend, dehors, et tu ne sais rien de la vie
au-dehors, tu as pratiquement toujours vécu ici, d'après ce qu'on
m'a raconté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je... une plage! La mer! Les montagnes! Les grandes villes... Le
cirque, le zoo, les commerçants dans les rues...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je pense que tu as vu tout ça à la télévision, Géraud. On
m'a dit que tu n'es pratiquement jamais sorti d'ici, en-dehors des
premières années de ta vie. Demande aux Mercier, ils te diront.
Madame Mercier m'a dit qu'elle avait recueilli progressivement une
quinzaine de jeunes enfants à peu près du même âge, et qu'ils
avaient grandi ici. Tu en fais partie, comme tout le reste de cette
classe, pratiquement. Aucun de nous ne s'attend ni semble prêt à
partir à sa majorité ou plus tard... Je suis désolé de te le
dire... J'étais persuadé qu'on te l'avait déjà dit...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Il put voir l'incompréhension la plus totale dans les yeux du
jeune homme. Il s'en voulut à lui même pour le fait qu'il avait pu
vivre avant en-dehors de l'orphelinat, aussi triste le contexte
fut-il. Il regarda Géraud se diriger lentement vers la fenêtre
donnant sur la cour et réaliser que ce qu'il avait sous ses yeux
représentait tout son passé et son futur. Il le rejoignit et ne
sachant quoi lui dire, lui posa une main sur l'épaule, que Géraud
dégagea d'un mouvement du bras, sous le coup de la colère. Luis ne
s'en offusqua pas et regarda les yeux de Géraud se perdre dans
l'allée de mûriers menant au grand portail de sortie. Le jeune
homme expira tout son désespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- On m'avait dit que j'avais vécu tout le temps ici, mais je
pensais que j'avais vraiment vu toutes ces choses... Même si je ne
m'en souviens pas, je... Bon sang, je ne les ai vraiment vues qu'à
la télévision? Comment est-ce qu'on peut vivre comme ça, aussi
reclus? Sans aucun autre avenir? Je pensais pas que c'était à ce
point-là!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Apparemment, ils font des sorties de petits groupes, de temps en
temps, au village à côté, mais toujours sous surveillance. Mais je
suis d'accord avec toi, c'est bizarre. Je soupçonne les Mercier
d'entretenir notre peur de l'extérieur. J'espère qu'ils te
laisseront quand même les accompagner pendant leurs sorties, malgré
ton accident avec Gildas... Ils seront juste plus prudents,
certainement... Et je suis sûr que si tu sais te montrer indépendant
et que tu leur manifeste ta volonté de partir, au bout de quelques
années, tu pourras peut-être partir... S'ils sont d'accord...
Écoute, je ne pense pas être celui qui pourra répondre à toutes
ces questions. Ce que je sais de toi, on me l'a dit. Je suis nouveau
ici, un peu comme toi en quelque sorte. Et même si tu ne semble pas
avoir d'amis en particulier ici, les autres te connaissent depuis
plus longtemps que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- C'est possible, mais tu m'en as dit beaucoup plus en quelques
minutes que Mercier et Loublin réunis. Je te remercie pour ta
franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je t'en prie... Après tout, on est embarqués dans cet
orphelinat tous les deux, et on ne connaît personne, pas vrai?
Alors, autant s'entre-aider...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Bien vu, approuva Géraud. Luis, à ton avis, pourquoi est-ce
qu'on est reclus ici? Dans ce bâtiment croulant, loin de tout, et en
pleine austra... autra...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- En pleine autarcie? Euh... je n'en suis pas vraiment sûr. Ils
disent qu'on ne peut pas être adoptés ou vivre dans des familles
d'accueil, parce qu'on n'est pas... adaptables. Qu'on sort un peu du
profil classique, d'une façon ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- C'est parce que je suis taré..., se désespéra le jeune homme.
Ce connard de Gildas avait raison. A peine je sors et je suis
violent... Je suis pas normal.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je suis sûr que tu te trompes... Tu t'es battu avec lui parce tu
m'avais vu en danger, alors que tu ne me connaissais pas. Tu ne l'as
pas fait juste pour le plaisir de te battre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ça, t'en sais rien... Tu me connais à peine. Et moi non plus,
d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Je ne te connais peut-être pas encore,
Géraud, mais je suis un garçon instinctif. Et je pense pas que tu
aies un mauvais fond. En fait, je pense que tu te poses juste un peu
trop de questions, et &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;em&gt;ça&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;,
c'est normal. Rends-toi justice : honnêtement, dans ta situation,
n'importe qui serait déboussolé. Tout ce que ça montre, c'est que
tu réagis à tout ça avec des émotions, et que t'es pas un robot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Peut-être... Mais est-ce que ça fait de moi un humain?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il n'aimait
pas ce qu'il était en train de devenir. Il avait encore du mal à
digérer sa raclée en public de la veille. Intérieurement, Gildas
bouillonnait : il devait accepter sans broncher qu'il l'ait attaqué
et vidé de son sang, il ne devait en parler à personne, et alors
qu'il essayait de récupérer un peu d'estime personnelle, voilà
qu'il se faisait humilier une fois de plus par ce minable de Géraud.
Il planta rageusement ses dents dans l'entrecôte, en observant de
loin son ennemi. Il avait réussi à l'éviter pendant toute la
matinée, mais il n'en tirait aucune satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		Si Géraud
se souvenait de son passé, et de la façon dont Gildas le remettait
à sa place, il apprécierait certainement la situation. Il avait le
dessus, et tout le monde le savait. Gildas le savait, il faudrait tôt
ou tard remettre de l'ordre là-dedans. Et comme il ne comptait plus
sur ses parents, qui lui demandaient de jouer l'imbécile qui oublie
tout et qui tend l'autre joue, il ne pouvait plus compter que sur
lui-même. Ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
Passe-moi le sel, demanda-t-il à Manu qui était assis à ses côtés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
Prends-le toi-même, il est devant toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Je sais,
répondit sèchement Gildas en salant avec énergie sa viande.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Arrête
de le regarder comme ça, c'est pas comme ça que tu arriveras à
penser à autre chose...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Sauf que
j'ai aucune envie de penser à autre chose, grimaça Gildas en
mâchonnant son entrecôte trop salée, sans quitter des yeux Géraud
et Luis qui discutaient à la table de l'autre côté de la salle à
manger.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Gigi, il
faut que je te dise quelque chose. Je suis allé parler à Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Non,
mais t'es malade!?, s'étrangla Gildas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Ferme-la
une seconde et écoute ce que j'ai à te dire. C'est à propos du
sujet que l'on aborde jamais, tous les deux. Tu sais qu'avec mon
problème de cœur, je n'arriverai jamais à l'âge où les cheveux
qui deviennent blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- C'est
pas plus mal, quand on voit mon père...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Ta
délicatesse légendaire t'honore une fois de plus, soupira le jeune
homme, en marquant une pause. Mais justement, j'ai pas mal réfléchi.
Et il est possible qu'il ait peut-être raison.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Quoi,
qui ça? Mon père?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Tu sais
que je ne parle pas souvent de ça... Mais quand... mais quand pour
moi, ça sera l'heure, je préfère partir avec un bon karma, si tu
vois ce que je veux dire. Ce qui est arrivé avec Luis, c'était la
fois de trop. Je vais avoir bientôt seize ans, et je n'ai plus envie
de te suivre dans ce genre d'âneries. C'était drôle pendant un
moment, mais maintenant, il faut arrêter. Par contre, ce que je veux
surtout, c'est qu'on reste potes. Tu n'as pas besoin d'aller chercher
faire ton intéressant pour qu'on continue à s'amuser ensemble.
Avant, t'étais cool. Maintenant, à chaque fois que je te vois, tu
es obnubilé par Géraud. Et je suis sûr que dans le fond, ça
t'exaspère autant que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		Gildas se
rendit compte qu'il fixait à nouveau les deux garçons, et baissa
aussitôt les yeux sur son assiette, en grattant le surplus de sel
avec sa fourchette. Ce qui l'énervait, c'était que Manu avait
peut-être raison. Mais il ne pouvait pas comprendre ce que lui avait
fait Géraud.  Et le pire c'était qu'il ne savait même pas non plus
lui-même.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		Il se
rappela sa promesse à ses parents de ne rien révéler. Qu'est-ce
que c'était injuste, et facile à vivre de leur point de vue! Non,
il n'y avait aucune raison pour qu'il ait à supporter ce poids tout
seul.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
D'accord, Manu. Je te l'accorde. Je n'arrive pas à aller de l'avant
par rapport à Géraud. Je veux bien l'admettre. Mais il y a une
raison à ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Dis-moi,
qu'est-ce que c'est?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- J'y
viens, mais d'abord... Tu n'as rien remarqué de particulier, chez
lui? Par rapport à d'habitude?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Eh
bien... Je le trouve encore plus pâle qu'avant... C'est peut-être à
cause du fait qu'il soit resté autant de temps enfermé dans le
grenier?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Mais on
s'en fiche, de ça! Moi aussi, d'ailleurs, je suis resté enfermé,
et alors! Non, moi, ce dont je te parle, c'est autre chose... Tu n'as
pas remarqué sa force? Sa vivacité? Sa soif de &lt;em&gt;sang&lt;/em&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Je
n'irais pas jusque là, Gildas, mais c'est vrai qu'on ne l'avait
jamais vu se battre, avant. A peine quelques ripostes ridicules.
Peut-être que tu n'étais pas encore rétabli et que par contraste,
tu as l'impression qu'il est devenu très fort?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- On s'est
pris chacun le même crochet dans la face, je te rappelle! Jamais je
n'ai reçu de coup comme ça, même quand on se battait toi et moi
pour s'amuser. Regarde-le. Regarde un peu ses bras... Tu ne le
trouves pas un peu plus musclé? Tu crois que &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt; s'est amusé
à faire des pompes dans le grenier? Et ne me dis pas que t'as pas vu
ses yeux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
Qu'est-ce qu'ils ont, ses yeux?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Moi, je
les ai vus, intervint une voix féminine à côté de Gildas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Élodie?
Mais qu'est-ce que tu...? On parle entre hommes, ici! Alors va parler
à tes copines de ta nouvelle coiffure, et fiche-nous la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Tu crois
que tu me fais peur, Gildas? Tu sais, j'ai pas peur de me décoiffer!,
le menaça Élodie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Du
calme, Lolo, intervint Manu, ne t'y mets pas, toi aussi. Gildas était
en train de me parler d'un truc, en privé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Privé?,
ricana la jeune fille. Laisse-moi rire! Pas en parlant aussi fort,
c'est sûr!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Bon,
très bien, s'impatienta Gildas. Élodie, puisque tu as tout suivi,
peux-tu me dire ce que tu as vu de particulier chez Géraud?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Eh bien,
déjà, comme ce que vous avez dit : il est plus pâle, un peu plus
costaud, plus vif, plus vio...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Ça, on
sait, merci. Mais qu'est-ce que tu as vu par rapport à ses yeux?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Eh bien,
je n'étais pas juste à côté de vous, hier... Mais j'ai quand même
eu l'impression qu'il y avait comme une lueur rouge... C'était
bizarre, en fait, j'ai cru à un reflet.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Je l'ai
pas vu, répondit Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Ça,
c'est parce que tu chialais par terre, le rabroua Gildas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Très
drôle, monsieur «&amp;nbsp;Au secours, Loublin&amp;nbsp;». J'ai
l'impression que vous regardez tous les deux un peu trop de films
d'horreur, les enfants, soupira Manu avec un sourire. La mère
Mercier nous interdit d'en regarder, je vous rappelle...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
N'appelle pas ma mère comme ça...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Mais à
quel point  les films d'horreur sont-ils inspirés de la réalité?,
les interrogea Élodie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Très
bonne question, commenta malicieusement Gildas. Et je vais pouvoir
vous répondre. Tout d'abord, vous avez remarqué que Géraud semble
avoir totalement perdu sa mémoire? Eh bien, je vais vous dire
quelque chose sur lui. Un secret qui risque de vous perturber. Mais
il faudra que vous le gardiez pour vous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- On te le
promet, se rapprocha Manu. De quoi tu parles?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		- Il y a
quelque chose que mes parents m'ont dit de vous raconter, et qui est
un mensonge. La vérité est bien plus choquante, et j'en ai encore
les preuves. Est-ce que vous vous rappelez de cette histoire de
crevasse?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Plus la journée passait et plus Luis oubliait sa vie avant d'arriver
à l'orphelinat. Il avait déjeuné en compagnie de Géraud et
attendu la fin du cours de Madame Mercier pour pouvoir reprendre ses
discussions avec lui. Ils s'étaient assis sur le rebord en pierre
d'un  large bac à fleurs. Le Soleil commençait peu à peu à
rejoindre l'horizon.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Bien sûr, le jeune homme avait remarqué les regards curieux que
leur gratifiaient les autres, mais il n'en avait cure. La compagnie
de Géraud le rassurait parce qu'au delà du fait qu'il l'ait protégé
la veille, malgré sa perte de mémoire et sa faible popularité, il
avait l'air de garder les pieds sur terre. Ils s'étaient très
naturellement mis à parler, de choses futiles principalement, mais
malgré ça, Luis comprit que l'apparente assurance de son nouvel ami
était aussi fragile qu'une toile d'araignée devant une tornade,
aussi s'en tint-il aux sujets légers. Il avait lui-même peu envie
d'aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et c'est comme ça que j'ai réussi à me sortir de quarantaine!,
conclut Géraud aux éclats.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Donc si j'ai bien compris, tu m'as utilisé pour pouvoir ensuite
manipuler Mercier. Et bien, je  n'ai pas fini de te remercier de
l'avoir fait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh, je te rappelle que c'est juste tombé à pic! Et ça n'était
pas qu'une bonne excuse pour me faire la belle. Quand je les ai vus
te harceler, je n'ai pas réfléchi. Et une fois dans la cour face à
eux, je ne pensais plus au plan.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pourquoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien, je... Comme je te l'ai dit... Je t'ai vu, en bas... Tu
étais tout seul... Je ne voulais pas rester les bras croisés à les
regarder te provoquer et te passer à tabac, alors que c'était clair
que c'était ce qui allait ce passer! Ça m'a mis dans une de ces
rages... Si jamais ces deux crétins ont le malheur de croiser à
nouveau mon chemin, je te jure...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu me jures que quoi? Ça arrivera tôt ou tard, Géraud. Je
l'accepte, alors pourquoi pas toi? Écoute, hier après-midi, Manu
s'est présenté à ma porte pour me présenter ses excuses. Et je
les ai acceptées.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je te demande pardon?!, s'insurgea Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Calme-toi, s'il te plaît, reprit Luis sur un ton qui adoucit son
camarade. Si je peux aller de l'avant, toi aussi. Je ne pense pas que
Manu recommence. Et sans te vexer, aussi rassurant que ça puisse
être que d'avoir un ami pour me défendre, j'aimerais que tu cesses
de croire que je ne sais pas me défendre, moi aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Sans te vexer non plus, ça n'est pas en te recroquevillant dans
ton coin en te cachant la tête avec les mains que je vais croire le
contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et toi, qui t'a appris à te défendre?, demanda Luis en touchant
machinalement son pendentif en crucifix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne sais pas... J'ai cette... &lt;em&gt;force&lt;/em&gt; en moi. J'ai
l'impression qu'elle fait partie de moi depuis toujours. Elle me
donne de la vigueur et de l'assurance. Mais je sens dans le regard de
tous ceux qui m'ont connu que cette force s'est réveillée en même
temps que moi de mon coma. Je le vois à leur regard. Ils ont &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;peur&lt;/span&gt;
de moi, Luis. D'ailleurs, si tu observes le reflet de la fenêtre à
ma droite, tu en verras trois qui nous surveillent depuis la salle de
jeux. Au moins, il me laissent tranquille.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, j'ai vu. Mais ça leur passera. Et ne sois pas fier qu'on
ait peur de toi, je ne pense pas que ce soit le meilleur moyen pour
qu'ils t'apprécient.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pourtant toi, tu restes bien avec moi, répliqua Géraud avec un
sourire en coin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Peut-être que je ne sais pas me défendre tout seul, répondit
Luis en plaisantant à moitié. Et je ne parle pas de combats mais de
la vie en communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Luis... Tu as envie que je te laisse tenter de les rejoindre à
l'intérieur? Je sais que c'est moi qu'ils observent, pas toi. Il n'y
a pas de raison de t'isoler d'eux à cause de moi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et pourquoi j'irais et pas toi? Tu penses ne pas pouvoir te
défendre en société?, l'asticota Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Touché!, s'esclaffa Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci en tout cas, ça partait d'une bonne intention. Mais je
suis pas pressé de me fondre dans la masse. Et je ne me sens pas non
plus isolé. On a bien le temps de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça, c'est ce que dirait Loublin... Ce type est un malin, mais si
on ne le pousse pas un peu, on ne fait jamais rien.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je peux te poser une question?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, bien sûr.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu lui fais vraiment confiance?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je... Eh bien, depuis le début, Loublin a été là, et il a
tout fait pour m'aider... En quoi penses-tu que je devrais me méfier?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, en rien... Je veux dire... Puisqu'il est si intelligent, et
capable de mener son monde à la baguette sans qu'il ne s'en rende
compte, comment pourrait-on lui faire confiance? Mais, j'ai peut-être
tort...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute... Loublin a cru en moi et m'a aidé à sortir, et pour
ça, je lui dois ma confiance. De plus, s'il a partagé avec moi son
plan pour m'aider à sortir, c'est qu'il me montre que je ne fais pas
partie de ceux qu'il veut manipuler, tu comprends? Et puis, c'est mon
seul ami depuis mon réveil. Maintenant, il y a toi aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu as deux fois plus d'amis que moi, alors. Il t'avait prévenu,
pour les tests farfelus de Mercier dont tu m'as parlé? Et puis
c'était quoi, cette histoire mouchoir ensanglanté sous le nez?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Salut, les nazes!, lança une voix sur leur gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Manu..., commença Géraud en se levant du rebord de pierre.
Comment va ta lèvre?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Du calme..., se défendit Manu. J'ai promis à ton pote que je ne
l'ennuierai plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est vrai, intervint Luis en voyant l'absence de réaction de
son ami, il m'a présenté ses excuses, comme je te l'ai dit...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dites, reprit Manu un peu mal à l'aise devant le regard fixe de
Géraud, le Soleil se couche. C'est la mère Mercier, qui m'envoie.
On doit tous rentrer. C'est la règle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Alors, on rentre, répondit Luis, avant de se retourner à
nouveau vers son camarade. On y va, Géraud?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- On y va.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Avant d'aller dans leur lit, Simon et Abby-Gaëlle Mercier récitèrent
comme chaque soir leur prière. La chambre était grande et austère.
Une peinture sobre représentant la vierge Marie et sa progéniture,
et un gros crucifix suspendu au-dessus du lit servaient de seule
décoration. Madame Mercier se signa, bientôt imitée par son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- ...mais délivre-nous du mal. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Allez, il est l'heure. Éteins la lumière, Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Comment ça s'est passé, en classe?, répondit son mari en la
rejoignant dans les draps après avoir tourné l'interrupteur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- De la même façon que pendant le dîner. Comme tu l'as vu, ils
se tiennent dans leur coin, ne se mélangent pas. Tous les deux vont
avoir besoin de reprendre des cours de rattrapage. Simon, j'aimerais
que tu t'occupes surtout de Géraud. On en a parlé, tu as remarqué
comme moi son changement de comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Il a encore dérapé?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Non, pas comme ça, mais tu sais ce que je veux dire. Il est
devenu plus... confiant. Confiant et curieux Tout le travail qu'on
avait accompli sur lui pendant toutes ces années est réduit à
néant avec la perte de sa mémoire. Il est indiscipliné, et il  ne
semble croire en rien. Avant, on arrivait à le mater. On arrivait à
lui faire suffisamment peur. Mais c'est fini.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Il a toujours été en retrait, et peu bavard. Je ne l'ai pas vu
changer, de ce point de vue-là. Mais je lui parlerai, pour remettre
les choses au clair. A commencer par sa punition de nettoyer
l'orphelinat avec Fatou dès demain soir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Elle m'a dit qu'elle avait remarqué un changement, elle aussi.
Je peux lui demander de lui parler, elle a sa propre manière de s'y
prendre avec les jeunes, même si ça n'est pas trop dans nos
habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je suis surpris qu'elle soit toujours là, honnêtement...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Elle a peur du monde extérieur, rappela la directrice. L'inconnu
la terrifie plus que tout. Mais malgré sa docilité elle a du
caractère, tu sais. C'est pour ça que si elle parlait à Géraud,
elle pourrait réussir à le calmer. En revanche, je ne suis pas sûr
que Loublin puisse le convaincre à rentrer dans le rang. Il a beau
s'intéresser à lui et nous avoir beaucoup aidé à nous en occuper,
notamment hier en te prévenant de sa fugue, je préfère que ce soit
Fatou qui lui parle demain.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Si c'est ce que tu souhaites, Abby-Gaëlle, alors soit. Je ne
pensais pas que ça serait si compliqué. Heureusement, les
injections d'&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;&quot;essence de
jais luminique&quot; de&lt;/span&gt; Loublin semblent avoir inhibé ses
capacités à muter. Je suis content d'avoir vérifié, avec le sang
sur le mouchoir, au moins il est guéri. L'ablation de ses canines a
dû beaucoup jouer aussi, je pense. On a beaucoup de chance d'avoir
Loublin parmi nous. Il s'y connaît beaucoup. Ceci dit, je vérifierai
que Géraud n'a pas de temps en temps quelques réactions impulsives
au contact du sang. Je le surveillerai de près, on ne sait jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Il faut même aller plus loin, Simon. Comme je te l'ai dit, nos
leçons d'éducation ont été absorbées dans sa perte de mémoire.
Sa personnalité s'est... ragaillardie, il ne se retient plus et...
Seigneur...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Quoi, qu'y a-t-il?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je crois que je n'oublierai jamais la vision de lui sur Gildas,
en train de lui aspirer le sang... Je me demande parfois si nous ne
sommes pas en train de subir notre propre punition, Simon. Dans ce
lieu, seul Dieu pourrait nous juger. Nous comme les enfants. Mais
j'ai parfois l'impression que ça nous échappe... Géraud est
imprévisible, tu le vois bien!, déplora la directrice. Malgré ton
intervention avec Loublin et toutes nos précautions, ça ne l'a pas
empêché de s'en reprendre à Gildas dès qu'il a pu! Et si demain,
ils se bagarrent comme hier, et que cette fois-ci il se jette encore
sur lui et le...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Abby-Gaëlle, s'il te plaît, ressaisis-toi! C'est fini, je m'en
suis occupé, je t'ai dit. Il ne l'a pas remordu, c'était juste une
bagarre entre garçons, ça arrive. Ça n'a rien à voir avec l'autre
fois. Je te rappelle que je me suis assuré que ça ne puisse jamais
se reproduire. Ses canines sont désormais inoffensives et il ne
réagit pas au sang. Je demanderai à Loublin de recommencer à lui
faire ses injections, si tu crois que ça peut faire quelque chose.
Comme toujours, je reste très prudent, tu le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Oui, mais ça ne change rien à son nouveau comportement violent.
Qu'est-ce qui te fait croire qu'il n'a pas encore envie d'attaquer un
des autres? Et tu l'as remarqué aussi pendant le repas, lui et Luis
se sont rapprochés. Ça m'inquiète vraiment pour la suite...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Ne t'en fais pas pour Luis, il n'a rien à craindre. Et tant pis
pour Géraud, il sera prévenu qu'il doit se tenir à carreau une
fois que j'aurais mis les choses au clair avec lui. Je lui dirai
qu'il ne faut mordre personne. Je ne sais pas du tout comment je
pourrai m'y prendre, mais je lui dirai... J'essaierai de lui faire
comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Tu as réussi à lui mettre un mouchoir plein de sang sous le nez
sans lui donner d'explications, alors ça devrait ne pas être un
problème, rétorqua froidement son épouse. Et profites-en pour lui
rappeler les règles de l'orphelinat. A Luis aussi. J'ai envoyé
Emmanuel les chercher dehors quand c'était l'heure. Ça doit
redevenir une habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Je le ferai. Avec tous ces évènements récents, j'ai peut-être
oublié quelques points. Mais en ce qui concerne la discipline, la
discrétion et l'absence de bagarre, je pense que le message est
passé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
- Et n'oublie pas la prière avant de se coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Se rappelant soudain de ses obligations du soir, Manu fit un rapide
signe de croix en marmonnant &quot;Amen&quot; en guise de prière et
se glissa entre les draps. Il repensa à ce que Gildas leur avait
appris. Contrairement à ce que les Mercier leur avaient fait croire,
il n'avait pas héroïquement essayé de sauver Géraud d'une chute
dans une crevasse.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
La réalité était bien plus éloignée, et bien plus
incroyablement macabre. Les deux jeunes hommes n'étaient jamais
tombés dans une crevasse, mais Gildas leur avait appris que Géraud
avait en réalité vicieusement isolé Gildas afin de le piéger, et
le frapper loin du regard de Loublin et de Madame Mercier. Puis, il
l'avait immobilisé et l'avait mordu profondément au cou, avait ri
en l'observant se vider de son sang. Puis, lorsque la directrice
était arrivée, il l'avait sauvagement frappée avant de se mettre à
aspirer le sang de son fils et le boire.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
C'était ahurissant.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Plus tard lors de leur bagarre dans la cour, Manu n'avait pas vu les
yeux Géraud devenir rouges, mais il croyait désormais Élodie,
lorsqu'elle affirmait les avoir vus. Il se souvenait bien en revanche
de la formidable puissance et rapidité du garçon au combat. Il
réalisa qu'il le côtoyait depuis longtemps sans vraiment le
connaître. Géraud était-il devenu une sorte de monstre? Ou bien
l'avait-il toujours été?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Soudain, il réalisa que son cœur s'emballait et il essaya de se
dominer afin de calmer le rythme des pulsations. Il devait être très
prudent avec son cœur. Lorsqu'il était allé chercher Luis et
Géraud à l'extérieur pour les faire rentrer, il avait eu une
nouvelle crise. Heureusement, il l'avait dissimulée en se rendant
aux toilettes. Il avait encore perçu des morceaux d'images et de
sensations, mais ça n'avait pas duré. Il en avait assez de ces
hallucinations. Ces crises fragilisaient aussi son cœur, il en était
sûr. Aussi préoccupé fut-il dans ces considérations, il sombra
sans s'en rendre compte dans le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	&lt;em&gt;Il
était en train de tomber. Son postérieur heurta le sol dur. Il
était allongé sur un chemin de pierres qu'il n'avait jamais vu. Il
ressentit une vive douleur au mollet. Le Soleil frappait fort. Il
baissa les yeux à sa jambe et y vit une blessure constituée de deux
points s'enfonçant profondément dans sa chair.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;em&gt;	Il
cria à l'aide, mais ça n'était pas sa voix habituelle. Il entendit
alors une voix féminine s'exclamer : &quot;Luis? Mon dieu, tu
saignes!&quot;. En entendant la femme, il réalisa qu'il &lt;/em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;était
&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;em&gt;Luis. Comment? Pourquoi? Tout ce qu'il
savait, c'est qu'il était dans sa peau. 	Les yeux remplis larmes et
aveuglés par le jour, il répondit à la femme : &quot;Il... il est
parti. Il m'a mordu! Ça brûle!&quot;. &quot;Ne regarde surtout pas,
tu es hémophobe!&quot;, reprit la femme, qui se rapprochait.
Déconcerté, Manu ne comprit pas la signification de ce mot.
Soudain, un homme dont il ne distingua pas le visage le dépassa lui
et femme en courant: &quot;Je vais le tuer! Je vais le retrouver et
le tuer!&quot;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	&lt;em&gt;Peu
à peu, son mollet se faisait coton, et il commença à vaciller.
Sans crier gare, on lui saisit la jambe, et il sentit une bouche se
poser sur sa peu et lui aspirer vigoureusement le sang . Il hurla
d'horreur. Le Soleil aveuglant laissa place aux ténèbres. La
dernière chose qu'il perçut de l'extérieur fut la voix féminine
crier à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Manu se releva dans son lit en
sueur, le cœur battant la chamade et les yeux exorbités.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;
Les fragments... Ils venaient de
se ressouder.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/09/05/Chapitre-3#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Chapitre 2</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/08/01/Chapitre-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7a8a020bc07abba8243fe4487ad71095</guid>
    <pubDate>Sat, 01 Aug 2009 20:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;Collision&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rencontre est imminente&lt;/strong&gt;, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a à nouveau de l'action dans l'air! Dans ce &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/08/01/Chapitre-2&quot;&gt;Chapitre 2&lt;/a&gt;,&lt;em&gt; (qui est également disponible en version &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_2_-_Collision.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt; téléchargeable) &lt;/em&gt;, plusieurs jeunes habitants de cet étrange orphelinat vont confronter leur personnalités et dévoiler certains de leurs secrets. &lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Quant à moi, sachez que je lis chacun de vos commentaires avec plaisir. &lt;a href=&quot;http://www.catherine-meissner.org/gifs/emotions/anxieux2.jpg&quot;&gt;Si, si&lt;/a&gt;. Je vous remercie pour vos encouragements et vos conseils, qui m'aident à continuer à améliorer le site, et vu qu'il y a toujours du &lt;a href=&quot;http://icanhascheezburger.files.wordpress.com/2007/07/i-is-workin-wat-u-want.jpg&quot;&gt;boulot&lt;/a&gt;, continuez! &lt;strong&gt;(&quot; ,&amp;nbsp; )&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Au menu musical de ce chapitre, intitulé &quot;&lt;strong&gt;Collision&lt;/strong&gt;&quot;, vous retrouverez deux des meilleurs groupe de rock de tous les temps : &lt;a href=&quot;http://www.badreligion.com&quot;&gt;Bad religion&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.totalnirvana.net/&quot;&gt;Nirvana&lt;/a&gt;. Rien que ça! Bientôt, je mettrai en ligne mes propres compositions (rires) pour illustrer l'histoire de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;. En attendant, bonne lecture, et à bientôt dans les commentaires!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;          &lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.adfreeblog.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; &lt;img src=&quot;http://www.adfreeblog.org/adfreebutton.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;...et je m'en vante!&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;;o)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img title=&quot;L.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/L.png&quot; /&gt;uis
sursauta en entendant résonner le bruit d'une cloche. En un éclair,
il se rappela où il était et se redressa dans son lit. Décidément,
la cloche au réveil, il n'arrivait pas à s'y faire. Par la fenêtre,
les premiers rayons du Soleil commençaient à éclairer le ciel. Il
bâilla et descendit paresseusement du lit. Il se remémora sa
dernière journée en enfilant ses vêtements. La perspective d'aller
vers les autres le motivait un peu moins chaque jour. Il souffla, et
regarda autour de lui, en attendant quelques minutes que le brouhaha
cesse dans le&amp;nbsp;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;couloir.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Autant
l'austérité de la chambre le rendait mal à
l'aise, autant il appréciait cet espace intime privé.
Quand on lui avait annoncé qu'il allait vivre dans un
orphelinat, il s'était imaginé un grand dortoir comme
au début du vingtième siècle. En réalité,
la seule différence pour l'instant était la présence
d'une salle de télévision et de chambres individuelles.
Il se décida malgré tout à sortir. Un garçon
aux cheveux mouillés lui passa devant le nez sans le remarquer
et descendit les escaliers en colimaçon qui reliait les
chambres des garçons au rez-de-chaussée. Luis suivit la
direction opposée, et dépassa les portes des chambres
déjà toutes vides de ses camarades, et ouvrit la porte
au bout du couloir qui donnait sur la salle de bain commune.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Rassuré
d'avoir suffisamment attendu avant de pouvoir se laver en paix, il se
dirigea vers un des lavabos rectangulaires qui devait avoir été
blanc à une autre époque. A côté du grand
miroir le surplombant, Luis remarqua une série de petits
crochets blancs où étaient suspendus des brosses à
dents, chacune étiquetée au nom de son propriétaire.
Il saisit celle qui n'avait pas de nom - il n'y avait toujours pas
inscrit le sien - et entama sa toilette. Il choisit une des cabines
derrière les lavabos et se doucha. Une fois propre et habillé,
il parcourut le couloir en sens inverse et descendit les escaliers de
pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Arrivé
presque en bas, il s'arrêta alors qu'une jeune fille brune
arrivait de l'autre escalier en colimaçon qui donnait sur les
chambres des filles. Aussi surprise que lui, la jeune fille ouvrit la
bouche pour dire quelque chose, sembla réfléchir un
instant et lâcha un furtif &quot;Bonjour&quot;. Puis, sans même
attendre de réponse, elle descendit dans la grande pièce
où étaient disposées des tables et rejoignit un
banc où était assis un petit groupe de filles, dont
Élodie. Un peu décontenancé, Luis toisa la salle
d'un regard. Le directeur, Loublin et une belle jeune femme noire
mangeaient devant une vieille cheminée.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
cherchait vainement des yeux une table où il n'y avait
personne, mais n'en trouvant aucune, il resta sur la dernière
marche de l'escalier. Se sentant parfaitement nigaud, il entreprit de
s'intéresser aux vieux tableaux sur les murs blancs tandis
qu'il sentait les regards se poser sur lui.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Luis! Descends donc, le petit déjeuner est servi, lui dit la
jolie jeune femme, qui se levait pour le rejoindre. Sentant ses joues
rougir, il préféra descendre lui-même les marches
pour éviter d'être l'objet des regards, mais elle le
rejoignit et lui prit la main.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bonjour, Luis, je suis Fatou, se présenta la jeune femme en
souriant. Je suis l'assistante de la directrice. Sois le bienvenu
parmi nous. Tiens, regarde, il y a une place pour toi ici à
cette table. Félix, Élian, poussez vous un peu! Voilà,
sers toi, Luis. Je vous laisse faire connaissance. Et bon appétit!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
lui répondit par un sourire maladroit, et elle lui fit un clin
d'œil avant d'aller se rasseoir auprès des Mercier. Du coin
de l'œil, il vit le directeur dire quelque chose à propos du
retard de Luis, et Fatou perdre le sourire et marmonner quelque
chose. Il reporta son  attention sur la table, et réalisa que
les trois garçons qui y mangeaient avaient arrêté
de parlé et le regardaient bizarrement. Luis aurait voulu
disparaître dans un trou. Il remarqua une tranche de pain
campagnard sur la table et s'en saisit pour y tartiner mollement du
fromage de chèvre, espérant se rendre inintéressant.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Le
garçon à sa gauche continuait à le fixer. Agacé,
Luis ouvrit grand les yeux et  tourna lentement la tête dans sa
direction. Gagné : l'autre détourna son regard et le
plongea dans son bol avec une tranche de pain.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
C'est bon aussi, avec du miel, dit le jeune garçon en face de
lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
le regarda, surpris, se demandant s'il plaisantait ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ta tartine, reprit l'autre. Le miel, ça va bien avec le
fromage de chèvre. Tu sais, tu peux aussi nous parler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Pris
de court, Luis réfléchit à toute vitesse pour
trouver quelque chose à dire - n'importe quoi. Soudain, une
voix féminine résonna depuis l'escalier :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bonjour, les enfants, regardez un peu qui est de retour!, dit Madame
Mercier, le bras de son fils posé sur son épaule.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Eh ouais, les nazes, c'est moi... Je vous ai manqué, pas vrai?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Gildas!, s'exclama son père.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Tout
le monde semblait surpris de voir ce Gildas, y compris Luis. Il était
curieux de voir celui dont il avait entendu parler. Il vit Élodie
se retourner vers sa camarade et chuchoter. Les garçons à
sa table échangèrent des regards sans joie, et un
garçon aux cheveux roux assis un peu plus loin se leva, tout
sourire et ouvrit les bras dans sa direction.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Gigi! Pas trop tôt! Ça y est, les affaires reprennent!,
dit le jeune, enthousiaste. A treize heures, on peut enfin rejouer!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Pas de foot pour mon fils avant deux semaines au moins, le reprit le
directeur. Abby-Gaëlle, pourquoi l'as-tu ramené?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais parce qu'il le faut, Simon, et tu le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Arrêtez de vous disputer devant tout le monde, grogna Gildas.
Après, ils vont parler de vous. Alors qu'aujourd'hui, c'est
moi la vedette, ajouta-t-il avec un demi-sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Les
Mercier se renfrognèrent un peu mais ne relevèrent pas.
La mère de Gildas l'aida à s'asseoir malgré ses
réticences, mais il ne perdit pas une seconde pour se servir
abondamment. Les discussions reprirent peu à peu, désormais
toutes à propos de Gildas. Ce dernier avait de toute évidence
beaucoup plus d'assurance que Luis en société, et
répondait fièrement à toutes les questions qu'on
lui posait. Il savourait avec appétit toute l'attention qu'on
lui portait, et semblait même l'apprécier davantage que
son petit déjeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Bien
qu'agacé par tout ce petit remue-ménage alors qu'il
aurait tout donné il y a quelques instants pour échapper
à l'attention générale, Luis ne put s'empêcher
de tendre l'oreille pour saisir au passage des bribes de son
aventure. Même à la table de Monsieur Mercier, tout le
monde se taisait et écoutait attentivement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, oui, oui, messieurs dames, j'ai survécu à une
chute terrible dans les crevasses de la forêt. Et me revoici,
droit comme un I, et fort comme un turc.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Eh, Gildas, qu'est-ce qui s'est passé exactement?, demanda le
rouquin. Toi et Géraud avez glissé, c'est ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	La
mine de Gildas s'assombrit à la mention du prénom de
Géraud, mais il répondit, en jetant un coup d'œil à
sa mère.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est ce qu'on vous a dit? Eh
bien... Je vais tout vous raconter. Loublin et ma mère étaient
un peu plus loin, sur la route habituelle. Je m'étais éloigné
pour monter en haut d'un rocher surélevé. Pour admirer
un peu la vue. En fait, la crevasse se trouvait juste au pied de ce
gros rocher.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et c'est là que tu es
tombé?, demanda une jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu plaisantes, j'espère?
J'ai le sens de l'équilibre, moi... Mais pas l'autre abruti.
Quand il m'a vu, il a voulu faire son malin en sautant à son
tour, pour montrer qu'il était aussi agile que moi. Alors j'ai
essayé de le prévenir : &quot;Attention, Géraud!
Tu vas te faire mal, à sauter de partout&quot;. Mais
évidemment, il ne m'a pas écouté, il a fait le
cabri pendant quelques bonds avant évidemment de se rater et
de glisser. Il s'est rattrapé de justesse au rebord de la
crevasse, alors je suis allé l'aider, en appelant à
l'aide. Je lui ai pris la main, et j'ai essayé de le tirer,
mais il n'arrêtait pas de se plaindre, comme quoi c'était
trop dur, et tout. Alors, j'ai tiré plus fort, parce qu'il ne
voulait pas y mettre du sien. Mais avec le Soleil, nos mains
transpiraient, et commençaient à glisser.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, ben merde, alors!, lâcha
le garçon assis devant Luis, tandis que Gildas gonflait son
torse de fierté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh oui, Medhi. Je n'ai pas
cherché à réfléchir plus longtemps : je
me suis redressé, en levant un pied de l'autre côté
de la crevasse, qui était surélevée, en prenant
le risque de glisser aussi, parce que la roche était poreuse.
J'ai essayé de lui prendre l'avant-bras, mais il était
si lourd...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis vit Mercier replonger son
attention et son croissant dans son café.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et tu l'as lâché?,
demanda Élodie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien sûr que non!,
s'énerva Gildas. J'ai... Enfin, oui, mais bon, pas tout de
suite, évidemment... J'ai tenu le plus longtemps possible...
Mais le Soleil, et ensuite les crampes ont commencé à
me brûler. Il m'a dit de le lâcher, mais j'ai refusé,
même s'il faut avouer qu'il s'était mis tout seul dans
ce pétrin. Et là, eh bien... J'ai eu comme un
vertige... La chaleur, sans doute. Alors ma cheville s'est tordue, et
je suis tombé. Je lui tenais toujours la main, mais c'était
trop tard... J'ai senti mon corps rebondir contre la paroi plusieurs
fois, et j'ai perdu connaissance. Je crois qu'il s'en est mieux sorti
que moi, parce qu'il est resté conscient, d'après ce
que ma dit ma mère. Elle et Loublin nous ont extirpé de
là, mais elle a bien compris à son air coupable que
tout ça ne se serait jamais produit si Géraud n'avait
pas voulu faire son malin. Mon sang était partout, m'a dit
Loublin, et je suis sûr qu'il est toujours en train de sécher
contre les parois de cette crevasse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Beurk, commenta une fille à
côté d'Élodie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai rien compris... Pourquoi
il est tombé?, demandait un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- La vache!, siffla Manu,
impressionné.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas but d'une traite un grand
verre de jus d'orange, savourant le petit effet sur son auditoire
silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Un vrai héros, commenta
Loublin en ayant l'air de lire la notice d'un réfrigérateur.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci, Loublin, fit Gildas sans
le regarder. Mais vous auriez tous fait pareil, je pense. Enfin
presque tous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mon fils a survécu a une
terrible chute dans la crevasse, reprit flegmatiquement Simon
Mercier, ainsi qu'à une perte de sang conséquente suite
à la perforation de son cou par de petites stalactites.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Stalagmites, corrigea Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ben merde alors!, lâcha
un des orphelins. Fais-voir ça, Gildas!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Peu importe, reprit Mercier. Il
a reçu des soins que ma femme estime suffisants et de nouveau
prêt à reprendre les cours. Mais pas de sport. Le cas de
Géraud est un peu plus sérieux, mais je suis confiant.
A présent, bien que vous ayez tous compris que Géraud
n'était pas étranger à l'origine de cet
accident, je vous demanderais de ne pas le chahuter à son
retour. Gildas, ça vaut aussi pour toi. J'attends donc que tu
montres l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, c'est vrai, poursuivit
Gildas. Même si Géraud est en fin de compte l'unique
responsable. Mais je lui pardonne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est bien, mon fils, dit
Madame Mercier. A présent terminez votre petit déjeuner.
La classe va commencer dans dix minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Alors que les jeunes de
l'orphelinat retrouvaient leurs bureaux, Gildas inventait aux curieux
les détails de son récit, notamment sur le fait qu'il
ait insisté pour revenir en cours le plus tôt possible.
Il fallait absolument qu'il donne le change pour tirer le maximum de
bénéfices de cet accident. Puis qu'il ne pouvait même
pas dire la vérité, autant qu'il en invente une qui
compense au maximum le préjudice qu'il avait subi. Ses parents
l'obligeaient à ne parler de la morsure à quiconque,
même pas à Manu, ce qui le faisait se sentir un peu plus
seul une fois de plus. Il en voulait à ses parents pour ça,
ainsi que pour avoir choisi de garder Géraud,et de le protéger
par des mensonges. Il avait de moins en moins envie de jouer le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dis, tu es sûr qu'il y a
pas moyen de venir faire une petite partie, tout à l'heure?,
l'interrogea son ami aux cheveux roux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- On verra, Manu. Dis-moi,
qu'est-ce qu'il y a de nouveau, ici? J'ai entendu parler d'un nouvel
arrivant...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, un mec avec un nom
d'Espagnol. Il est encore moins bavard que Géraud. En fait, on
l'a pas entendu depuis qu'il est arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il est où?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- La table à côté
de la fenêtre. Son nom, c'est Luis. Enfin, c'est ce que nous
ont dit tes parents, puisqu'il ne dit rien. Ta mère nous a dit
qu'il avait quitté sa dernière famille d'accueil
récemment.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Elle t'a dit pourquoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu connais tes parents... Je
veux dire..., bredouilla Manu en voyant son ami froncer les sourcils,
elle ne va pas nous dévoiler toute sa vie... Et lui, je sais
pas si c'est parce qu'il est super méfiant, mais en tout cas,
il ne parle pas du tout. A mon avis, il est un peu con. Je sais même
pas s'il comprend le français.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh ben, on va bien voir, dit
Gildas, en s'approchant du jeune homme, qui s'était assis et
observait la cour par la fenêtre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Salut. On se connaît pas,
je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Le jeune homme le regarda, sembla
s'apprêter à répondre, mais les mots moururent
sur ses lèvres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je suis Gildas. Je ne t'avais
pas remarqué, au petit déjeuner. On peut dire que tu
sais rester discret.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis esquissa un petit sourire
gêné. Gildas sentait que les élèves
commençaient à le regarder, pour voir s'il réussirait
mieux qu'eux à extirper quelque chose du nouveau pensionnaire.
Il fallait qu'il réagisse rapidement et qu'il s'impose pour ne
pas se laisser ridiculiser en public. D'ailleurs, peut-être
même que cet abruti qui le dévisageait bêtement
savait parfaitement ce qu'il faisait, et qu'il essayait de l'humilier
en l'ignorant pour mieux lui piquer sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu-par-les-fran-çais?,
articula exagérément Gildas, en se penchant vers Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Laisse!, intervint Élodie,
qui était assise devant Luis et s'était retournée.
Ce monsieur ne se mêle pas avec les individus de notre espèce.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je crois bien que tu as raison,
sourit Gildas. Regarde un peu comment il rougit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il est bizarre mais il est pas
dangereux, ajouta Élodie. Laisse-le tranquille...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu devrais quand même
éviter de lui chercher des noises, risqua Manu. Si ça
se trouve, il sait se battre, lui aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Toi, quand j'aurai besoin de
toi, je te sonnerai, répliqua sèchement Gildas, furieux
de réaliser qu'il avait peut-être raison.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Gildas, tais-toi et
assieds-toi, dit la directrice, en entrant dans la salle de classe.
Émmanuel, toi aussi. Élodie, retourne-toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'étais seulement en
train de lui dire de ne pas embêter le nouveau, maman!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Gildas, ne me fais pas répéter.
Tu ouvriras le bec quand tu auras des choses intéressantes à
dire à la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oh, mais peut-être que j'ai des choses &lt;em&gt;très
intéressantes&lt;/em&gt; à raconter, à la classe...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas s'assit en savourant la
figure déconfite qu'arbora sa mère l'espace d'une
seconde. Il attendit la réplique cinglante et la punition qui
suivrait. Il fut à moitié déçu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tes histoires de bravoure
gonflées comme ton égo n'intéressent que toi.
Ouvrez votre manuel de catéchisme à la page deux cent
vingt-trois. Un volontaire pour lire? Luis, par exemple? Il serait
temps qu'on commence à entendre ta voix?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas tourna comme les autres la
tête, mais il décida de s'amuser un peu en lui arborant
un sourire de toutes dents. Luis rougit un peu plus, ouvrit son
bureau avec précipitation et y prit son livre, qu'il ouvrit
maladroitement. Il respirait un peu bruyamment, et ses yeux paniqués
parcouraient la page sans comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
&lt;em&gt;Deux&lt;/em&gt;-cent vingt-trois, lui chuchota Élodie, qui s'était
à nouveau retournée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas ricana subrepticement.
Luis tourna quelques pages, et son regard s'éclaira en
trouvant la page. Puis, semblant se souvenir qu'on attendait de lui
qu'il lise à voix haute, il reprit sa concentration et sa voix
faible sortit de ses lèvres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si.. Si l'Esprit de...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Plus &lt;em&gt;fort&lt;/em&gt;!, martela Madame Mercier, en tapant violemment sur
son bureau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si... (Luis prit une
inspiration). Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus
d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité
Jésus-Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à
vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, mais quelle jolie voix, lui
murmura Gildas, doucereux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon, ça suffit! Gildas!
Tu sors!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- A vos ordres, chef!, gloussa le
jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
&lt;em&gt;Dehors!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin revenait de la cave
lorsqu'il croisa le directeur. Ce dernier lui indiqua qu'il y avait
une ampoule défectueuse dans le couloir du deuxième
étage de l'aile est. Loublin récupéra une
ampoule neuve dans son atelier, et se rendit à nouveau dans
l'orphelinat. Il changea rapidement l'ampoule, et alors qu'il
s'apprêtait à redescendre, il entendit quelque chose
tomber au-dessus de lui. Sur le parquet du grenier. Sachant Monsieur
Mercier dans son bureau en bas, Loublin fila vers la porte menant
sous le toit, et ouvrir la porte à la volée. Géraud
était allongé sur le sol, sous le vasistas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Aaah..., gémit le
garçon.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud? Qu'est-ce qui
t'est arrivé?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Rien... Je suis tombé,
c'est tout... Merde, je crois que je me suis coupé en glissant
du bord du coffre, grommela-t-il, en portant à sa bouche son
avant-bras d'où coulait une petite perle rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Géraud, &lt;em&gt;non!,&lt;/em&gt; cria Loublin, les yeux exorbités,
se jetant en avant pour interrompre son geste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça va, c'est pas
profond, ça saigne juste un peu, le rassura-t-il en aspirant
son propre sang. C'est amer, ce goût...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne..., s'interrompit
l'assistant du directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi
vous me regardez comme ça? Ça va, je vous dis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu... Tu te sens bien? Tu n'as
pas la tête qui tourne ou... autre chose?, l'interrogea Loublin
tout en restant en arrière, l'air ahuri.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non... Enfin si, c'est pour ça
que je suis tombé... J'étais monté sur le coffre
pour regarder un peu dans la cour. Pourquoi je dois rester bloqué
ici?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu ne te sens pas un peu
étrange, là, maintenant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais non, je vous dis!, s'agaça le jeune homme. Pourquoi vous
me demandez tout le temps si ça va? J'ai mal aux gencives, si
vous voulez tout savoir. Et &lt;em&gt;ça&lt;/em&gt;, ça me lance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin resta un instant muet, et
se reprit soudain, avançant pour aider Géraud à
se relever, en époussetant la poussière sur ses
vêtements. Peut-être que son propre sang ne déclenchait
rien chez Géraud, et qu'il n'y avait pas de raison de
s'alarmer. Ça se tenait, comme logique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu ne devrais pas monter
là-dessus dans ton état, se radoucit-il. Tu es encore
faible, c'est pour ça que je me suis inquiété.
Viens t'assoir sur le lit, plutôt. Fais-moi voir ton bras? Bon,
ta blessure est superficielle, elle va vite arrêter de saigner,
tiens, prends ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin tendit à Géraud
un mouchoir de tissu blanc, où était brodé en
rouge le prénom &quot;Régis&quot;.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je t'en prie Géraud,
répondit Loublin, en surprenant le regard du jeune homme sur
la porte ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu n'es pas encore prêt à
sortir, mon garçon. Mais ça viendra, ne t'en fais pas.
Tu étais en train de me dire que tu avais mal aux gencives.
Comment est-ce que tu t'accommodes de tes nouvelles dents?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça va... En ne mangeant
que de la purée, de la soupe et des yaourts je n'ai pas trop à
m'en servir. Par contre, la digestion, c'est autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu penses pouvoir passer à
des aliments plus solides? N'hésite pas à leur dire...
Tu aimerais quoi? Un bon steak? Des lentilles et du boudin?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je crois que j'aimerais bien
une bonne quiche... J'en ai rêvé, cette nuit, je crois
que c'est mon plat préféré. Ça fait
bizarre de se dire ça, alors que je ne me souviens même
pas de la dernière fois que j'en ai mangé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et de quoi d'autre est-ce que
tu rêves?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, je ne sais plus... Mes
rêves sont aussi vides que ma vie dans ce grenier... C'est
horrible, vous pouvez pas savoir... Je crois que ça me
déprimerait, si je n'étais pas si fatigué.
Heureusement, je le suis de moins en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu as du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'imagine, soupira Géraud.
C'est pour noyer l'ennui et la douleur que je regarde dehors. Ne le
répétez pas au directeur, s'il vous plaît, je
crois qu'il n'aimerait pas savoir ça. Honnêtement, il me
fait un peu peur...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu peux me tutoyer, je t'ai
dit.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si vous voul... Si tu veux,
Régis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Éric, sourit Loublin. Mon prénom, c'est Éric.
Régis n'était que la personne à qui appartenait
ce mouchoir. Mais laisse tomber Éric aussi, de toutes façons
tout le monde m'a toujours appelé Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça va être
difficile de tutoyer quelqu'un qui veut qu'on l'appelle par son nom
de famille. Je crois que je vais continuer à vous vouvoyer, si
ça vous va.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien sûr, comme tu veux,
Géraud, ça n'est pas un problème.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci... S'il n'y avait que
ça...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, je me doute bien
que ça doit être pesant, de rester tout le temps ici. De
ne rien savoir sur rien, de se sentir si faible, d'avoir à
subir ces piqûres... J'aimerais t'aider, mais pour l'instant
c'est impossible, pas tant qu'il n'est pas assuré que tu es...
disons sortable.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais je le suis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si tu continues à avoir
des vertiges, avec tous les escaliers que tu as à descendre et
à monter, ça va être compliqué. Enfin...
Tu n'en as jamais fait qu'à ta tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est vrai?, sourit le garçon.
Parlez-moi un peu de moi, Loublin...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ta vie ici se résume à
peu près à ce que tu sais déjà d'elle.
Toi et les autres ne sortez que rarement de ces murs, alors à
part les autres jeunes et le bâtiment, tu n'as pas grand chose
à découvrir. Ici, ta vie, c'est un peu toujours la même
chose.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je m'en doutais un peu... Mais
je suis frustré.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça veut dire que tu
commences à retrouver la mémoire, lui dit Loublin avec
un clin d'œil.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Super... Je dois en déduire
qu'il vaut mieux que je ne me souvienne pas de ma vie d'avant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- A peu de choses près, tu
n'y trouverais rien d'intéressant, lui répondit Loublin
en regardant la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous devez partir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne dois pas rester, surtout.
Le directeur ne veut pas que je reste trop à côté
de toi. Il croit que je vais t'inciter à faire le mur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et c'est vrai?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je veux que tu sortes au bon
moment, Géraud, et pas avant, lui expliqua sérieusement
Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous pouvez aller lui parler?
Et lui dire que j'ai vraiment besoin de sortir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin secoua la tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il ne se laissera pas
convaincre par des mots. Eh, regarde, tu ne saignes déjà
plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci, pour le mouchoir,
Loublin, tenez. Mais encore une fois, s'il vous plaît, vous
êtes mon seul ami, ici... Il n'y a pas moyen de faire quelque
chose?&lt;/p&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Il en est hors de question, Loublin, et vous le savez très
bien, le sermonna le directeur de l'orphelinat. Vous savez que tant
que je n'ai pas eu de preuves &lt;em&gt;scientifiques&lt;/em&gt; de sa guérison
totale, il restera bouclé au grenier. Dites-moi, d'ailleurs...
Je peux savoir pourquoi vous abordez le sujet? Vous êtes allé
le voir, c'est ça?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, Monsieur. J'avais réparé
l'ampoule à l'étage que vous m'aviez demandé de
changer, et j'ai entendu... j'ai entendu la clochette. Il avait faim,
et je lui ai donné un croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Sans venir me le dire? Je ne
vous ai pas vu aller à la cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Voyons, Monsieur, je n'allais
pas vous avertir que Géraud voulait manger un croissant... Et
j'en avais un de ce matin sur moi, alors je n'ai pas eu à
descendre. Pourquoi éludez-vous la question? Il dit avoir
besoin de sortir!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pas tant que je serai sûr
à cent pour cent qu'il est inoffensif, je vous l'ai dit. Alors
cessez de prendre sa défense. Dois-je vous rappeler qu'il y a
toujours un risque pour qu'il... fasse ses... monstruosités?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vous l'accorde Monsieur,
mais si vous le laissez moisir dans son grenier ad vitam eternam, il
va devenir un monstre pour de vrai. L'arrachage de ses canines,
l'effacement de sa mémoire et les injections à
répétitions de jais luminique doivent l'avoir rendu
aussi humain que vous et moi. C'est écrit dans les manuels que
j'utilise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ces manuels
pseudo-scientifiques blasphématoires, bien qu'ils aient fait
leurs preuves de temps à autre ne m'assurent aucune réussite
concrète, reconnaissez-le. Lui avez-vous bien injecté
des doses de jais luminique? Le manuel prétendait que c'était
rarissime, comment vous en êtes-vous procuré?.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Les injections lui on bien été
administrées, Monsieur, mentit Loublin. C'est en effet
rarissime, mais j'ai réussi à en synthétiser
grâce à la lueur du Soleil à midi à
travers un miroir sans tain, où j'ai distillé des
particu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tout ce charabia ne m'intéresse
pas, vous lui avez injecté, oui ou non?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, Monsieur. Je lui ai
injecté le sérum, répondit Loublin un brin vexé
par ce manque d'intérêt pour un travail considérable
qu'il aurait potentiellement pu faire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien, j'ai noté dans mon
agenda qu'il s'agit demain du dernier jour où il faudra
l'injecter, toujours selon vos calculs. Je tiens à être
présent. Puis nous effectuerons enfin un dernier test pour
s'assurer qu'il est tout à fait guéri. Vous avez autre
chose à ajouter?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui. Comptez-vous dire au
nouveau pensionnaire qu'il est le bienvenu?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Luis? Où voulez-vous en
venir je ne comprends rien à ce que vous dites?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vous dis simplement qu'il ne
s'agit pas d'une nouvelle poule dans la basse-cour, Monsieur, se
risqua Loublin, au risque de vexer l'irascible directeur. Luis a
l'air d'être un garçon réservé et
profondément touché par ce qu'il a vécu. Lui
donner une chambre et le jeter au milieu des autres jeunes de
l'orphelinat ne suffira pas. La seule chose que je vous ai entendu
lui dire, c'est les règles des lieux. Je sais que vous êtes
inquiet pour votre fils, mais il est suffisamment fort, et Luis a
l'air d'avoir davantage besoin de soutien. Peut-être pourriez
vous l'aider à se sentir intégré?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous voulez dire, comme Fatou,
ce matin?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Comme Fatou ce matin, répéta
l'assistant du directeur. Essayez d'assurer le service après-vente,
en quelque sorte. Le présenter officiellement aux autres,
organiser un jeu collectif...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, je vous laisse vous occuper
de ça, conclut Simon Mercier en balayant la conversation d'un
geste de la main. J'ai assez de travail comme ça avec la
paperasse à envoyer au Ministère de l'Intérieur.
Et ne me regardez pas avec ces yeux là, Loublin, vous savez
que mon travail est au moins aussi important pour Luis que vos idées
de jeux collectifs, sinon plus. Et ne me regardez pas avec ces
yeux-là, vous le savez très bien.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je suppose. A plus tard,
Monsieur, fit l'assistant, en tournant les talons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Loublin?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'a-t-il dit d'autre?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qui ça, Géraud?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais oui, évidement!
Qu'a-t-il dit?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin se remémora Géraud
tombé au sol et léchant sa blessure. Il sourit à
moitié.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il dit qu'il a mal aux dents.&lt;/p&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=668406&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=668406&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Le coup l'atteignit en pleine
bouche. Luis était sonné par l'impact, et sentait la
chaleur lui monter au visage.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh ben alors, le nouveau, on
sait pas attraper une balle, de là où tu viens?, ricana
Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, pourtant je l'ai envoyée
droit sur toi, renchérit Gildas, hilare. J'espère que
ça ne t'empêchera pas d'articuler et de nous faire part
de tes connaissances...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
C'était la pause. Luis
avait essayé de se tenir à carreau aussi longtemps
possible jusqu'à la fin du cours, où Madame Mercier
l'avait mitraillé de questions sur la Bible, aussi motivée
par l'envie de le piéger que fascinée par sa maîtrise
du sujet. Manu s'était amusé à feindre son
admiration pour le déstabiliser, mais il avait tenu bon. A la
fin du cours, Luis avait rasé les murs pour se poser au coin
d'un arbre, au pied de l'aile ouest de l'orphelinat. Mais Gildas, qui
était resté dehors, n'avait pu retenir longtemps sa
jubilation avant de venir le narguer à nouveau. Avec Manu, il
avait commencé à jouer au foot suffisamment près
de lui pour le toucher &quot;accidentellement&quot;. Et à
présent, il riait bêtement, fier de sa stupidité.
Luis caressa ses lèvres en feu et observa machinalement ses
doigts, qui étaient couverts d'un sang bien rouge. Il blêmit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, ben alors, je t'ai fait
mal?, lui demanda onctueusement Gildas, en s'approchant de lui. Tu
sais, reprit-il en posant la main sur son épaule, quand on a
la peau un peu mate, ça se voit vite, qu'on est blanc de
trouille.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne t'approche pas de moi,
grogna Luis, en dégageant violemment son épaule tout en
vacillant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, mais faut pas le prendre
comme ça! Je suis désolé... Fais-moi voir cette
vilaine blessure, dit Gildas en essayant de prendre Luis par le
menton.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais, &lt;em&gt;lâche-moi!&lt;/em&gt;, le repoussa le jeune homme, en criant
suffisamment fort pour attirer l'attention et espérant voir le
fils du directeur s'éloigner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dis donc, on ne me parle pas
comme ça, toi, t'as compris?, répliqua Gildas en
haussant le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, vas-y, Gigi, te laisse
pas faire par cette mauviette. Fais-lui voir!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Attendez!, paniqua soudain
Luis, en tendant les mains pour se protéger. On peut régler
ça sans effusion... sans effusion de violence. C'est quoi, au
juste, votre problème?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
La réponse s'abattit dans
le ventre de Luis, et une seconde suivit dans les côtes. Le
garçon se tordit, le souffle coupé. Il s'éloigna
de quelques pas en posant une main sur son ventre brûlant et
une autre contre le tronc d'arbre. Puis, du coin de l'œil, il eut le
temps de voir Manu s'approcher à son tour, et protégea
son crâne par réflexe, mais le coup l'atteint par
en-dessous, droit dans la mâchoire. Luis sentit sa bouche le
brûler, et ne put retenir un filet de bave. Il perdit
l'équilibre et se retrouva sur les graviers. Il laissa son
front se poser contre le sol pour que cesse le tournis qui
l'envahissait. Il cracha par terre un mollard rougeâtre. A
cette vue, les yeux de Luis s'écarquillèrent et pris de
panique, il releva ses yeux embués vers ses agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne me touchez plus...!
Arrêtez..., les supplia Luis. Eloignez-vous de moi!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ah, t'aimerais bien, hein?,
ricana Gildas, en empoignant sa victime par le col, sous le regard de
son complice qui sembla réprimer un mouvement pour le retenir.
Tu crois pouvoir débarquer ici et faire ta loi en jouant les
chouchous de la prof? Ben ça marche pas, ça, ici. Ici,
le chef, c'est moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Et il lui asséna un coup
de pied dans l'arrière-train. Luis, cloué au sol,
essayait de retrouver son souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais &lt;em&gt;non&lt;/em&gt;, bordel! C'est... C'est pas ce que j'essaye de vous
dire...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
On n'est pas là pour causer, on est là pour les coups!
Et je crois pas en avoir ass...&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;s'interrompit&lt;/span&gt;
Gildas, en s'écroulant par terre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Quoi! Qu'est-ce...?, commença
Manu, avant d'être surpris à son tour d'un crochet dans
les gencives.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis, toujours contorsionné
par la peur et la douleur, leva les yeux. Le nouvel arrivant le
fixait avec curiosité. Soudain, Luis reconnut le garçon
qu'il avait croisé la toute première fois qu'il était
venu à l'orphelinat, et dont l'arrivée avait interrompu
son entretien avec le directeur.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Leurs regards se croisèrent.
Le garçon ne semblait pas le reconnaître. Luis
reconnaissait ses cheveux foncés et son teint pâle, et
ses grands yeux marrons. Mais il y avait quelque chose dans ce regard
étrange et intense. Derrière les iris, Luis crut
apercevoir une sorte de lueur rouge, mais c'était certainement
le choc qui perturbait sa vue.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
De son côté, l'autre
garçon semblait lui aussi subjugué par Luis. Ses
narines s'ouvraient et se refermaient vite tandis qu'il l'observait
sans mot. Luis frotta sa bouche endolorie, oubliant un instant qu'il
saignait, se demandant quoi faire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
-M... Merci...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Le garçon ne lui répondit
pas. Il continuait de le fixer intensément. Luis se sentait
comme happé par son regard, dans lequel il semblait se passer
quelque chose d'inexplicable. Luis commença à se sentir
de plus en plus mal à l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud..., susurra
lentement Gildas, se redressant maladroitement, mais l'autre
l'ignorait. Nom de dieu... mais qu'est-ce que tu fous là?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis put sentit la haine animer
sa voix, mais aussi la terreur. Il comprit que devant eux, se tenait
le jeune homme qui était gardé en convalescence dans le
grenier de l'orphelinat. Peut-être l'avait peut-être vu
se faire tabasser de sa fenêtre, en face? Si oui, pourquoi
était-il venu à son aide? Il n'en revenait pas de la
vitesse avec laquelle il était intervenu, mais il en fut
reconnaissant. Dans son coin, Manu gémissait pitoyablement, se
massant la bouche et frottant ses yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Comme s'il semblait se rendre
compte que quelqu'un lui adressait la parole, Géraud tourna la
tête vers le fils du directeur. Tous attendirent qu'il parle,
mais il resta muet. Gildas brisa le silence, en essayant de se
relever.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Putain, regarde-toi, espèce
de malade. Je rêve ou tu m'as frappé? Depuis quand tu te
bats, petit con? Réponds-moi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Mais Géraud ne répondait
toujours pas, et Luis comprit que Gildas cachait sa peur par des
provocations. Il s'y prenait si mal que ça en devenait
évident. Et pathétique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- La vache, ce que t'es blanc...
Ca s'est vraiment pas arrangé, hein? Là, t'as vraiment
une sale gueule de taré, encore pire qu'avant... T'aurais
mieux fait de rester dans le coma.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Toi, je sais pas qui t'es,
répondit Géraud d'une voix neutre. Mais j'aime pas ta
gueule. Si tu tiens à te battre, fais-le comme un homme. A un
contre un.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ah, parce que tu te prends pour un &lt;em&gt;homme&lt;/em&gt;?, persifla Gildas.
non, mais laisse-moi rire! Regarde un peu ta gueule, Géraud...
Tu ressembles à rien! Retourne te cacher!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Visiblement peu imaginatif en
matière de répartie, Géraud lui envoya un
fulgurant crochet droit. Sous le choc, Gildas recula de trois pas en
titubant. Puis, il se ressaisit et fonça sur son adversaire
pour tenter de lui asséner un uppercut, qui glissa
maladroitement contre sa mâchoire. Emporté dans son
élan, Gildas exposa son dos à Géraud qui saisit
aussitôt l'opportunité par un violent coup de poing dans
les reins. Avant même que le malheureux Gildas ne puisse y
répondre, Géraud le rattrapa en un éclair et
enchaîna avec un coup de genou dans le ventre qui l'envoya à
terre le souffle coupé. Luis, qui avait assisté avec
stupéfaction à la scène depuis le sol, ne put
s'empêcher de prendre plaisir à voir son agresseur ainsi
malmené à son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Soudain, et sans raison
apparente, il vit Géraud froncer les sourcils et saisir son
propre crâne entre ses mains, un peu comme s'il entendait un
bruit strident. Il se mit à cligner des yeux et respirer
bruyamment. A ses pieds le fils du directeur toussait en se tenant
les pectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Me... Me touche plus! Fous le
camp, sal...salaud!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Monsieur le directeur, à l'aide!, hurla alors une voix
paniquée. Venez vite! Oh mon dieu! &lt;em&gt;Géraud!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis reconnut Loublin,
l'assistant du directeur, qui courait dans leur direction, et tenta
de se redresser malgré la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Au secours! Il nous attaque!,
lança Manu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Loublin arriva jusqu'à eux
et s'adressa directement au seul qui était toujours debout.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Géraud, ressaisis-toi, s'il te plaît, le somma Loublin,
sans toutefois oser le toucher. Géraud, tu m'écoutes,
reprit-il plus calmement? &lt;em&gt;Géraud&lt;/em&gt;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Puis, comme sortant d'un rêve,
le jeune homme secoua la tête, et ses yeux se reposèrent
sur le sol, comme éteints. Il porta une main à sa
bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça me fait mal, là...
A mes dents...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh ben moi aussi, connard,
cracha Manu, qui tentait aussi de se remettre debout.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud, reprit doucement
Loublin en lui posant une main hésitante sur le bras, tu ne
devais pas sortir avant de... avant d'être rétabli!
Qu'est-ce qui t'a pris de t'en prendre au fils du directeur?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et merde... Alors c'est lui, ce
con?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- N'en rajoute pas! Le père
Mercier va être furieux, tu ne te rends pas compte!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud détourna son
regard, un peu embarrassé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon, reste calme, en tout
cas... Ça va, toi?, demanda Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis, qui avait plus ou moins
réussi à se relever, réalisa qu'on s'adressait à
lui et répondit d'un hochement de la tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Moi, ça va très
mal, Loublin, intervint Gildas entre deux toux, en lui lançant
un regard noir. Des fois que ça vous intéresse...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça, ça n'est pas
nouveau, Gildas. Allez, prends ma main... Ah, ça te manquait,
hein, de chercher des noises à Géraud? Il fallait que
tu te t'en prennes au nouveau?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Vous osez dire que ça m'a manqué, Loublin? Mais c'est
&lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, qui nous a attaqués! Mon père va...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, eh ben je suis là,
si je t'ai manqué, répondit sombrement Géraud,
lui coupant la parole. Fils de chien ou fils de directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Gildas lui rendit son regard le
plus noir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Alors c'est toi, Gildas, hein?,
reprit Géraud, alors qu'il était désormais face
à face avec lui. Eh bien, je te présente mes
hommages...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, ouais rigole bien... Tu
vas me payer ça, tête de con, maugréa Gildas, en
essayant de récupérer un peu de contenance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Doucement, messieurs...,
s'interposa Loublin en les retenant par l'épaule. Géraud,
ne lui réponds pas. Gildas, respire, au lieu de jouer les
provocateurs. Tu as perdu la mémoire, toi aussi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire?, le menaça
Gildas. Que je vais retomber dans une &lt;em&gt;foutue crevasse&lt;/em&gt;?
Allez-y, dites-le moi!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud!, hurla soudain
une grosse voix reconnaissable derrière eux. Non mais est-ce
que vous êtes complètement fous, ma parole?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Monsieur le directeur, je suis
content que ayez entendu mes appels!, répondit Loublin. Il y a
eu une bagarre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis ne put s'empêcher de
penser que Loublin n'était pas un surveillant très
impartial. Ceci dit, tant qu'il avait compris qui était le
véritable fauteur de trouble, ça lui allait. Mais voilà
qu'il jouait à présent les bons petits délateurs
auprès du directeur, juste pour se faire bien voir. Il fallait
peut-être se méfier de cet homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Les yeux exorbités de
Simon Mercier se posaient tour à tour sur ces trois jeunes
roués de coups autour de Géraud. Le directeur
s'approcha de ce dernier et commença à entamer la gifle
du siècle, mais il retint sa main en l'air. Il empoigna alors
le jeune homme par les épaules et le secoua comme s'il était
en hypothermie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non, mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi, Géraud?
Est-ce que tu m'écoutes? Qu'est-ce qui t'a pris de sortir de
ta chambre? Tu es en &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;qua-ran-taine&lt;/span&gt;!
Et c'est tout ce que tu trouves à faire? T'échapper
malgré l'interdiction pour venir tabasser les plus faibles?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eeeh!, protesta son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne suis plus malade,
monsieur! C'est pas ce que vous croyez... C'est votre... C'est votre
cher fiston ici qui s'est amusé avec son ami à casser
la gueule de... de ce mec!, protesta Géraud, en pointant du
doigt Luis. Il ne suffit pas d'être ici depuis longtemps pour
comprendre comment cet endroit est géré...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis admira le culot du jeune
homme, qui cette fois-ci épuisa la patience du directeur, qui
lui infligea pour toute réponse une claque monumentale - au
grand plaisir de Gildas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Celle-la, tu l'as pas volée!
Ne t'avise plus à me parler comme ça, c'est compris?
Alors, maintenant tu vas la boucler, et tu vas me suivre illico! On
va régler quelques petites choses là-haut, toi et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Le sourire de son fils s'évanouit
dans un sursaut.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Gildas! Emmanuel! Dans mon
bureau! Quelque chose me dit que vous n'êtes pas pour rien
là-dedans...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis, qui s'était
rapproché, posa une main sur l'épaule de Géraud,
dont la rage montante sembla s'évanouir à ce contact.
Il essaya de lui dessiner un sourire de gratitude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Loublin!, aboyait à
nouveau le directeur. Appelez ma femme, qu'elle s'occupe d'eux! Et
venez immédiatement me rejoindre au grenier! Et bougez-vous,
bon sang! Vous connaissez votre boulot!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien, Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud hocha la tête
aux moments requis et répondit laconiquement à chaque
fois que le directeur le lui exigeait. Il n'écoutait pas
vraiment. Il se demandait ce que ça allait lui coûter,
mais il se posait davantage de questions sur la motivation de son
geste. Il n'aimait vraiment pas Gildas. C'était instinctif,
au-delà même du fait que la première fois qu'il
l'ait vu, il tabassait quelqu'un. Ce Luis ne savait manifestement pas
se défendre, et il fallait qu'il intervienne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- ...de me poser la question :
qu'est-ce qui t'es passé par la tête? Pourquoi est-ce
que tu t'es rué sur mon fils?, résonna la voix de Simon
Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Rien ne lui est passé
par la tête, répondit à sa place Loublin, en
entrant dans le grenier à ce moment-là. C'est un jeune
homme que la testostérone pousse faire des bêtises.
Comme votre fils, d'ailleurs, avec tout le respect que je vous
dois...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et n'oubliez pas le respect, en
effet. Que vous a dit ma femme?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oh, votre femme n'a pas tardé
à leur faire cracher le morceau. Bien avant que n'intervienne
Géraud, c'est bien votre fils et son complice habituel qui ont
cherché la bagarre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Comment va-t-il?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Votre fils? Il s'en remettra.
Il n'est pas trop faible, malgré le fait qu'il sorte juste de
convalescence. La preuve, la première chose qu'il fasse est de
chercher à se battre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Épargnez-moi vos
commentaires, Loublin. Et les deux autres?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Emmanuel sait mieux gérer
sa douleur, son cœur est un peu plus rapide que d'habitude. Mais
rien de dangereux, je vous rassure. Je lui ai demandé comment
il se sentait, il m'a dit avoir un peu mal à la tête,
alors votre femme lui a donné une aspirine. En fait, c'est
comme d'habitude Fatou qui s'est surtout occupée de la partie
soins. Elle sait vraiment s'y prendre, avec nos chers
pensionnaires... Quant au nouveau, Luis... Eh bien, c'est lui qui a
reçu le plus de coups, mais il ne se plaint pas. Il n'est pas
très bavard, d'après ce qu'on m'a dit. Il a simplement
insisté pour soigner lui-même ses blessures, c'est
d'ailleurs impressionnant, vu à quel point ses blessures
semblaient lui faire peur.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci bien, ça suffira.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vous en prie, Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, je tiens vraiment à
vous remercier, Loublin. Vous m'avez prévenu dès que
vous avez vu cette bagarre et avez réussi à
l'interrompre. Vous avez vu juste au sujet de mon fils, même si
cela m'agace à son sujet. Même si je n'aime pas toujours
vos manières, vous avez du flair, et vous êtes un
assistant efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien... Merci, Monsieur,
vous ne m'avez pas vraiment habitué aux flatteries...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si je ne vous y ai pas habitué,
c'est parce que j'ai douté de vous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vraiment?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui. Et puisque vous avez à
nouveau ma confiance, je tiens à faire de nouveau appel à
votre instinct.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mon... instinct, Monsieur?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tout à fait. Je veux que
vous me disiez si ce jeune homme ici est prêt à sortir
de sa quarantaine - après bien sûr avoir été
puni.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud tourna la tête
vers Loublin, qui le toisa sans sympathie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Une fois qu'il aura été
puni pour avoir désobéi, je pense en toute franchise
qu'il est prêt, monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous saisissez bien entendu
tout le sens de ma question, n'est-ce pas?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, Monsieur. Tant qu'il sait
maîtriser la fougue naturelle propre à son jeune âge,
il est prêt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien. A présent, je vais
m'assurer que cela est vrai. Je veux que vous descendiez et que vous
récupériez une des compresses d'Emmanuel ou de mon
fils. Et remontez ici aussitôt avec. Je vous attends, mais
faite vite.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Euh... Bien, Monsieur, répondit
avec peu de conviction Loublin, avant de disparaître dans les
escaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Monsieur, dit calmement Géraud.
Je ne me serais jamais permis de quitter ma chambre si la situation
ne l'avait pas exigé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Sais-tu ce que signifie le mot
quarantaine, Géraud?, l'interrompit le directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, mais j'ignore pourquoi
vous voulez me retenir éloigné des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Fais-moi confiance, je sais
prendre soin de mes pensionnaires. Tu es faible et tu aurais pu
attraper un microbe ou dieu sait quoi, dans cette crevasse, répondit
distraitement le directeur. Et le transmettre aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais pas votre fils?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, pas lui. Après une
période où nous l'avons bien ausculté et soigné
de ses nombreuses blessures, nous avons pu nous assurer qu'il pouvait
sans risque rejoindre les autres. Toi, comme tu le sais, tes
blessures et ta convalescence sont différentes. Ton cas a
nécessité... d'autres traitements.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sens que vous m'en voulez
encore, pour ça. Je ne m'en souviens pas, mais je vous assure
que je suis désolé, pour ce qui est arrivé... En
fait, j'aimerais retourner à la crevasse... Je n'arrête
pas d'y penser! Je me dis que peut-être qu'en m'y rendant et en
voyant les lieux, je retrouverai la mémoire?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je doute que cela t'aide à
retrouver ta mémoire, très franchement. Loublin t'y
amènera si tu insistes, mais ne t'attends à rien. Et ce
sera seulement quand tu seras en mesure de sortir sans présenter
aucun risque.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et quand est-ce que cette
interminable convalescence sera terminée?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dans quelques instants, après
un petit test, si tout va bien. Rien de bien méchant, mais
sache que Loublin et moi savons ce que nous faisons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Parce que honnêtement,
vous n'en donnez pas toujours l'air, osa Géraud, devant le
directeur qui bouillonnait en silence. Tout se passe uniquement entre
les murs de cette orphelinat, si je comprends bien?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, Géraud, &lt;em&gt;exactement!&lt;/em&gt;, s'emporta brutalement Mercier
en frappant d'un poing sur la commode. Maintenant assez de questions!
Je t'avertis que même si nous concluons que tu es apparemment
apte à rejoindre les autres, je te tiendrai particulièrement
à l'œil! Alors tâche de ne pas l'oublier et essaye de
te tenir à carreau. Quant à ta punition, tu devras
aider Fatou à nettoyer l'orphelinat de fond en comble, et je
te conseille de ne pas laisser une seule tâche, compris? A
partir de maintenant, tu vas essayer de te faire le plus discret
possible. Et &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;surtout&lt;/span&gt;, Géraud,
&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;em&gt;surtout&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;... laisse
mon fils tranquille, c'est clair?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Même s'il tabasse à
nouveau quelqu'un?, ironisa Géraud. C'est tellement plus
facile de punir l'orphelin que son propre fils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Le directeur rougit comme un
taureau devant un tel toupet, mais Géraud parvint à lui
tenir tête sans cligner des yeux. A vrai dire, Mercier avait
l'air ridicule avec sa grosse tête empourprée et ses
vilains petits yeux mesquins.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et voilà, Monsieur, j'ai
ce que vous m'avez demandé!, dit Loublin, qui venait de faire
son retour dans le grenier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'est-ce que c'est que ça?,
aboya le directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud le vit arracher des
mains de Loublin un mouchoir ensanglanté. Loublin lui adressa
un furtif regard, avant de s'adresser de nouveau à son
supérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est le mouchoir avec lequel
Fatou a essuyé la lèvre de votre fils, Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il est tout sec...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Évidemment, par cette
chaleur... Voulez-vous que je retourne chercher une compresse? Ça
ne me prendra qu'une minute ou deux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non! Ça ira, Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai aussi pensé qu'il
serait utile de vous amener ceci, poursuivit Loublin, en lui tendant
une seringue contenant un liquide transparent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous m'aviez dit que les
injections étaient inutiles après son réveil?
Que c'était écrit dans les vieux manuels?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais, mais on n'est jamais
trop prudent, Monsieur, assura Loublin, en jetant à nouveau un
bref coup d'œil à Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous avez entièrement
raison, Loublin. Je savais que je pouvais compter sur vous. Gardez-la
un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'est-ce que c'est?,
s'inquiéta le jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- T'occupe, lui rétorqua
Mercier. Maintenant, je veux que tu t'asseyes sur le lit, et que tu
essayes de te détendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est ça, oui... Et si
je refuse?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien, j'interviendrai
personnellement, intervint Loublin, avec une fermeté qui ne
lui était pas habituelle. Et je n'hésiterai pas à
faire appel à la force. J'en ai assez de prendre ta défense,
Géraud. Il est plus que temps d'y mettre du tien. Tu as
désobéi délibérément à
l'interdiction de sortir, qui était pourtant claire. Alors
arrête de jouer les gamins bornés, prends maintenant tes
responsabilités et accepte les conséquences de tes
actes. Comme un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud ouvrit la bouche
pour répliquer mais en vain. Il se sentait à la fois
trahi et piégé. Il dévisagea sans y croire un
Loublin aussi inexpressif qu'une statue de glace. Mercier adressa à
ce dernier un sourire appuyé, tout en retirant sa ceinture
pour serrer le bras de Géraud au-dessus du coude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Merci pour votre aide, Loublin.
Je suis ravi de voir que vous reprenez les choses en main. Bien., je
vais le maintenir pendant que vous lui ferez son injection. Je serai
prêt, si ça tourne mal. Ne vous laissez pas attendrir
par son regard, il ne cherche qu'à vous faire plier, mais vous
savez ce dont il est vraiment capable.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud se laissa faire,
complètement médusé. Loublin prit une chaise et
s'assit face à lui, tandis qu'en arrière, Mercier le
maintenait fermement par les épaules. Tandis que l'aiguille
pénétrait sa chair, il dévisagea Loublin. Ce
dernier baissait les yeux sur la seringue, certainement conscient
d'être ainsi fixé. Le jeune homme se fichait de ce qu'il
était en train de lui faire, tout ce qui comptait, c'était
que Loublin lui avait dit de lui faire confiance, et qu'il l'avait
trahi. Pourtant, la veille, Loublin lui avait fait promettre de lui
faire confiance, et il avait l'air si sincère... Géraud
s'en voulut d'avoir été aussi naïf.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Voilà, c'est fini.
Monsieur, vous pouvez le lâcher. Regardez ces yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Quoi, que voyez-vous?, demanda
Mercier, se plaçant à son tour devant le jeune homme,
qui avait à présent quatre yeux qui le dévisageaient
à quelques centimètres. Mais dites-moi, voyons! Je ne
vois rien!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Précisément,
Monsieur. Il n'y a rien. Je pense que Géraud est prêt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon sang, Loublin, j'ai cru un
instant..., souffla le directeur. Bien. Finissons-en. Donnez-moi le
mouchoir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Le voici, Monsieur, dit Loublin
en tendant le tissu au directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Cette fois-ci, Géraud vit
clairement Loublin lui adresser un clin d'œil, tandis que Mercier
ouvrait le mouchoir ensanglanté de tissu blanc où dans
un coin était brodé en rouge le prénom &quot;Régis&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- &quot;Régis&quot;...
Pourquoi trimballez-vous toujours ce vieux truc, Loublin?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Demandez à Gildas, quand
je l'ai ramené se faire soigner, répondit-il sans
réussir à réprimer un petit sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon, peu importe. Pensez à
le laver. Et brûlez-le.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien, Monsieur. Après
ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Après quoi?, s'énerva
Géraud. Qu'est-ce que vous voulez, que je le mange?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, petit imbécile, le
rabroua Mercier. Tu vas juste mettre ce mouchoir sous ton nez et me
faire le plaisir de renifler à fond.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ah bon, j'ai eu peur! J'ai cru
que vous me demandiez de faire un truc dégueu ou tordu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Ni une, ni deux, Mercier lui
plaqua le mouchoir sur les narines, en lui maintenant la nuque de
l'autre main. Géraud protesta, et tout en tentant de se
dégager, il inspira malgré lui l'odeur tissu. Pas
vraiment malgré lui, en fait... Il était pour ainsi
dire, troublé par l'idée de sentir ce sang. Il essaya
cependant d'éloigner la main qui maintenait le mouchoir contre
son nez, mais ne pouvait s'empêcher d'analyser l'odeur du sang,
qu'il savait en réalité être le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Géraud ferma les yeux. Ces
faibles effluves lui étaient familiers. C'était le
parfum de son propre sang, il le reconnaissait. Il se surprit
cependant à en conclure qu'il n'y avait là &quot;rien
d'intéressant&quot;. Constatant qu'il ne pourrait se libérer
par la force de l'emprise de Mercier, il baissa les bras.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il attendit donc, le tissu
maintenu sur le nez, tout en regardant le directeur d'un air blasé.
Après quelques secondes, ce dernier, vexé d'être
ainsi jaugé comme un idiot qui essayerait de téléphoner
avec une banane, retira aussitôt le mouchoir. De plus en plus
mal à l'aise, il se leva d'un coup et jeta le mouchoir à
terre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne t'avise pas d'être en
retard en cours demain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Et il quitta la pièce.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai presque eu peur qu'il
s'excuse, à un moment, plaisanta Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu as été
brillant, Géraud!, lui répondit Loublin avec
enthousiasme et en s'asseyant à ses côtés sur le
lit. Tu es allé un peu loin dans l'improvisation, mais ça
a suffi pour provoquer l'effet désiré. Tu es libre! Au
fait, je suis désolé, si j'ai dû en rajouter un
peu dans mon jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai presque mordu à
l'hameçon, moi aussi... Mais je vais être puni.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Nettoyage de l'orphelinat?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Affirmatif.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est de bonne guerre. Tu as
défiguré son fils. Pour la deuxième fois.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça me faisait tellement
plaisir..., s'esclaffa Géraud. Mais la fois d'avant, ça
ne compte pas, on est tombés dans la crevasse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Euh, oui, certes... En tout
cas, tu m'as vraiment fait peur, à un moment. Je crois que le
fait que tu aies complètement oublié ce qui s'est passé
avant... cette 	chute, eh bien ça t'a rendu un peu trop
téméraire face à Gildas. Et son père!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et vous, vous êtes un
sacré faux-jeton, ma parole!, s'amusa Géraud sans
méchanceté. Mercier a réagi exactement comme
vous l'aviez dit. Vous avez deviné qu'il ne me laisserait
quitter ce grenier seulement après que je désobéisse
à ma quarantaine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- ...et surtout qu'il te fasse
subir ses tests, tout de même, précisa Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est vrai, mais il n'en reste
pas moins... imprévisible. Vous aimez jouer avec le feu,
Loublin. Je suis impressionné.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je t'en prie. Je t'avais dit
que je ferais mon possible. Et Mercier a sa propre façon de
fonctionner, dès que tu l'as comprise, il te semblera moins
imprévisible.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- A propos, est-ce que vous allez
m'expliquer ces tests, maintenant? Qu'est-ce qui se passe avec le
sang?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, Géraud...
Il est encore trop tôt pour ça, et vraiment je te
demande de m'excuser pour mon silence. Mais je t'expliquerai tout ça
bientôt, je te le promets.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien... Je vous crois, répondit
le jeune homme, résigné. Après tout, jusqu'ici,
j'ai eu raison de le faire, on dirait...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je te remercie pour ta
confiance, et sache que je suis prudent pour une raison précise.
Je veux juste y aller doucement, pour te dire certaines choses. A
présent, je vais te demander de me tenir une promesse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, Loublin, je vous promets
de ne pas parler de notre petit stratagème pour me laisser
sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça n'est pas ça.
Enfin, pas seulement. Je veux que tu me promettes, Géraud, que
si d'aventure,il t'arrivait de voir ou de sentir du sang...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Géraud, c'est très
important : je veux que... que tu te retiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Que je me &quot;retienne&quot;?,
répéta Géraud, qui malgré tout comprenait
sans vraiment comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu es plus malin que tu veux me
le faire croire, mais je sais que ta curiosité a été
piquée, quand tu as vu ce garçon, Luis, lorsqu'il avait
les lèvres en sang. C'est ça qui m'a fait peur... Je
l'ai vu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- De quoi vous voulez parler,
je...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu sais très bien de
quoi je parle, Géraud. Tu veux vraiment que j'appelle un chat
un chat et que je te dise franchement ce que qui t'est passé
par la tête, à ce moment-là? Je ne crois pas que
ce soit vraiment nécessaire, et toi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- ...qu'est-ce que c'était
que ce sérum, que vous m'avez injecté?, éluda
Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça s'appelle de l'eau.
Et c'est accessible dans tous les bons robinets. Mais je l'ai
filtrée, auparavant, donc rien de dangereux, promis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça ne craint rien, vous
êtes sûr? Qu'est-ce qu'il croyait que c'était?
Vous ne m'aviez pas prévenu que ça risquait
d'arriver...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Encore une fois, tu ne risques
rien du tout, et je te rappelle que toi aussi, tu as un peu
improvisé! C'était quoi, cette sortie en fanfaron, dans
la cour? On n'avait jamais dit que tu devais t'échapper à
ce moment-là et te mêler à une bagarre! C'était
très imprudent, tu ne te rends pas compte!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bah... C'était une
occasion juste de faire ma sortie... Aujourd'hui ou demain, qu'est-ce
que ça change? C'est toujours mieux que de soi-disant
fuguer... En plus, ça a rendu la chose plus spontanée!
Mercier ne se doute pas du tout que vous saviez que j'allais
m'échapper. De toutes façons j'ai fait en sorte que
vous me voyez en descendant pour que vous puissiez l'avertir, non?
C'était bien ça le plus important, non?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Certes, certes... Et c'est ce
qui m'a permis de retrouver sa confiance. Désormais nous
pourrons passer plus de temps ensemble, toi et moi. Et parler. Mais
tu n'étais pas obligé de te mêler de ces
chamailleries de cour d'école!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, je sais, Loublin. Je n'ai
pas réfléchi. Mais je ne regrette pas, vous savez?
Quand j'ai vu ces deux petits cons et leurs manières par la
fenêtre, j'ai tout de suite su où ils allaient en venir.
Je suis parti dès qu'ils lui ont envoyé le premier
coup. Et dire qu'il n'a même pas chercher à se défendre!
Vous y croyez, vous?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tout le monde n'a pas ton
tempérament bagarreur, Géraud... Aussi récent
soit-il, quand j'y pense... Ou ta force, d'ailleurs. Tu n'étais
pas si fort, avant ta convalescence. Quoi qu'il en soit, le nouveau
doit apprendre à se faire sa place tout seul. C'est comme ça
que ça se passe dans la nature, on en revient toujours à
ça. Quand deux mâles veulent dominer le même
territoire, c'est toujours le plus fort ou le plus rusé, qui
l'emporte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je vous demande pardon?,
s'offusqua le jeune homme. Vous êtes bien en train de nous
comparer à des animaux ou je rêve?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Parce que tu crois que tu es
quoi, toi? A la base, nous sommes tous des animaux! Tu n'as fait que
jouer ton rôle attendu de mâle qui fait sa démonstration
de force! Toi et Gildas en êtes deux beaux spécimens,
tiens... Mais souviens-toi qu'il faut que tu essayes de te dominer, à
l'avenir. Surtout avec lui!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je suis pas une bête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Crois ce que tu veux si ça
te fait plaisir. Mais c'est exactement ce que tu es. Ce que nous
sommes tous, au fond.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pas lui... Il avait l'air si
désemparé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- De qui tu parles? De Luis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Luis... C'est comme ça,
qu'il s'appelle?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Le nouveau? Oui, c'est son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Le &quot;nouveau&quot;... J'ai
moi-même le sentiment d'être nouveau, ici.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, mais c'est ce n'est pas le
cas. Ne l'oublie pas, Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il me reste peu de choses à
oublier...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça changera dès
demain matin. Le premier cours de classe de ta nouvelle vie. Tu ne
vas pas t'ennuyer...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Dites, je me demandais... J'ai
vu quelques autres jeunes, en bas. Lesquels d'entre eux étaient
mes amis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh bien..., bafouilla Loublin,
visiblement embarrassé. En tout cas, je suis sûr
qu'après t'avoir vu si bien rétabli, tes camarades
auront tout un tas de questions à te poser.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Formidable, encore des
questions, répliqua le jeune homme en roulant les yeux au
ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne t'en fais pas, ça se
passera bien. En attendant reste dans ta chambre. Tu as de la chance
que Gildas ait plutôt raté son coup. Je t'apporterai ton
repas ce soir.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Loublin... Mes soi-disant
&quot;camarades&quot;... Comment est-ce qu'ils vont réagir, en
me revoyant?&lt;/p&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Élodie était abasourdie par ce
qu'elle venait d'entendre. Jamais elle n'aurait cru Manu capable
d'autant de bêtise. Gildas oui, mais pas Manu. Le rouquin avait tout
avoué, en dépit de sa mâchoire enflée, ce qu'il avait fait subir
à Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais qu'est-ce que tu peux être
con!, l'asséna-t-elle, en lui flanquant un coup de poing costaud
dans le bras. Franchement, tu me déçois, Emmanuel. Tu t'es comporté
comme un vrai abruti, un point c'est tout. Et tout ça pour quoi?
Pour rester copain-copain avec cet andouille de Mercier! Ça
recommence, alors? Sauf que cette fois ci, c'est plus Géraud, c'est
Luis?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça va, Lolo, sa mère m'a déjà
fait la leçon. Et arrête de m'appeler &quot;Emmanuel&quot;, ça
fait tellement maternel que je vais en vomir... Et puis, regarde-moi,
franchement, tu crois pas que j'ai déjà eu ce que méritais?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Elle observa ses ecchymoses et se
radoucit, mais conserva une mine suffisamment éloquente pour
indiquer qu'elle lui en voulait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, je m'excuse,
d'accord?, reprit le jeune homme. Quand Gildas s'est retrouvé entre
la vie et la mort, j'ai cru que j'allais me retrouver tout seul
jusqu'à la fin de mes jours dans cet orphelinat merdique. Tu connais
les autres, ils vivent tous dans leur petite bulle... Alors quand il
est revenu, j'ai juste voulu qu'on soit amis à nouveaux... Mais
depuis qu'il s'est réveillé, il a la tête ailleurs, il est en
colère contre tout, mais je sais pas pourquoi. Il a refusé de m'en
parler. Alors quand le nouveau a débarqué et qu'il a commencé à
jouer son intéressant, Gildas m'a proposé d'aller lui voler un peu
dans les plumes... J'étais pas très partant, mais je me suis dit
que ça pourrait relancer notre complicité... Mais c'est allé trop
loin...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Alors ça, tu l'as dit! T'es
qu'un connard, Manu! Un gros connard! Je te l'ai jamais dit avant,
mais je t'ai toujours trouvé courageux. Plus que n'importe lequel
d'entre nous. Mais là, tu me déçois tellement que tu me fais juste
honte. Frapper ce gars, aussi bizarre soit-il... Luis... Et à deux
contre un, en plus!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai pas eu le temps de le
frapper, techniquement, commença le jeune homme avant d'être
surpris par les yeux accusateurs de son amie. Mais d'accord,
d'accord, j'avais effectivement l'intention de le chahuter un peu, je
reconnais, voilà. Et je regrette. Je m'excuse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça n'est pas toi qui dois
t'excuser toi-même. Ça ne marche pas comme ça. Elle te l'a
expliqué, ça aussi, la mère Mercier?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, elle a plutôt développé
sur les tâches manuelles que je vais devoir me farcir... Mais je
vais aller lui présenter mes excuses tout à l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et pourquoi pas maintenant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Parce qu'il est en train de
prier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
De &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;em&gt;prier?
&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Attends,
tu plaisantes?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pas du tout... Il s'est nettoyé
et pansé lui-même comme un bon petit soldat, et maintenant il a dit
qu'il partait prier dans sa chambre. Ça doit être son truc. On
dirait que j'ai cherché des noises à un bon petit enfant de chœur,
c'est pas bon pour mon karma, ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ah, ça te fait marrer, hein?
Tu continues à te foutre de lui?, le menaça-t-elle en le tirant
vers les escaliers de pierre menant aux chambres des garçons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, eh, attends! T'as pas le
droit d'aller par là, t'es une nana!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je m'en fous!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- D'accord, d'accord, j'y vais,
lâche-moi s'il te plaît!, insista-t-il jusqu'à ce qu'elle le
relâche.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Élodie descendit en bas des
escaliers pour lui bloquer le passage, et pointa un index menaçant
en direction des chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- T'as intérêt à y aller,
Manu. Sinon je me chargerai de botter ton petit cul de rouquin, et
sans l'aide de Géraud, c'est clair?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est bon, j'y vais...,
répondit-il en s'enfuyant dans les escaliers, avant d'ajouter plus
bas : ...mais c'est seulement pour que tu me fiches la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2240304&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=2240304&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai entendu!, résonna depuis
les escaliers la voix d'une jeune fille que Luis reconnut comme étant
celle d'Élodie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il conclut sa prière et se signa
rapidement, et se raidit en entendant des pas se rapprocher de sa
chambre. Il vit l'ombre des pieds de quelqu'un s'arrêter devant le
seuil de sa porte close. Il attendit que la personne frappe à sa
porte, mais comme rien ne se passait, il s'approcha silencieusement
de la porte et l'ouvrit à la volée. Luis sursauta en même temps
que son visiteur, qu'il reconnut aussitôt à ses cheveux roux. Ce
dernier tendait sa tête tourné sur le côté, l'oreille collée au
vide.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu m'écoutais...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je... Non, je... Je voulais
savoir si je n'allais pas te réveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'était pas une question. Tu
voulais m'écouter en train de prier, pas vrai? Je n'ai pas peur de
toi, Emmanuel. Qu'est-ce que tu me veux? Tu viens retenter ta chance
de pouvoir coller un pain au nouveau, c'est ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, je.., bafouilla à nouveau
Manu, à court de paroles. Je voulais te voir...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Eh ben ça y est, tu m'as vu.
Sur ce, je te dis à ce soir, au dîner. Ou plutôt, au souper, vu ce
que ton copain m'a mis dans les dents.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Attends, Luis, je t'en prie...
Est-ce que je peux te parler deux secondes? S'il te plaît.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Luis le jaugea quelques secondes
de ses grands yeux noirs, et s'écarta de la porte, avant d'aller
s'assoir à la seule chaise de la petite chambre austère.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Alors vas-y, dis-moi ce que tu
as à me dire. Et ensuite, dégage. Je ne veux pas qu'on gâche notre
si belle amitié en me lassant de nos papotages.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, Luis... Je suis
désolé. Pour tout ce que je t'ai fait subir. Je sais que je fais
souvent mon beau, mais je me sens super mal, là... En même temps,
tu sais que t'es pas un gars qui laisse les autres venir à lui...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
C'était un très beau discours d'excuses, répliqua sèchement Luis,
qui essayait de dissimuler qu'il avait été atteint par cette
dernière phrase malgré tout. Très touchant, je t'assure. Alors
puisque c'est mes excuses que tu es venu rechercher, je vais te faire
plaisir : &lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;em&gt;Excuses
acceptées&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;,
articula-t-il en grimaçant mièvrement. L'important, c'est que tu
retrouves ta bonne conscience, n'est-ce pas? Eh bien voilà qui est
fait. Maintenant, excuse-moi à mon tour, mais j'ai dû faire tomber
ma boîte à émotions tout à l'heure, tu sais, quand je me suis
fait déglinguer par deux crétins.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Compris, répondit sobrement
Manu avant de tourner les talons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Attends, soupira Luis. Dis-moi
ce que tu voulais me dire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Manu fit de nouveau face à Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je m'excuse, Luis. Vraiment. Et
je suis désolé. C'est pas mon genre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est pas ce que j'ai pu
comprendre... Mais je te pardonne. En tout cas, toi, contrairement à
ton ami, tu as eu le courage de venir t'excuser.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Faut pas lui en vouloir... Il
est...un peu con, parfois...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai vu ça. Écoute, Manu,
même si je ne crois pas être aussi con, je sais que j'ai tendance à
être un peu... fermé. Et même si ça ne méritait pas de me casser
la gueule... Eh ben, je regrette aussi. C'est juste que j'ai du mal à
faire confiance aux gens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Devant des cons comme moi et
Gildas, je t'en veux pas vraiment, plaisanta Manu, avant de redevenir
sérieux. Tu ne devrais pas rester si replié sur toi-même.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai mes raisons. Mais je
verrai ce que je peux faire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est cool.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- D'accord, euh... Eh ben sur ce,
je crois que je vais y aller, bredouilla Manu, en commençant à
repartir vers le couloir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il vous a quand même bien
remis à votre place, ce Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ouais, on dirait bien que t'as
un ange gardien... En tout cas, c'est sûr, il m'a fait un mal de
chien... même si j'avoue que c'était un peu mérité. J'aurais
jamais dû suivre Gildas...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Et euh... qui c'est,
exactement, ce gars?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il est là depuis toujours, en
tout cas d'aussi loin que je me souvienne. On le connait bien. Mais
il nous a surpris, aujourd'hui. Il a toujours été du genre
susceptible, mais il n'a jamais répondu aux provocations. Et
encore moins par les coups. Jusqu'ici, en tout cas...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pourquoi en êtes-vous arrivés
là? C'était quoi, sa place, ici?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Manu détourna son regard et
expira longuement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Disons qu'il ne s'est jamais
vraiment intégré. Même après toutes ces années. Quant à Gildas,
il est comme il est. Pour ne pas se retrouver dans le rôle du
souffre-douleur, il a choisi que ça serait lui. Mais ça s'est fait
tout seul, en réalité... Quand on était gamins c'était pas à ce
point, mais s'est accéléré, une fois ados. Mais je te promets que
je n'ai jamais eu quoi que ce soit contre Géraud, c'est juste qu'il
a toujours été un peu... bizarre, et... dans son monde... Et
surtout, il ne savait pas se défendre. Il n'a même jamais essayé.
Ça faisait de lui une cible facile, pour Gildas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pas pour toi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Si, bien sûr... Mais moi, je
ne faisais que suivre Gildas, je ne suis pas celui qui allait
chercher à le titiller. J'ai fait ce qu'il fallait pour ne pas me
retrouver à sa place. D'ailleurs, si tu veux mon conseil, fais
attention de ne pas trop te laisser faire par Gildas, il pourrait
faire de toi son nouveau Géraud. Surtout depuis qu'il l'a humilié
devant tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pas juste humilié, il s'est
pratiquement pissé dessus, en le voyant débarquer, s'amusa Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, j'ai vu ça aussi. Ne lui
dis pas que t'as remarqué. Pour tout de dire, à moi aussi, Géraud
m'a fait peur, aujourd'hui. A vrai dire, on ne s'attendait pas à le
voir se battre contre nous un jour. On ne s'attendait même pas à le
revoir du tout. Gildas m'avait dit qu'il était en train de crever
dans le grenier..&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ça doit être sympa d'avoir
Gildas comme meilleur ami... En ce qui concerne Géraud, Madame
Mercier m'a juste dit qu'il est resté dans le coma. Elle m'avait
aussi dit qu'il a perdu la mémoire, et apparemment c'est vrai...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, depuis cet accident, où
il est tombé dans une faille rocheuse avec Gildas. C'est ce que lui m'a
dit, mais il ne m'en parle pas beaucoup. En tout cas, quand j'ai revu
Géraud aujourd'hui, c'était comme si... comme s'il se souvenait que
lui et Gildas se détestaient. C'est bizarre, non?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Il faut croire que la mémoire
s'efface plus facilement que les instincts, conclut Luis dans un
haussement d'épaules.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Son visiteur lui répondit par un
petit sourire, et avant qu'il n'ait de nouveau complètement tourné
les talons, Luis lui tendit la main. Tout d'abord un peu
décontenancé, il comprit enfin que Luis le pardonnait. Et il lui
serra la main.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ne dis à personne que j'ai eu
peur de Géraud. Et je dirai à personne que tu ne sais pas te
battre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je sais me défendre, c'est
juste que je n'en avais pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu peux dire ça co...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Manu poussa brusquement un cri et
se recroquevilla à moitié, se portant les mains à la tête. Les
yeux fermés, il semblait être pris d'une espèce de migraine
foudroyante. Luis repensa à la crise de Géraud un peu plus tôt,
mais ce qui arrivait à Manu semblait le foudroyer de douleur.
Paniqué, il essaya de le calmer et de le regarder dans les yeux,
mais Manu baissait la tête, comme prisonnier de quelque bruit
strident que lui seul entendait. Il respirait très fort, et il se
mit à secouer sa tête comme pour chercher à se débarrasser de
quoi que ce fut qui lui faisait subir un tel supplice.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Une goutte de sang de l'une de
ses narines. Impuissant, Luis se demandait ce qu'il pouvait bien
faire face à cette inexplicable situation quand soudain, il se
demanda s'il avait pas encore provoqué quelque chose sans le
vouloir.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
La seule chose que Luis se
souvenait avait fait, c'était serrer la main de Manu, et ce dernier
était désormais là, face à lui, en pleine crise. Plus il
gémissait en se tenant le crâne, plus Luis se sentait écrasé par
la responsabilité. Manu releva finalement la tête en haletant comme
un marathonien après une course, et leva vers Luis un signe de la
main pour lui signifier que c'était passé.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il porta alors ses mains à son
cœur, en cherchant quelque chose du regard. Luis, sortit de son
désemparement, comprit ce que le jeune homme recherchait, et alla
prendre sa chaise pour la placer derrière lui. Le garçon tentait de
reprendre une respiration régulière, tout en se massant le torse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais qu'est-ce qui t'arrive?,
s'enquit Luis, alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je... Rien... C'est... mon
cœur... Je... J'ai des problèmes... avec mon cœur... C'est tout...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- De.. D'accord... Ne bouge pas,
je vais aller chercher de l'aide, dit Luis, déjà sur le chemin de
la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- NON!, hurla Manu, dépensant
beaucoup de l'énergie qui lui restait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non quoi? T'es en train d'avoir
une foutue crise cardiaque!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Jus... Justement... Ils vont
croire... que c'est... ta faute... Laisse ça... Laisse tomber... tu
veux bien?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais tu pourrais avoir besoin
de..., commença Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, j'ai dit! Luis... Ça
ira... Merci... Il n'y a toujours personne... dans le couloir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, personne n'a entendu, je
pense.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bien... Bien... Ça va mieux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais qu'est-ce qui t'est
arrivé?, finit par demander Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Rien, je... fragments...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- De quoi? &quot;Fragment&quot;,
c'est ça, que tu as dit?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- J'ai eu euh... un petit
fragment de... de...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Un petit fragment de quoi?,
insista Luis, qui comprit que Manu haletait plus que nécessaire pour
pouvoir se donner le temps de réfléchir à un mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Un petit fragment de crise
cardiaque, c'est tout... Si c'en avait été une entière, eh ben là
ça... Là ça aurait été moche...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- &quot;Ça aurait été moche&quot;?,
répéta Luis. Tu te fous de moi? Regarde-toi, tu es tout pâle, et
faible...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je suis pas faible, pigé?,
s'énerva Manu en se relevant brusquement de sa chaise, avant de se
rassoir aussitôt. Arrêtez tous de me parler comme une pauvre petite
chose!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Euh.. D'accord, mais...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais rien, je vais très bien.
Ça va mieux, je te dis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon... Je disais ça...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, reprit-il plus
calmement en se relevant plus calmement, je me connais et je sais que
ça va. C'est pas la première fois ni la dernière que ça m'arrive,
et j'ai pas besoin de qui que ce soit. C'est mon fardeau, et y'a rien
que tu puisse faire. Rien. A part me laisser gérer. Si tu veux tout
savoir, j'ai deux différents problèmes cardiaques, et le fait est
que le traitement de chaque problème est médicalement incompatible
avec l'autre. Et encore une fois, il n'y a absolument rien à faire.
C'est tout. J'aurai juste une nuit un peu agitée, rien de plus.
Alors promets-moi juste de ne pas en parler, et encore moins à
Mercier. Il me ferait reprendre ces foutues injections, et j'en ai
une sainte horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Peut-être, mais... il fait ça
pour ton bien, je pense?, risqua Luis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Écoute, Luis. Je vais être
sympa avec toi parce que je m'en veux encore pour ce que je t'ai fait
tout à l'heure. Mais je suis ici depuis plus longtemps que toi, et
je vais t'expliquer quelque chose. Mercier ne fait que ce qui
l'arrange. Tout ce qu'il veut, c'est être tranquille. De moi, de
toi, en réalité, il s'en fout. Il joue les bons samaritains pour se
racheter un ticket d'entrée au paradis. C'est pour ça qu'il m'a
administré un soi-disant sérum qui était supposé me soulager.
Quand je lui ai expliqué que ses injections à la con ne me
faisaient rien, et que je continuais à avoir mes... mes spasmes, il
a dit à Loublin de doubler la concentration de son médoc. Et la
seule chose que cette saloperie m'a faite, c'est me refiler la... On
va dire que ça m'a fait l'effet d'une bonne gastro. Et à côté de
ça, les crises étaient toujours là, toujours aussi violentes.
Sinon plus. J'ai dû les dissimuler quand elles arrivaient en classe
ou à table, et j'ai dû mentir en leur disant que j'allais mieux et
que c'était parti. Pour qu'ils me fichent la paix. Et tu sais quoi?
Finies, les injections, finies les crises digestives carabinées! Ne
restaient plus que ces foutues crises, mais elles, on y peut rien!
Merde, mais pourquoi je te raconte tout ça? Je sais que tu vas
vouloir te venger et répé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;-
Je dirai rien, l'interrompit Luis. Je te donne ma parole.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Pardon?, demanda brusquement
Manu, visiblement surpris par ce qu'il venait d'entendre. Je viens de
te balancer le truc le plus secret qui me concerne et dont je ne
parle jamais à personne, et tu me promets de ne rien répéter?
Comme ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, Manu. Comme ça. Mais pas
seulement parce que je ne t'en veux plus, répondit Luis avec
gravité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- ...pourquoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; widows: 0; orphans: 0;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Parce que... je sais en quelque
sorte ce que tu éprouves.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/08/01/Chapitre-2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dhampyr sur Génération Linux - Un projet polémique?</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/Dhampyr-sur-G%C3%A9n%C3%A9ration-Linux-Un-projet-pol%C3%A9mique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2551c3962aaaddd84c9c3376a6c7f263</guid>
    <pubDate>Mon, 20 Jul 2009 23:18:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>News</category>
            
    <description>    &lt;h3&gt;Salut à tous les loulous,&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait pas une semaine que le livre en ligne &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/www.dhampyr.fr&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt; est lancé officiellement qu'un article lui a déja été consacré sur le site &lt;a href=&quot;http://www.generation-linux.fr/index.php?post/2009/07/20/Dhampyr-un-roman-libre-sous-CC&amp;amp;pub=1#pr&quot;&gt;Génération Linux&lt;/a&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&lt;a href=&quot;http://www.generation-linux.fr/index.php?post/2009/07/20/Dhampyr-un-roman-libre-sous-CC&amp;amp;pub=1#pr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; rédigé par mon ami le diabolique &lt;strong&gt;Vincent Valentine&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;qui a conçu ce site à 99%, mais chut!&lt;/em&gt;), le projet est présenté de façon plus claire que je ne saurais le faire.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Vous pourrez y lire des commentaires très intéressants qui réfléchissent sur la notion &quot;&lt;strong&gt;libre&lt;/strong&gt;&quot; de la licence du contenu de &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/www.dhampyr.fr&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt;. Pour certains, la licence &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/../../index.php?pages/Licence&quot;&gt;Creative Commons&lt;/a&gt; ne suffit pas à qualifier le projet comme véritablement libre. Les arguments avancés sont intéressants et légitimes, comme le fait qu'il est impossible de ne distribuer qu'une partie du livre, ou de le faire à des fins commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;img style=&quot;width: 226px; height: 150px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2361/2117607887_300a5869c0.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Je comprends ces arguments et les respecte, et cela me fait prendre conscience que je n'ai pas expliqué pourquoi je ne souhaite pas de telles utilisations. Tout simplement, je ne souhaite pas voir l'histoire être modifiée par d'autres (&lt;em&gt;sans mon autorisation&lt;/em&gt;) pour &lt;strong&gt;ne pas trahir l'histoire&lt;/strong&gt;, tout comme je ne souhaite pas que d'autres puissent gagner de l'argent avec mon travail. Pourquoi? Parce que je ne trouve tout simplement pas cela moralement acceptable pour moi. Je me dois d'assumer ces choix sans à devoir d'excuses, quitte à risquer pour certains de ne pas faire de &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/www.dhampyr.fr&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt; un projet 100% libre. Mais je ne cherche pas à faire le meilleur score, à vrai dire&lt;strong&gt; j'essaye surtout d'écrire une histoire!&lt;/strong&gt; ;o)&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, je comprends et respecte &lt;em&gt;profondément &lt;/em&gt;les arguments avancés, mais je pense que malgré tout &lt;strong&gt;ce site reste un projet libre&lt;/strong&gt;. Et si je devais par bonheur l'éditer, (&lt;em&gt;bien que je n'en sois pas du tout encore là&lt;/em&gt;), ce serait de préférence auprès d'éditeurs libres, comme &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/www.ilv-edition.com&quot;&gt;ILV&lt;/a&gt;, par exemple. &lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Je laisse donc à chacun le soin de se forger sa propre opinion sur ce sujet. Et bien sûr à la partager en commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si vous souhaitez supporter le projet &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/www.dhampyr.fr&quot;&gt;Dhampyr&lt;/a&gt;, n'hésitez pas à le faire connaître! Vous gagnerez un bonus de +1 en sympathie, ma gratitude, et une chance supplémentaire de plus d'accéder au paradis s'il existe!&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas merveilleux? :o)&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/20/Dhampyr-sur-G%C3%A9n%C3%A9ration-Linux-Un-projet-pol%C3%A9mique#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Chapitre 1</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/15/Chapitre-1</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:bb7eef9acac600054542067a2c828fdc</guid>
    <pubDate>Wed, 15 Jul 2009 16:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;Le réveil&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et voici la suite de l'histoire de Géraud&lt;/strong&gt;, dont le début a commencé dans le &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/Prologue&quot;&gt;prologue.&lt;/a&gt; Dans ce chapitre 1 &lt;em&gt;(également disponible en version &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_1_-_Le_reveil.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt; téléchargeable)&lt;/em&gt;, vous comprendrez d'ailleurs vite pourquoi les précédentes scènes ne pouvaient être qu'un prologue. Ce chapitre s'appelle &quot;&lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/07/15/Chapitre-1&quot;&gt;Le réveil&lt;/a&gt;&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;          &lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img title=&quot;batss, avr. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Autres/bats3.gif&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3365757&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;220&quot; height=&quot;55&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3365757&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;I.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/I.png&quot; /&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;l
ouvrit les yeux. Un plafond en bois et des poutres apparentes.
L'angle était bizarre. La lumière, aussi. Elle glissait
mollement depuis une de ces fenêtres d'un vieux style dont il
ne se rappelait plus le nom. Il bougea un peu et sentit qu'il était
sur un matelas mou. Il avait la bouche pâteuse, et ses gencives
le lançaient affreusement. C'était la douleur, qui
l'avait réveillé, le tirant d'un sommeil profond comme
l'océan. Il tenta de reprendre ses esprit, mais une nouvelle
vague de douleur le submergea, elle le fit tourner la tête et
cracher au sol. Une bassine blanche avait par chance été
déposée juste là, et il put admirer la jolie
couleur écarlate qui éclaboussa la porcelaine lorsque
son crachat l'atteignit. Un filet de bave rouge lui pendait au
lèvres, et il toussa. Il essuya sa bouche pâteuse. De sa
langue, il caressa ses dents de l'intérieur pour s'apaiser, et
réalisa ainsi qu'il ne sentait pas ses canines. Elle étaient
pourtant bien là, mais elles ne lui relayaient aucune
sensation. Dans la semi-obscurité, il se redressa en essayant
de mieux distinguer la pièce pour faire abstraction de sa
douleur. Il s'agissait d'un grenier. Comment était-il arrivé
là? Il tenta de rassembler ses esprits, mais réalisa
qu'il ne pouvait se souvenir de rien. C'était le vide total.&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
ne se rappelait de rien du tout. Ni de rien avant ça. Il ferma
les yeux pour se concentrer au maximum. Rien n'y fit. Il ne se
souvenait pas d'où il était, comment il était
arrivé là, ni même... mais bon sang, comment
s'appelait-il, déjà?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Non,
ça n'était pas possible. C'était juste tellement
évident, comme question, qu'il n'arrivait pas à y
répondre, sous l'émotion. Mais l'émotion de
quoi? Il devait se calmer. Respirer lentement. Il fut écœuré
en sentant son haleine, et cracha à nouveau et inspecta avec
dégoût. Il s'agissait de sang coagulé. Il se
toucha à nouveau les dents. La douleur semblait venir à
la base de ces gencives, à l'endroit d'où sortaient ses
canines insensibles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Formidable.
Il était coincé dans un grenier moisi, la bouche en feu
et n'arrivait même pas à se rappeler de son propre nom.
Son regard intercepta une enveloppe, déposée sur une
chaise en bois, sur sa droite. Il se leva pour l'ouvrir, manqua de
perdre l'équilibre, et s'empara de la lettre en s'asseyant
aussitôt sur la chaise. Il prit quelques secondes pour que
cesse le tournis et scruta l'objet. Sur le courrier apparaissait
l'inscription manuscrite en italique : &quot;Géraud&quot;.
Géraud? Était-ce lui? Bizarre... Non, cela ne lui
disait rien. Il trouvait même qu'il s'agissait d'un prénom
un peu bizarre. Curieux malgré tout d'en apprendre plus, il
arracha l'enveloppe et découvrit une note rédigée
de la même écriture serrée et penchée :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Cher
Géraud,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Sois
heureux car tu te trouves dans une maison protégée par
le Seigneur. Tu dois certainement te sentir perdu, mais je t'assure
que tu iras mieux d'ici quelques temps. Tu es ici dans un orphelinat,
un endroit spécial et unique où tu as vécu ces
dernières années - tu as seize ans - et où tu es
entouré d'autres enfants de Dieu et de personnes qui veillent
sur toi. Mon nom est Simon Mercier, et je dirige cette école
avec l'aide de mon épouse Abby-Gaëlle pour assister notre
Seigneur dans son entreprise. Nous et tes camarades orphelins sommes
en quelque sorte ta famille.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Lors
d'une sortie récente avec notre fils Gildas, toi et lui vous
êtes disputés comme le font les jeunes de votre âge
et avez eu le malheur de vous blesser accidentellement en chutant
dans une crevasse rocheuse. Lui s'est pratiquement rétabli
depuis, mais tu as fait une chute qui a percuté ton crâne.
Selon mon assistant Loublin, qui a davantage de connaissances
scientifiques que moi, la blessure est localisée sur la zone
correspondant à celle de la mémoire à long
terme, ce qui fait qu'il est possible que tu n'aies pas le moindre
souvenir à ton réveil. Tu t'es également cassé
quelques dents, tes canines, que nous avons remplacées pendant
ton sommeil. Il a été difficile de s'en procurer
rapidement, mais nous avons une équipe d'infirmiers qui vient
occasionnellement dans notre lointaine et haute vallée pour
prodiguer des soins occasionnels, et ils nous ont aidés à
remplacer tes dents. Que Dieu les bénisse. Nous t'avons
également trouvé cet espace personnel éloigné
des autres chambres des garçons, pour ton rétablissement
et même ensuite. Tous les jeunes ici n'ont pas le privilège
d'avoir une si grande chambre avec vue sur cour, vois donc cela comme
une chance. Je me suis occupé de gérer ton
rétablissement avec Loublin, ma femme te nourrissant et son
assistante Fatou s'occupant quant à elle de ton  hygiène
personnelle et de tes soins. Tu as donc auprès de toi une
véritable armée d'anges gardiens.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Ne
sois pas trop inquiet de sortir, ici tous espèrent te revoir
sain et sauf. Et n'aie pas peur de t'intégrer aux autres, tu
es comme eux, vous êtes à peu près tous du même
âge, et vous vous connaissez depuis longtemps. Si ça
peut aussi te rassurer, peu d'entre eux se souviennent vraiment de
leur vie avant d'être arrivés ici. Autrefois ils étaient
placés dans plusieurs maisons d'accueil successives, tout
comme toi, mais à force de changer, l'État français
nous aide à financer l'éducation et les soins des
orphelins un peu comme toi qui n'arrivaient pas à s'intégrer
ailleurs. Mais sois rassuré, car ce bâtiment est un
ancien monastère, et il est donc placé sous la
protection du Seigneur. J'aime à penser que les esprits pieux
des moines veillent toujours sur les lieux. Quand je te disais que
des anges veillent sur toi, je le pense!&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Mais
il est inutile de développer davantage tous ces détails
à ce stade. De même qu'il est certainement judicieux de
ne pas laisser les autres te tracasser avec ce qui t'est arrivé
(j'y veillerai aussi). Si tu as perdu des points de repère,
sache que ça n'est pas si grave, pense surtout à
reconstruire ta vie. Tu n'es encore qu'un jeune homme.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;	Sois
le bienvenu pour ton retour parmi nous. Repose-toi bien et que Marie,
la mère de tous les orphelins te bénisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;S.
Mercier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;PS
&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;:&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Si tu t'es assez
reposé et que tu souhaites nous voir, tu trouveras une
clochette derri&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;ère&lt;/span&gt;
la porte, utilise-la et nous arriverons.&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Géraud
n'arrivait plus à penser. Il retourna la feuille de papier,
espérant y trouver quelque chose qui puisse donner un sens à
tout ce charabia, mais il n'y avait rien, alors il parcourut à
nouveau la lettre en diagonale. Il y avait là beaucoup trop
d'éléments à assimiler, et bien que certaines
réponses aient été trouvées, la lettre
semblait soulever bien plus de questions encore.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Toute
cette histoire était inimaginable. Non, en fait, c'en était
même parfaitement grotesque. Si tout cela était vrai,
comment diable aurait-il pu oublier toute une vie? Cependant il
rageait de ne trouver aucun élément pour contredire la
lettre. Il avait beau se concentrer le plus possible pour se rappeler
du moindre détail, du moindre élément de la
lettre, mais en vain. L'effroyable néant. Une chose était
sûre : Simon Mercier et sa femme étaient des personnes
qui  devaient respirer la bienveillance. Rassuré d'avoir des
personnes aussi dévouées pour s'occuper de lui, son
inquiétude s'apaisa un peu. Il fallait qu'il se repose
désormais sur tous ces éléments, qui étaient
désormais ses seuls points de repère. Il se leva de sa
chaise et fit face au lit vétuste. Un horrible crucifix
trônait au-dessus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
n'osa pas aller vers la fenêtre du toit. C'était encore
trop tôt, et elle était trop haute, de toutes façons.
Géraud se dirigea donc vers la porte et tourna la poignée
comme si elle menaçait d'exploser. Il y découvrit un
escalier en bois très ancien, dont les marches très
serrées descendaient sur sa droite. Il déposa
prudemment un pied sur la première marche. La latte grinça.
S'avançant face à l'escalier, il fut pris de vertige et
posa sa main sur le mur, mais sa main toucha un objet froid qui s'en
décrocha et tomba dans l'escalier, rebondissant aléatoirement
sur les marches en produisant un tintinnabulement métallique.
Il soupira.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et merde... La clochette...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Géraud?, résonna une voix masculine venue des
profondeurs. Tu es réveillé?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Euh... Je...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Dans
un grincement, un carré de lumière se découpa en
bas dans la pénombre des escaliers, et la silhouette d'un
homme s'y dessina. Les marches craquaient une à une, et Géraud
recula instinctivement d'un pas dans la chambre. Il éprouvait
une sensation étrange, inexplicable.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Eh, salut, bonhomme... Bon sang, ce que tu peux être
pâlichon... Tu me reconnais?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	C'était
un homme de taille moyenne, entre trente et trente-cinq ans à
priori, les cheveux bruns et courts, un visage rond, des yeux bleus
cachés derrière des lunettes rectangulaires et un bouc
fin autour de la bouche. Il avait le genre de physique banal au
possible, avec un visage comme il y en a mille, ce qui n'arrangeait
évidemment pas Géraud. Face son silence, l'homme entra,
en souriant, et reprit doucement, en tendant la main.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
C'est pas grave, Géraud, c'est pas grave. Je m'appelle
Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Loublin, répéta Géraud, en serrant la main du
fameux assistant du directeur. Je suis ravi de mettre un visage sur
votre nom...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Tu...? Très bien, donc pour commencer, tu peux me tutoyer,
ensuite... où as-tu entendu mon nom?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je l'ai lu dans la lettre du directeur, Monsieur Mercier. Regardez,
dit Géraud en tendant la lettre, soulagé à
l'idée de connaître déjà une personne
qu'il tutoie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Merci... Ah oui... Oui, en effet... Je vois, je vois, marmonna
Loublin en s'emparant du courrier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous êtes son assistant,
c'est ça? Merci pour ce que vous avez fait pour moi. J'ai
vraiment hâte de rencontrer aussi Monsieur Mercier, vous
semblez vous être bien occupés de moi, même si
pour l'instant tout me paraît bizarre et... confus! J'ai
tellement de questions à vous poser...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, hem, un instant, s'il te
plaît, le coupa Loublin à voix basse, qu'est-ce que tu
as compris exactement?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	- Eh bien,
comment ça? Je veux dire... Vous vous êtes occupé
de moi, je... je suis un orphelin, et on m'a dit que j'ai eu un
accident grave avec un autre jeune et qu'on a essayé de nous
soigner, mais comme je suis tombé sur le crâne... et sur
les dents aussi... d'ailleurs, ça me semble assez improba...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je vois ça, en effet, marmonna à nouveau Loublin,
parcourant rapidement la lettre des yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
S'il vous plaît... Il y a beaucoup de choses que je ne
comprends pas... Je m'appelle Géraud, c'est ça? Et je
viens d'où? Mes parents sont morts? Je... Je pourrai jamais
les rencontrer?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, hélas, ils sont morts, et tu es fils unique, écoute-moi
bien, Géraud. Il faut que je te dise quelque chose de très
important.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Le
grincement de la porte du bas des escaliers se fit entendre, suivi
d'une note étouffée de la sonnette, puis d'un
grognement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Qui est-ce? Monsieur Mercier?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, et je vais d'ailleurs te demander de garder un secret, entendu?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Euh... Oui!, bredouilla Géraud, troublé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Très bien, Essaye de... Ne fais pas confiance à Simon
Mercier. Il est pétri de bonnes intentions, au premier abord,
mais méfie-toi de lui, Géraud, c'est compris?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Compris, oui... mais pourquoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et surtout garde pour toi ce conseil, d'accord? Fie-toi à ton
instinct.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Loublin? C'est vous?, résonna une voix dans l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Très bien, mais l'opération..., reprit Géraud, à
demi-voix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;		-
L'opération..., répéta Loublin en chuchotant
tout en lorgnant vers la porte. Ça, elle était très
risquée... c'était... la première fois.
Franchement, je n'étais pas complètement sûr que
tu t'en sortes... Heureusement que Fatou...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Quoi, à cause de la chute sur le crâne? Mince! Je ne
sens même pas la bosse, dit Géraud en se massant la
tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non, non, Géraud, c'est surtout par rapport à tes
dents. Je crois qu'il arrive...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mes dents... mes canines? En quoi est-ce qu'elles...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bonjour, Géraud!, s'entonna un monsieur bedonnant avec un
sourire carnassier à moitié dissimulé sous une
moustache. Je vois que tu es réveillé... Et tu discutes
avec Loublin, n'est-ce pas?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
En effet, Monsieur le directeur! Je ne vous avais pas entendu
arriver... Géraud vient de se réveiller et s'inquiétait
pour sa blessure...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je vais prendre le relais à partir de là, Loublin,
merci. Je crois que ma femme  a besoin de vous en bas, allez-y.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bien, Monsieur. Désirez-vous...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Merci... Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Tandis
que l'assistant du directeur quittait la pièce, Géraud
eut de nouveau le vertige et s'assit sur le rebord du lit. Mercier
referma la porte, et prit la chaise qu'il posa face à Géraud,
en y laissant choir son charnu derrière. Simon Mercier était
un homme d'une cinquantaine d'années, effectivement moustachu,
avec de petits yeux noirs et une grosse bedaine. Il portait une
chemise beige à carreaux et une croix autour de son cou.
Géraud ne reconnut absolument rien de familier dans ce
personnage, mais se força à parler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Monsieur... Je suis perdu. C'est vraiment horrible, je dois accumuler
un nombre incroyable d'informations et... Je ne me souviens pas de
qui je suis, ni de vous, ni de ce lieu... ni rien! J'ai besoin
d'aide, s'il vous plaît! J'ai... perdu la mémoire en
tombant sur la tête? C'est ça?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
C'est exact, et tu es resté inconscient depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et c'est à cause de ça que j'ai failli mourir?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mour... Qui a dit que tu allais mourir? On s'est beaucoup inquiétés
pour toi, voilà tout, s'empourpra le directeur, sans que
Géraud ne comprenne si c'était par agacement ou autre
chose. Nous  espérions que tu te réveillerais vite.
Bon, tu es inquiet, c'est ça? Ne t'en fais pas, si c'est ça,
ça va aller mieux, maintenant. Je surveille de près la
situation. Les mauvais moments sont derrière toi, désormais.
Pense à autre chose, à la nouvelle vie qui se présente
à toi, par exemple. Tu as beaucoup de gens à rencontrer
et beaucoup de choses à faire...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous avez sans doute raison...
Je vais sortir, si vous voulez bien me présenter les lieux et
les personnes de..	&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
C'est exclu. Pour l'instant, du moins. Il faut que tu te reposes, et
que nous soyons sûr que tu es parfaitement rétabli de
ton opération.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, mais...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, mais quoi, le coupa le
directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Je ne sais pas... pourquoi
est-ce qu'on m'a arraché mes canines?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- C'est Loublin qui t'a raconté
ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Non, c'est juste que c'est
évident : je me réveille, la bouche endolorie, je
crache du sang... et quand je touche mes canines, je n'ai aucune
sensation, et elles sont toutes lisses.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, eh bien... Je suis content
que tu l'aies remarqué.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ah oui?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tout à fait, j'espérais
seulement que ça aie cicatrisé avant ton réveil.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Mais pourquoi me les avoir
retirées?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tes canines avaient pris un
sacré coup et te causaient beaucoup de mal, et elles
menaçaient de déformer ta mâchoire. Alors, j'ai
pensé, qu'il valait aussi bien te les faire remplacer tandis
que tu étais inconscient. J'ai fait venir des infirmiers
exprès pour toi. Et voilà, le travail est propre,
n'est-ce pas?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je peux me voir dans un miroir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Un miroir! Ah, voilà une question très pertinente,
jeune homme. Reste là.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
se leva et se rendit vers le mur en face du lit, s'accroupit devant
un coffre en bois poussiéreux sous la fenêtre du toit,
et marmonna en fouillant le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Un miroir, oui... Il est important que tu puisses te voir...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Euh... Oui, bien sûr... Pour m'aider à retrouver la
mémoire...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oublie un peu la mémoire, Géraud, trancha-t-il sur un
ton curieusement autoritaire, en extirpant de guenilles un vieux
miroir ovale, sur lequel il souffla, l'inspecta un instant comme s'il
le vérifiait, et vint se rasseoir face à Géraud.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 1.25cm; text-indent: -1.25cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il l'observa un instant et releva
la glace face au visage du jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'est-ce que tu vois?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Géraud
eut comme un choc. Ce visage, il le reconnaissait. Vaguement... Oui,
mais se reconnaissait-il dedans? Peut-être...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui... Oui, c'est moi... Je crois bien que c'est moi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Tu te vois dedans?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je crois...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bon sang, tu vois ton reflet oui ou non?, s'emporta le directeur déjà
à nouveau excédé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui! Oui, je vois mon reflet. Je pense que je me reconnais... Mais je
ne me souviens de rien d'autre....&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ah..., soupira le directeur, en baissant les yeux au sol, sans que
Géraud ne comprenne s'il était triste ou exaspéré.
Mais Géraud, c'est formidable!, s'ébahit-il soudain.
C'est véritablement très encourageant. Je suis rassuré,
tu es sûrement sur la bonne voie. Est-ce que tes dents te font
mal?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui... Je ne pense pas pouvoir croquer dans quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ne t'en fais pas, on te mettra à la soupe pendant un moment.
Vraiment, c'est formidable, répéta-t-il. Je suis très
fier...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Merci... Euh... Je suis fier de moi aussi... Dites, vous êtes
sûr que je ne peux pas sortir dehors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Catégorique! Pas dans ton état, je ne suis pas sûr
que tu sois encore prêt. Certes, tu viens de faire beaucoup en
peu de temps, mais n'oublie pas que tu viens juste de te réveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Il me reste peu de choses à oublier, ne vous en faites pas.
Laissez-moi au moins voir dehors, juste un moment, s'il vous plaît...
Pour me récompenser de mes efforts...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Géraud, ne m'énerve pas, j'ai dit non. C'est encore
trop tôt et tu dois te reposer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et est-ce que je peux au moins regarder par le.. la fenêtre?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Le vasistas? Tu es sûr que tu ne vas pas tomber dans les
pommes?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui... bien sûr, mentit Géraud, qui était déjà
en train de s'y rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bien, soupira le directeur. Mais n'y reste pas longtemps. Je ne sais
pas si trop de Soleil d'un coup te ferait du bien, après tout
ce temps. Sois prudent, quoi qu'il en soit. Sur ce, je te laisse,
j'ai à faire, en bas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Avant
que Géraud n'ait pu répondre, il entendit la porte se
refermer derrière lui. Et quelques instant plus tard, il
entendit un cliquetis mécanique résonner du bas des
escaliers. L'avait-il enfermé là-haut? Le jeune homme
fut soudain saisi d'un moment de panique, et presque aussitôt
sa peur de l'inconnu prit le dessus. Il ignorait tout des lieux qui
l'entouraient. Ce grenier était désormais le seul lieu
qu'il connaissait au monde, mais bizarrement, bien qu'enfermé,
il s'y sentait presque en sécurité. Oui, le directeur
avait certainement fermé le loquet pour ne pas que d'autres
viennent le déranger. Mais pourquoi n'éprouvait-il pas
plus de curiosité à sortir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
réalisa qu'il pouvait rester en sécurité et en
apprendre plus malgré tout. Prudent, il s'approcha de la
fenêtre en hauteur, et se relevant sur la pointe des pieds, n'y
vit rien que le ciel sans couleur. Il traîna le vieux coffre
juste au-dessous et y monta. Il s'y reprit à plusieurs fois
pour ouvrir la fenêtre, qui finit par basculer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	C'était
presque le soir, et Géraud remarqua qu'il se trouvait dans le
grenier de l'aile droite d'un vieux bâtiment en forme de U. Ses
yeux cherchèrent quelque chose de familier dans cette cour de
gravier blanc, ce perron, cette allée de mûriers, mais
en vain. Les grandes fenêtres carrées aux volets marrons
ne dévoilaient aucune silhouette. En inclinant sa tête
sur la droite, il aperçut au rez-de-chaussée une salle
allumée. Il se surprit à vouloir soudain y aller,
lorsqu'il vit des jeunes assis à des bureaux. Une classe.
C'était ça, il en était sûr. Ceux qui
étaient là-bas, vus de dos, avaient plus ou moins son
âge, il y avait une jeune fille au longs cheveux blonds, une
autre aux cheveux bruns et bouclés et un jeune garçon
au cheveux noirs, en ce qui concernait en tout cas la rangée
alignée contre les fenêtres. C'était tellement
étrange... Et dire que eux le connaissaient certainement...
Géraud fut brusquement repris dans le tourbillon du vertige.
Mercier avait raison, il était encore trop fatigué.
Avant de défaillir complètement, il referma le vasistas
et se laissa choir sur le matelas où il sombra dans un long
sommeil sans rêves.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=740318&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;220&quot; height=&quot;55&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=740318&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Se
sentant un instant observé, Luis tourna la tête vers la
fenêtre, mais la cour était vide. Il laissa son regard
et ses pensées flotter sur la classe et observa la petite
pièce où étaient réunis les autres
jeunes, qui écoutaient silencieusement le cours. L'éclairage
était faiblard, ce qui laissa à l'esprit de Luis le
loisir de vagabonder. C'était sans doute parce qu'il l'avait
mérité que Luis se retrouvait dans un endroit aussi
lugubre. Il avait détesté  l'orphelinat dès la
première fois qu'il y avait mis les pieds. La directrice,
Madame Mercier était du genre instruite mais pète-sec.
La première fois qu'il l'avait vue, elle avait eu l'air d'une
folle, les yeux lui sortaient presque des orbites, elle suait et
bafouillait en ramenant à son mari un garçon qui
s'apprêtait de toute évidence à passer un mauvais
quart d'heure. Le garçon avait la bouche en sang, comme s'il
était blessé mais elle l'avait traité comme un
délinquant. Ça n'était pas très
rassurant, d'ailleurs. Puis, Luis avait dû repartir en
précipitation, chassé sans ménagement par le
directeur. Un vieil orphelinat perdu au milieu de nulle part, un
couple de lunatiques, et des gamins à problèmes, Luis
n'avait pas imaginé remettre les pieds ici un jour, après
sa visite avec Sœur Catherine. Ses prières n'avaient pas été
écoutées, puisqu'il y revint une douzaine de jours plus
tard. C'était donc mérité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Pourtant,
Sœur Catherine, lui avait parlé d'un endroit formidable pour
lui, un &quot;ravissant orphelinat unique en milieu rural&quot;. Et
comme il s'était plus que lassé de la DDASS et des
familles d'accueil (et réciproquement), il s'était
laisser emmener, malgré le fait qu'il n'aie jamais entendu
parler d'orphelinat en France au vingt-et-unième siècle.
Il savourait à présent avec amertume l'ironie de la
situation. Ça pour être unique, ce lieu l'était à
coup sûr. &lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Les
yeux noirs de Luis se posèrent sur la directrice. Elle lisait
le texte d'un vieux livre poussiéreux, les lunettes avancées
sur son petit nez droit. Elle lui faisait penser à une vieille
grenouille de bénitier ratée qui avait été
forcée de se recycler dans le social. Elle dirigeait seule son
cours, qui reposait sur un obscur mélange d'histoire de France
et de catéchisme. Luis pouvait déceler de la
préoccupation dans sa voix. La chose qui qui semblait
l'apaiser était la façon un tantinet humiliante dont
elle rabrouait les bavards. Elle et son mari semblaient tenir
l'orphelinat d'une main de fer. Obéissants, les jeunes
orphelins se tenaient à carreau, ils étaient
manifestement habitués à ce climat de crainte qu'elle
imposait à sa classe. Luis n'avait pas cherché à
se fondre dans la masse, mais y était tout de même
parvenu dès le début en choisissant la solution
habituelle quand il se retrouvait dans un nouveau contexte : le
silence. Curieusement, ça ne semblait pas autant agacer son
entourage que d'habitude. Tant mieux. Ce matin, en prenant son petit
déjeuner, quelques jeunes avaient tenté de venir vers
lui. Mais ils étaient d'une maladresse manifeste, pire que la
sienne, un peu comme s'ils n'étaient pas habitués à
voir d'étrangers ici. Il n'avait répondu que par des
sourires à leur bonjours, et par des silences à  leurs
questions. Tous le regardaient de loin comme une bête curieuse
(il s'en fichait), sauf peut-être une jeune fille blonde qui
l'avait observé en souriant timidement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Mais
ce petit jeu ne l'intéressait pas. A vrai dire, tous ces
petits jeux en général ne l'intéressaient plus,
et en particulier celui qui consistait à apprendre à
connaître et s'attacher à des personnes, dont il allait
finir par se séparer et en fin de compte qu'il n'allait plus
jamais revoir de sa vie. Cela l'exaspérait infiniment, mais il
fallait qu'il se résigne à passer un long moment ici,
avec tous ces inconnus. Encore des inconnus. Il se mit à
repenser à sa précédente famille d'accueil. Il
repensa à la femme. Pour une fois que ça ne se passait
pas trop mal, et qu'il commençait à entrevoir l'espoir
que ça pouvait vraiment marcher, il avait suffit d'un instant
pour que tout bascule.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Soudain,
une très bonne nouvelle de Madame Mercier l'extirpa de ses
sinistres pensées : «Ce sera tout pour aujourd'hui,
jeunes gens.» Alors Luis prit le cahier et le livre qu'on lui
avait donné et le rangea dans le volet de son bureau, un
mobilier décidément aussi ancien que le reste des
lieux, songea-t-il. Il se dépêcha de sortir pour éviter
qu'on ne lui pose des questions, mais il fut vite déçu
:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Un instant, Luis. Viens me voir, dit la directrice. Dis-moi, tu vas
bien? Je ne t'ai pas vu participer, ni même bavarder. Tu es sûr
que ça va?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
haussa les épaules, et regarda vers le couloir. Il savait
qu'il avait de la chance qu'elle soit douce avec lui, mais il savait
aussi que cela ne durerait pas. Et qu'il attirerait les jalousies.
Mais il se contenta de la regarder à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Cela prendra le temps que ça prendra, jeune homme, mais si tu
ne veux pas parler, écoute ceci : tu es ici chez toi. Et pour
longtemps. Les autres jeunes ici ne sont pas candidats à
l'adoption. Je sais ce que tu penses, alors n'aie pas peur d'aller
vers eux. Aucun de vous ne va bientôt partir pour rejoindre une
énième famille d'accueil, car tu n'es plus à la
DDASS, désormais. Je te le répète : tu es ici
chez toi. A présent, je te laisse. Je monte voir mon fils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
ne répondit rien mais lui tendit un regard interrogateur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Tu ne le connais pas, il s'appelle Gildas. Il n'est pas venu parce
qu'il se rétablit d'un accident, et... et je m'inquiète
un peu pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
hocha poliment la tête, et pinça ses lèvres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bien, sors, toi aussi, et fais des efforts pour t'intégrer. A
tout à l'heure, pour le dîner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
prit la porte et marcha jusqu'à la cour, où les jeunes
s'étaient regroupés par petits groupes. Il ne savait
pas quoi faire, et commença à se toucher nerveusement
les doigts. Certains l'observaient. Il mit aussitôt ses mains
dans les poches et regarda en direction des Alpes culminant tout au
loin, derrière le toit. Les montagnes semblaient minuscules.
Elles devaient être plus lointaines qu'il ne s'en souvenait. Il
sentit soudain quelqu'un approcher derrière lui. C'était
encore la jeune fille, qui l'avait regardé avec curiosité
avant les cours. Il avait d'ailleurs aussi senti son regard sur lui
pendant qu'il avalait silencieusement son déjeuner dans son
coin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;left&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
J'ai vu que tu parlais avec la mère Mercier, tout à
l'heure. Elle t'a dit pour son fils?&lt;br /&gt;	Il tourna sa tête vers
elle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Lui et un autre jeune, d'ici, sont tombés accidentellement
dans une crevasse, il y a deux semaines environ, poursuivit-elle.
Gildas - le fils des Mercier - a repris connaissance, mais il paraît
qu'il a perdu beaucoup de sang. L'autre, il s'appelle Géraud.
Lui aussi a été blessé. Il paraît qu'il ne
s'est toujours pas réveillé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Luis
bouillonnait de lui demander ce que deux gamins gravement blessés
faisaient dans un orphelinat au lieu d'un hôpital entouré
des soins de professionnels, mais s'abstint.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Non,
il n'avait vraiment pas envie de parler. La jeune fille interpréta
mal sa réaction et reprit :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, moi aussi, je trouve ça bizarre, cette histoire de
crevasse. Entre nous, ici, on n'y croit pas trop, assura-t-elle, sur
le ton de la confidence. Et puis, ajouta-t-elle, moi j'ai vu Géraud
après l'accident, il était pas tombé dans les
pommes! Quand j'ai demandé s'il s'était évanoui
après coup, la mère Mercier m'a dit de m'occuper de mes
affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Manifestement,
elle attendait de Luis une réaction, mais il ne s'était
toujours pas décidé à parler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Surtout, dis-le moi, si je t'ennuie!, s'exclama-t-elle, à
moitié en riant, et à moitié vexée. Tu me
fais passer pour une enquiquineuse, un moulin-à-paroles! Tu
t'appelles comment déjà? Moi, c'est &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;É&lt;/span&gt;lodie...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Il la regarda dans les yeux
quelques secondes en se mordillant la lèvre inférieure
et reporta son attention sur les montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon, la carpe, c'est pas tout
ça, mais il faut que je te laisse. Figure-toi que j'ai des
amis. Je t'expliquerai ce que c'est, si ça t'intéresse
un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Interloqué, Luis tenta de
renouer le contact visuel mais Élodie avait déjà
tourné les talons, et tentait de rassembler sa dignité
malgré les douzaines d'yeux portés sur elle, pour
rejoindre une jeune fille brune pour papoter comme le font les filles
- certainement à propos de lui. Étant désormais
le seul de la cour que tous observaient, il feignit de contempler à
nouveau les montagnes au-delà des collines. Il se rendait de
plus en plus à l'évidence : il était là
pour longtemps - ou plus encore - et il ne servait à rien de
s'isoler comme ça. Après tout, ils étaient aussi
orphelins que lui, même si eux n'avaient certainement pas vécu
les mêmes choses, et ne portaient pas le gène de la
poisse dans le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
redirigea son regard vers l'intérieur de la cour. Mais pour
qui se prenait-il, après tout? Il n'y avait que des orphelins
ici, tout le monde avait vécu des choses horribles. Il se
reprocha son arrogance soudaine et déplacée. Il fallait
qu'il accepte qu'il était désormais ici chez lui. Et il
fallait qu'il le fasse savoir aussi, avant que les autres ne se
désintéressent définitivement de lui et de son
mutisme hautain. Il s'avança timidement vers Élodie,
qui le dévisagea des pieds à la tête avec le
regard de celle qui ne veut pas être dérangée.
Luis s'interrompit, sourit nerveusement, ne sachant pas quoi faire de
ses mains. Il fallait qu'il se force à s'intégrer, et à
leur parler. Après tout, il n'était pas obligé
de parler de lui, pensa-t-il, s'arrêtant face à elle et
son amie. Les Mercier l'avaient assuré qu'ils n'avaient parlé
à personne de son histoire. A cette pensée, Luis se
renfrogna et tourna les talons, pendant que les chuchotements
reprenaient dans son dos.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Averti
par un bruissement d'air, Gildas surgit brutalement de son sommeil et
hurla en voyant Géraud  tous crocs dehors se jeter sur lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Chuuut, murmura sa mère, ça n'est que moi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Elle
épongea son visage avec une serviette froide et humide, à
la lumière de la petite cheminée. Son fils était
toujours pâle, et elle devait régulièrement
changer son pansement. Elle s'inquiétait de savoir s'ils
réussiraient un jour à arriver au bout des angoisses de
son fils. Le garçon était tout tremblant dans son lit,
comme une proie qui n'arrivait plus à fuir le prédateur
qui lui avait brisé les pattes. Il faisait vraiment pitié
à voir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Maman?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, c'est moi, Gildas. Reste calme. Il faut que tu apprennes à
dominer ta peur. Tu ne peux pas continuer à sursauter chaque
fois que tu te réveilles. On sait tous ce que tu as vécu,
mais à présent, il faut que tu te fasses courage. Ça
devient pénible aussi pour nous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, dit-il faiblement en se
redressant. Pardon... Mais ça me fait toujours mal...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
N'y touche pas. D'après Loublin ça devrait bientôt
cicatriser. Les transfusions de sang de ce volume impliquent une
grande fatigue. Les infirmiers qui nous ont apporté les
échantillons nous ont avertis, alors ne te tracasse pas si tu
n'est pas encore à cent pour cent de tes capacités. Ça
viendra. &lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ils ont apporté des
échantillons de sang? Pourquoi ne pas avoir utilisé le
tien, ou celui de papa?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Essaye de faire preuve d'un peu
plus de confiance, s'agaça Abby-Gaëlle Mercier. Nous
avons fait ce qu'il y avait de mieux à faire pour toi, alors
mets-y aussi un peu du tien, Gildas. Tu sais que nous faisons notre
mieux ton père et moi pour apporter le maximum à chaque
enfant qui vit ici.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et lui aussi, maman? &lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Nous essayons d'aider tous ceux
qui en ont besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non, mais réponds-moi, insista Gildas, à fleur de peau.
Pourquoi est-ce que vous le gardez ici? Et pourquoi vous continuez à
être aux petits soins avec lui? Je peux pas aller mieux si je
sais qu'il... qu'il est toujours là, dans un coin, toujours
prêt à m'attaquer!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bon, tu as fini?, le coupa sèchement sa mère. Cet
endroit est le seul pour lui. Le seul! Et tant qu'on l'a sous les
yeux, on garde le contrôle sur lui. Autrement dit, il reste,
Gildas. Que ça te plaise, ou non. Ton père et moi
n'avons pas besoin de recevoir des leçons de toi, je suis
claire?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Pas vraiment claire, non, persifla Gildas, malgré la crainte
que lui inspirait l'autorité de sa mère. Si vraiment
vous l'aviez eu sous contrôle, tout ça ne se serait
jamais arrivé...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Et si tu n'étais pas dans un lit avec une face de cadavre, tu
en aurais reçu une!, rétorqua-t-elle d'un ton ne
souffrant d'aucune réplique. Comment oses-tu nous juger, ton
père et moi? Je te rappelle que si tu n'avais pas surenchéri
dans les provocations, il ne se serait jamais... emporté. &lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Maman, il l'avait cherché,
il n'arrêtait pas de me...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Assez, Gildas!, laissa-t-elle exploser. Mets-toi bien dans la tête
que je me &lt;em&gt;moque&lt;/em&gt;, de savoir qui de vous deux a commencé!
Et d'autre part, il est scandaleux que tu m'obliges à te
rappeler que si je n'étais pas intervenue, tu serais allongé
dans un lit en bois six pieds sous terre! Ne m'oblige pas à
t'expliquer plus en détail notre conception de la gratitude.
Nous nous occupons de toi, comme nous nous occupons de lui, et
crois-moi une bonne fois pour toute : nous nous occupons vraiment de
lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Vous n'allez pas le laisser
m'attaquer à nouveau, alors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-indent: 0.02cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Ni toi, ni personne. Nous te
l'avons dit et redit, ton père et moi, nous condamnons ce
qu'il a fait. Se jeter sur quelqu'un pour boire son sang est une
chose... horrible, anormale et... immonde. C'est monstrueux. On te
l'a dit. Alors ne te permets pas de nous juger. Et essaye plutôt
d'avoir pitié de lui, si tu veux que le Seigneur soit aussi
miséricordieux pour toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
se tut. Il le savait, c'était inutile d'en rajouter. Alors
soit, il lui laissait le dernier mot, si elle le voulait, il le lui
laissait. Cela ne l'empêchait pas de penser pour autant. Mais
bien que ses parents et lui aient toujours eu des relations vives, la
trahison que représentait à ses yeux le fait de garder
Géraud à l'orphelinat franchissait pour lui une limite
jusque là infranchie. Cela lui avait cruellement ouvert les
yeux : il ne pouvait plus leur faire confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Mais
voilà, pas de chance, et c'était dur à admettre,
mais il avait besoin d'eux. Et ça l'énervait encore
plus. Pour le moment, il savait que sa mère attendait des
excuses ou quelque chose de ce goût-là, mais dans la
mesure où lui aussi en attendait, il opta pour la solution la
plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Laisse-moi dormir, je suis fatigué.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Soit, mon fils, repose-toi. C'est le dernier jour où tu te
reposes, annonça-t-elle en repartant vers la porte de la
petite chambre. Petit à petit, il faut que tu recommences à
venir en classe. Voir du monde. Ça n'est pas bien pour toi, de
rester au lit toute la journée. Même dans tout état.
Surtout dans ton état, d'ailleurs. Tout le monde ne cherche
pas à te mordre, je te rassure.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais je me sens faible...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Tout le monde est faible... Certains jeunes ici ont une maladie très
grave, comme ton ami Emmanuel, ne l'oublie pas. Prends un peu exemple
sur son courage. Et Luis, qui vient d'arriver, il est tellement
perturbé qu'il ne parle à personne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Pourquoi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Tu n'as pas besoin de le savoir.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Maman, je te promets que ça restera entre nous. Dis-toi que si
je le répète, tu sauras que ce sera moi, de toutes
façons... Tu sais que je me sens isolé, à force
de rester cloîtré ici...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ça va, arrête... Sache juste qu'il n'a pas vraiment eu
de chance dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Quoi, il est maudit?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Cesse de blasphémer!, s'exclama-t-elle en faisant le signe de
croix. Nous sommes catholiques! Nous ne croyons pas en ce genre de
choses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Maman...?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Oui, Gildas, soupira-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Est-ce que les catholiques croient aux anges?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Je... Mais oui, bien sûr! Tout le monde a son ange gardien.
Quoi, tu n'écoutes pas mes leçons de catéchisme?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Si, bien sûr... Mais si les anges existent... les démons
aussi, alors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Gildas, murmura-t-elle enfin avec calme, tout en se rapprochant de
lui. Il faut que tu saches que les anges sont invisibles, et les
démons, aussi. Ils agissent au quotidien, mais on ne les voit
pas vraiment, tu comprends? Ce sont ces forces obscures,
immatérielles, qui ont poussé ton camarade Géraud
à t'attaquer. Et ce sont les forces du Seigneur, qui nous
donnent la force de continuer à croire qu'il peut changer, et
devenir meilleur. C'est plus simple d'écouter les forces
obscures, comme c'est plus simple de croire qu'il y a de véritables
créatures démoniaques qui se baladent autour de nous.
Mais la vérité, c'est qu'il y a un ange et un démon
en chacun de nous, Gildas. Écoute ton cœur et apprends à
reconnaître leur voix. Tu te sentiras moins faible si tu fais
le choix d'écouter ton ange gardien. Et je sais que tu
trouveras la force d'écouter le tien, et que tu finiras par
offrir un jour ton pardon à Géraud. Je te sens destiné
à tellement de belles choses, mon fils. Je te promets de
t'aider à combattre ton propre démon, et d'être
l'homme fort et honnête que Dieu veut que tu sois. En
attendant, repose-toi, car demain tu reprends la classe. Je te
promets de ne pas t'interroger, mais ne le répète pas.
Fatou va bientôt passer pour éteindre le feu et changer
tes pansements. Bonne nuit, mon fils.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Bonne nuit, maman.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Tandis
qu'elle refermait la porte, Gildas laissa son regard et ses pensées
se perdre dans les braises de la cheminée. Il enfouit sa peur
en ruminant sa colère contre celui qui était la cause
de son état lamentable. Il perdit son regard dans l'âtre
en repensant à cette brillante paire d'yeux rouges. Autant de
belles paroles de sa mère sur le sens du grand pardon, autant
de futilités éloignées au possible de la
réalité. Ce taré l'avait plaqué au sol
avec une violence inouïe, et lui avait transpercé le cou
pour y boire son sang. Quelle genre de personne saine d'esprit était
capable de ça? Il trouvait l'idée si écœurante
qu'il en eut la nausée. Mais à vrai dire, il était
tout autant ulcéré par la déception et la
solitude qu'il éprouvait face à l'aberrante clémence
de sa mère, d'habitude si autoritaire, avec ce monstre de
Géraud&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Jamais
elle ne l'aurait cru capable de faire une telle chose. Fatou le
connaissait bien, car cet orphelinat était tout ce qu'elle
connaissait. Malgré les jours passés, elle était
toujours sous le choc. En finissant de passer le balai dans l'aile
des chambres des filles, elle pensait à Géraud. Loublin
lui avait raconté la vraie version des faits. Évidemment,
que les deux jeunes hommes n'étaient pas tombés dans
une crevasse rocheuse... Les ayant nettoyées elle-même,
elle avait pu juger l'état inhabituel de leurs blessures.
Géraud était devenu fou et avait mordu sans raison
Gildas, lui ouvrant par mégarde une grosse veine au niveau du
cou. Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête?
Il avait toujours été un jeune homme un peu en marge
des autres, mais avec un bon fond. Et pas si violent... &lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
avait été amené très tôt ici. Les
Mercier s'étaient chargés de reprendre en charge ce
jeune enfant désobéissant. Il avait déjà
son caractère, mais jamais elle n'aurait imaginé
possible qu'il se jette ainsi sur le fils du directeur. Ça
n'était pas un mystère, tous les deux se haïssaient,
mais le fait de l'attaquer de manière aussi violente et
barbare... Elle avait peur, en réalité. Le sentiment
d'être différent de tout le monde, elle connaissait. Le
fait d'être la seule à avoir la peau noire de
l'orphelinat l'avait longtemps isolée, et après toutes
ces années passées ici auprès des Mercier, elle
était restée ici, gagnant sa vie comme assistante,
enfin, surtout femme de ménage. Un cliché raciste
peut-être, mais elle ne reniait rien. Elle n'avait jamais eu à
subir la haine, ici. Juste la solitude. Elle avait peur du monde
extérieur, et elle soupçonnait les Mercier d'attiser ce
sentiment pour la garder. Peu importe, la présence d'autres
orphelins, bien que chacun avec sa sensibilité, la rassurait.
Elle était un peu leur grande sœur, et ça lui faisait
oublier tout le reste. Et tout allait bien. Mais depuis que Géraud
avait blessé Gildas...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Oh,
elle s'était doutée bien sûr qu'il ne s'était
pas blessé le cou en tombant comme on le lui avait rapporté.
Elle avait nettoyé sa chambre, l'avait nettoyé lui,
dans son lit, il était livide, et la chair de son cou avait
été très nettement marquée. Comme si
c'était une créature d'horreur, qui l'avait attaqué.
Elle avait vu un film sur les vampires, un soir, il y a longtemps.
Elle s'était cachée la nuit pour le voir en cachette,
avec Loublin. Il était strictement défendu de voir ce
genre de films ici, même pour eux, et heureusement les Mercier
ne les avaient pas surpris. Elle se rappelait la façon dont un
vampire avait attrapé une jeune fille, la mordant au cou, et
répandant du sang dans son corsage. Elle en avait fait des
cauchemars pendant des semaines. Et depuis quelques temps, elle en
refaisait. Elle revoyait le visage de Géraud, la bouche en
sang, traîné par Madame Mercier vers le bureau de son
mari, et cette image la hantait. Non, en fait, cette image la
terrifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Bien
sûr, elle repensa aussi à elle-même. Forcément.
Elle avait peur de devenir dangereuse, et elle s'imagina se
transformer comme le vampire du film qu'elle avait vu il y a
longtemps. Mais ça n'avait rien à voir, elle n'avait
rien d'un vampire. Et elle n'avait jamais fait de mal à qui
que ce soit, bien au contraire, elle aimait soulager les gens de leur
peine. Mais le fait de savoir que Géraud, ce jeune homme un
peu perdu auquel elle s'identifiait un peu, avait révélé
une nature si sombre, ça la désemparait vraiment. Elle
ne savait finalement rien de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Le
bruit d'une porte interrompit le cours de ses pensées. C'était
Loublin, il venait encore la voir. Elle plongea son regard sur le
parquet qu'elle balaya vigoureusement, espérant ainsi pouvoir
paraître très concentrée et rester tranquille.
Raté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Fatou, écoute-moi, j'ai
une grande nouvelle, commença Loublin, très agité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Hmm oui... Je suis occupée,
pour le moment... Tu me diras après...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Tu n'as pas à
t'interrompre pour entendre ce que j'ai à te dire. Il s'est
réveillé!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
Elle s'interrompit et le regarda
directement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qui ça? ...Gildas? Ah,
il faut que je vienne le panser, j'avais oublié...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non, lui, ça fait depuis un moment qu'il est réveillé,
répondit-il, tout sourire. Géraud, bien sûr!
Géraud est réveillé! Quoi? Voyons, tu ne dis
rien?, lui demanda-t-il, devant sa grande perplexité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Parce que... je ne sais pas quoi dire. Il... euh... il va bien? Il
t'a parlé de ce qui s'est passé?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, il va bien. Et, euh...
Comme le craignait Mercier...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Qu'est-ce qu'il y a?
Regarde-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Rien... C'est juste qu'il a reçu ce choc à la tête,
comme tu le sais...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Il y a un problème avec Géraud? Sa santé est en
danger?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Non, ses jours ne sont pas en danger, rassure-toi... C'est juste
que... Il a perdu tout souvenir de ces évènements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ha! Comme c'est pratique..., railla-t-elle. Je n'y crois pas une
seconde, après ce que tu m'as dit. Enfin, tu as vu dans quel
état il a mis Gildas?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, mais ce qu'il y a, c'est
qu'il ne se souvient d'absolument rien. Ni de ça, ni de rien
avant. Et crois-moi, il ne fait vraiment pas semblant. Mercier m'a
fiché dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Bon sang, Loublin, tu sais ce
que j'en pense. Je l'ai toujours apprécié, ce gosse, et
toi aussi, je sais, à ta manière. Mais là, je
sais pas ce qui lui a pris, c'est complètement... dingue!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Ils s'étaient déjà battus, rappelle-toi...
Enfin, surtout Gildas...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Mais ça n'a rien à voir avec une attaque! J'ai vu
Gildas, il était presque vidé de son sang... J'ai beau
essayer de ne pas y penser, mais... Oh, j'ai honte à l'idée
que je suis en train de t'en parler... Je n'arrête pas de
penser à ces films de vampire...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Des films de vampire?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;
- Oui, comme celui que tu m'avais
fait voir et... je n'arrive pas à penser à autre chose,
en ce moment!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	-
Fatou, tu sais que je t'adore, mais tu vas chercher des choses un peu
trop bizarres pour expliquer de banales de chamailleries entre
adolescents&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: -0.05cm; margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;De
toute évidence, Géraud n'avait effectivement aucun
souvenir de sa vie avant l'opération qui lui avait été
infligée, mais Loublin était tout de même surpris
de voir à quel point. En réalité, il s'en
voulait terriblement d'avoir aider Mercier à torturer le
garçon, et le remords n'effaçait pas qu'il ait risqué
de compromettre sa vie. Qu'aurait-il fait, si Géraud n'avait
pas survécu? Mieux valait-il ne pas y penser. Après
tout, peut-être valait-il mieux que le jeune homme ait perdu la
mémoire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Loublin
se rendit dans son atelier au sous-sol, dépassant la porte où
quelques jours plus tôt, il avait joué les assistants
bourreaux. Pour l'heure, la question de la mémoire de Géraud
n'était pas ce qui le préoccupait le plus. Il avait
quelque chose à faire. Maintenant que Géraud s'était
réveillé, Loublin pouvait chercher à savoir si
quelque chose avait survécu après l'arrachage des
canines. Mercier semblait chercher pour le moment à l'empêcher
de questionner Géraud, mais Loublin n'en pouvait plus, il
fallait qu'il sache si la nature vampirique de Géraud avait
disparu.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Il
ferma la porte rouillée dans un grincement, déplaça
l'étagère qui se trouvait à côté de
sa table de travail, et ouvrit le coffre incrusté dans le mur.
Délicatement, il prit l'écrin noir qui s'y trouvait, et
l'ouvrit délicatement. A l'intérieur reposaient les
canines de Géraud. Elles avaient retrouvé leur taille
originelle, et étaient d'un blanc sans teint depuis que
Loublin les avait soigneusement nettoyées. Mercier les avait
jetées à la poubelle avec dédain après
les avoir arrachées, et ne s'était plus souciées
d'elles, ne s'imaginant pas un instant que Loublin passerait derrière
pour les récupérer. Elles étaient désormais
à lui. Géraud étant toujours vivant, elles
prouvaient une chose. Elles ne lui étaient manifestement pas
indispensables pour vivre. Loublin était fasciné car
dans tous les livres qu'il avait lus, arracher les canines d'un
vampires était un moyen efficace - et méconnu - de le
tuer. Quoi qu'il en soit, Géraud n'était pas vraiment
un vampire. Mais quelle conséquence la perte de ces canines
avait-elle provoqué en lui?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	Loublin
frémit à de sombres pensées. Il referma l'écrin
et s'interrompit avant de le ranger. Une idée l'avait saisi.
Une folie, peut-être, mais il fallait tenter l'expérience.
Il se rendit jusqu'à sa table de travail, alluma la lampe
d'appoint, et avec une pince, saisit délicatement les dents
qu'il déposa sur une petite plaque vitrée. Puis avec
une fine lame, il testa sa dureté. Elle était dure
comme une dent doit l'être, et normale en apparence. Impossible
de dire à première vue si le phénomène
pouvait se reproduire. Il dirigea donc la lame vers son index, et
appuya contre le gras du doigt, afin d'y faire une petite incision.
Une petite goutte perla, juste ce qu'il fallait. Il la laissa couler
le long de la lame, et la fit délicatement retomber sur une
canine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;	La
goutte de sang roula un peu sur l'émail, et Loublin redirigea
la lumière plus près. Rien. Peut-être fallait-il
un peu plus de sang? Loublin s'apprêtait à pincer sa
blessure lorsqu'il vit la canine s'allonger sensiblement. Plus
impressionnant : à présent, les deux canines, comme
connectées, s'étiraient simultanément, sans
qu'aucun artifice ne semble venir le provoquer. Loublin était
complètement ahuri par ce qu'il avait sous les yeux : jamais
il n'avait vu un tel phénomène. A l'exception bien sûr
de lorsqu'elles étaient portées par Géraud, mais
cette-fois ci, c'était &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, qui l'avait provoqué.
Un nouveau challenge mystérieux à relever pour le
scientifique qu'il était. Alors qu'il s'apprêtait à
reporter ses observations dans son carnet de note, il reporta son
attention sur les dents et devina en partie comment elles
s'allongeaient : il semblait que la matière osseuse permettant
de faire grandir la dent venait de l'intérieur. En réajustant
ses lunettes, il vit à la lumière de sa petite lampe
d'appoint que dans les dents s'était en effet creusé un
petit canal d'air, laissant un petit orifice derrière la
pointe et un autre juste au-dessus du niveau de la racine. Voilà
comment le sang de la victime passait de la veine de la proie au
gosier du vampire. Cette révélation le saisit sur le
vif. En plus de comprendre le fonctionnement des canines de vampires,
il avait désormais la preuve que l'arrachage des canines de
Géraud n'avait en rien éliminé leur
caractéristique vampirique. Et par déduction que cette
essence avait aussi survécu en Géraud.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Lancement de Dhampyr.fr</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/Lancement-de-Dhampyr.fr</link>
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    <pubDate>Thu, 19 Mar 2009 23:18:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>News</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue à tous et à toutes!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;J'ai le plaisir de vous accueillir sur le site du livre en ligne &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?pages/Licence&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Je vous invite à parcourir dès à présent le site, et bien sûr le premier chapitre (le &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/Prologue&quot;&gt;prologue&lt;/a&gt;), que vous pourrez retrouver pour vous donner un avant-goût de l'histore dans la rubrique &quot;Chapitres&quot; sur votre droite (ou dans le billet ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Très prochainement, je mettrai en ligne davantage d'&lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/zenphoto/&quot;&gt;illustrations&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?pages/Musique&quot;&gt;musiques&lt;/a&gt;, et lancerai le reste de l'histoire en publiant régulièrement les autres chapitres. Je vous tiendrai au courant pour vous présenter le projet de ce livre, qui sera je l'espère aussi le vôtre.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;En attendant, je vous remercie de votre visite et vous souhaite une très bonne lecture! &lt;strong&gt;;o)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludo&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p&gt; &lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/deed.fr&quot;&gt;&lt;img title=&quot;CC logo, avr. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Autres/somerights20.fr.png&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/../../index.php?pages/Licence&quot;&gt;site&lt;/a&gt; est sous licence &lt;a href=&quot;http://fr.creativecommons.org/&quot;&gt;Creative Commons&lt;/a&gt;. &lt;strong&gt;Anéfé, &lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.security-database.com/toolswatch/IMG/jpg/anti_hadopi_manif.jpg&quot;&gt;&lt;strong&gt;piratez-le&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;!&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Prologue</title>
    <link>http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/Prologue</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5fdc5887b1f8aa9d8e1235c217902ef8</guid>
    <pubDate>Thu, 19 Mar 2009 21:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Ludovic Iadanza</dc:creator>
        <category>Chapitres Dhampyr</category>
            
    <description>&lt;h3&gt;Le goût du sang&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Voici le premier chapitre de &lt;strong&gt;Dhampyr&lt;/strong&gt;. Vous pouvez en modifier la taille en utilisant les boutons &quot;&lt;strong&gt;D&lt;/strong&gt;&quot; au-dessus à droite, et vous pouvez également télécharger une version &lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Chapitres_PDFs/Dhampyr_-_Chapitre_0_-_Prologue.pdf&quot;&gt;PDF&lt;/a&gt; et l'imprimer si vous le souhaitez. D'autres chapitres suivront régulièrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci de votre visite et bonne lecture! ;o)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ludo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;img title=&quot;C.png, mar. 2009&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Lettrines/C.png&quot; /&gt;'était comme ça. Le désir et
la peur. Le plaisir et la honte. Agrippé par le col, il avançait,
poussé en avant, vers l'endroit où on
allait bientôt le juger, puis le punir. Tout cela à cause de cet
acte de folie pure, furieux, primaire, et qui faisait encore battre
contre ses tempes humides le regret d'y avoir succomb&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;é.
&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Ç'avait&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;
ét&lt;/span&gt;é comme mordre la vie elle-même à pleine dents, comme
refermer ses mâchoires sur une orange acide, et sentir la fraîcheur
de son jus sucré envahir ses papilles. La douceur et le piquant. Il
commençait tout juste à le sentir, le piquant.
Seconde après seconde, il mesurait la barbarie de ce qu'il venait de
faire, pas après pas, la violence de la réalité effaçait tout de
sa vie passée afin de ne la réduire qu'à ces dernières minutes.
Désormais, de lui, on ne se souviendrait plus que de ça. Sa vie ne
serait plus jamais la même. Il regrettait à présent avec amertume
d'en avoir même fait le souhait. Après le sucré et l'acidulé, le
goût était amer. Et il n'y avait absolument personne pour le
comprendre - et encore moins le défendre.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le
Soleil était beaucoup trop puissant, pourquoi fallait-il que cette
saleté de Soleil lui tape si fort dessus? N'était-ce donc pas
assez? Madame Mercier, dont les joues salées brillaient de rage et
d'horreur, commençait à l'étrangler, à force de le tirer comme
ça. Pourquoi fallait-il que ça lui soit arrivé à lui? Pourquoi ne
l'oubliait-elle pas un peu, par pitié?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Une
ombre soulagea fugacement ses yeux alors que Géraud passa à travers
le portail ouvert. En haut des colonnes, deux horribles anges
sculptés, l'un avec une épée et l'autre en train de prier,
trônaient. Sans vraiment s'en rendre compte, il en examina
scrupuleusement le moindre détail, et il y parvint assez bien.
L'état de grâce se prolongea comme en ralenti, lui offrant la
miséricorde de pouvoir s'évader très loin, durant une seconde
toute entière.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Je n'arrive pas à le croire, je n'arrive pas à le croire!
répétait-elle, le ramenant cruellement à la réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Moi non plus..., soupira-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Ainsi
progressèrent-ils, le long de ce chemin bordé de mûriers
parfaitement axés, parfaitement taillés, menant à la bâtisse,
parfaitement architecturée, ancienne mais toujours parfaitement
debout. La construction datait de plusieurs siècles, ses trois corps
de bâtiment en fer à cheval se formaient autour d'une cour
d'honneur où il y avait quelques jeunes de son âge. En
arrière-plan, au delà des collines, les Alpes dessinaient l'horizon
avec majesté, et Géraud se perdit dans leur contemplation.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Il
trébucha. Elle dut le lâcher pour ne pas tomber aussi. Soumis, il
laissa sa main agripper à nouveau son col tandis qu'elle
l'insultait. Il avait trop honte pour l'en empêcher. Elle lui
ordonnait à présent d'avancer. Alors il avançait. C'était
l'automne, et le sentier était couvert de mûres et de feuilles pas
tout-à-fait vertes, mais pas-tout-à-fait brunes non plus. La
fermentation des fruits écrasés avait quelque chose d'agressif,
d'écœurant. Jamais il n'y avait prêté attention. Mais n'importe
quoi pouvant le distraire était bienvenu, surtout si ça pouvait
durer longtemps. Tout autour de lui, depuis la base des troncs
jusqu'à cet ancien monastère reconverti en orphelinat, il sentait
des choses qu'il n'avait jamais senties auparavant. Bien qu'il
fasse plein jour, il y percevait une sorte d'aura surréaliste,
quelque chose d'un peu agressif, qu'il crut
imaginer sur le moment, un nuage qui caressait la terre, un
peu comme la brume efface les troncs des arbres, pendant une nuit
d'hiver. Il pouvait la voir autour de ces murs, la croyant
consciente, voyeuse, accusatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Et puis, comme il n'y
avait plus rien d'autre à regarder et qu'il était presque arrivé,
il vit les autres orphelins, qui le regardaient, lui. Si Géraud ne
voyait que stupéfaction et incompréhension, ses pairs eux voyaient
un jeune homme hagard, la bouche et les joues couvertes de sang, tiré
vigoureusement par la chemise par la femme du directeur, le visage
déformé par trop d'émotions pour pouvoir les comprendre.
Connaissant Géraud, ils savaient que pour qu'il se laisse traiter
avec aussi peu d'égards sans protester, il devait s'être passé un
évènement d'une extrême gravité. Mais tous remarquèrent aussi
l'absence de Gildas. Où était donc le fils de la directrice?
Qu'est-ce que tout cela signifiait?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Soudain accablé par la
culpabilité de ce qu'il venait de faire, Géraud perdit le rythme
que lui imposait Madame Mercier et chuta avec violence sur le gravier
beige. Il y eut un moment de flottement, pendant lequel le silence et
les regards planèrent. Géraud qui était tombé sur le visage,
sentant sur lui une douzaine d'yeux, mesurait soudain les terribles
conséquences de son acte, déjà achevé et pourtant encore si
présent dans sa tête. Tout était flou. Un liquide chaud envahit sa
bouche, suivi d'une sensation électrique dans tout son corps. Il
toussa et cracha. Le gravier déjà couvert de mûres en bouillie se
tâcha un peu plus de rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Relève-toi!,
hurla-t-elle, le ramassant sans délicatesse, accompagnant ses mots à
un violent coup de pied au derrière.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Alors il se releva,
tâchant d'ignorer les regards autour de lui. Élodie, mortifiée,
semblait lui poser une question du regard, mais il feignit de ne pas
la voir, comme les autres. La lèvre qu'il venait de s'ouvrir
semblait déjà commencer à cicatriser. Celles de Madame Mercier
marmonnaient un &quot;Je vous salue, Marie&quot;, tandis qu'ils
entrèrent dans le hall, sur la droite. A l'intérieur, Fatou fut
tellement surprise qu'elle ne put retenir un petit cri en le voyant
le visage ensanglanté, secoué sans ménagement par la directrice.
Bien sûr, tous les deux remarquèrent sa réaction, mais ils
s'avançaient néanmoins de la porte du directeur. Au travers de
celle-ci, Géraud entendit la voix de Monsieur Mercier : &quot;...toujours
mieux ici qu'ailleurs, mais il faudra toujours rester vigilant&quot;.
Respirant bruyamment, sa femme laissa sa main sur la poignée, et
Géraud crut qu'elle allait changer d'avis. Hélas, elle ne prit le
temps que de prendre une inspiration avant de l'ouvrir à la volée
sur le grand bureau en bois sombre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Simon! Oh doux Jésus,
aide-moi, Simon...!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Abby-Gaëlle! Je suis
en plein entretien! Mais qu'est-ce que... Tu n'es pas au village?
Que se passe-t-il, dis-moi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le directeur s'était
relevé, et dévisageait à présent le garçon. Sa carrure
corpulente, ses petits yeux et sa moustache
impressionnaient toujours Géraud, même si aujourd'hui ses
petits yeux exprimaient l'ahurissement. Ne pouvant soutenir son
regard, il le détourna sur les deux autres personnes dans la pièce,
assises face à M. Mercier. Les visiteurs étaient rares, et
aujourd'hui, il y avait une religieuse septuagénaire que Géraud
avait déjà vue, ainsi qu'un jeune homme du même âge que lui et
typé méditerranéen. Il y avait dans ses grands yeux noirs une
sorte de détresse, ce qui fit que Géraud se sentit soudain un peu
moins seul. Il remarqua que ce garçon était portait une petite
croix dorée au-dessus de son T-shirt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Simon, c'est Gildas,
il saigne et... Géraud l'a... Il l'a atta...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Sœur Catherine,
veuillez nous laisser seuls, je vous prie. Et merci de nous avoir
amené Luis, ajouta-t-il en les pressant vers la sortie. Je vous
rappellerai bientôt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Bien sûr, Monsieur
Mercier, mais si votre fils a besoin de soins, je peux très b...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ce sera tout, merci,
je prends cela charge. Au revoir. Géraud! Assis!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Madame Mercier le poussa
un peu brusquement en avant, et il se mit sur le côté pour laisser
passer ledit Luis, ils échangèrent un court regard et Géraud
s'assit sur la chaise que ce dernier venait de libérer.
Madame Mercier et Géraud suivirent du regard les visiteurs passer la
porte, intrigués par leur présence ici. Mais une fois la porte
refermée, la directrice, qui bouillonnait de livrer à son mari tout
ce qu'elle avait sur le cœur, se lança enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Il l'a attaqué,
Simon! Il s'est attaqué à Gildas! Il l'a presque vidé de son
sang... Ses yeux étaient rouges, comme...
diaboliques et je... J'ai essayé de... Oh Seigneur, ça a
fini par arriver, Simon! Je t'avais dit qu'on aurait dû être plus
prudents!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Silence, dit froidement le directeur, imposant le silence dans la
petite salle. Il est trop tard pour parler de ça, maintenant. Essaye
de te contrôler. Je veux que tu me dises comment va notre fils.
Est-ce qu'il l'a... est-ce qu'il est mort?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Non!, se défendit Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Tais-toi!, hurla Monsieur Mercier, avant de se retourner vers sa
femme. Abby-Gaëlle, je veux que tu me dises calmement où est notre
fils et dans quel état.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Dans quel... Oh... Loublin. Il est avec Loublin. Il est en train de
le réanimer et le rapporter ici. Il a perdu beaucoup de sang, je
crois. Oh, douce Marie mère de Dieu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Et Loublin qu'a-t-il dit?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Comment ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Loublin!!!, s'emporta-t-il. Est-ce qu'il t'a parlé de quoi que ce
soit? D'effets secondaires?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Tu veux dire comme avec...? Je... Non, je...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Est-ce qu'il s'en sortira?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Il n'en est pas sûr, il m'a dit qu'il fallait demander à Fatou de
lui prodiguer des soins...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Misère... Bien, reprit-il. Géraud. Je veux que tu me dises ce que
tu as fait à mon fils.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Je... Il a commencé à me provoquer, alors on s'est disputé et
il...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Abrège!, aboya Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Il m'a frappé au visage! Alors j'ai eu la tête qui tournait, je me
suis senti... bizarre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Et ensuite?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je... Je l'ai mordu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=134994&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=134994&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	C'était ce qui s'était
passé. Alors qu'il accompagnait la directrice, son fils et son
assistant au village, les deux jeunes hommes qui continuaient leur
route à l'écart, s'étaient querellés. Gildas ricanait sur le sort
de Géraud, et lui affirmait qu'aucune famille d'accueil ne voudrait
jamais d'un &quot;bizarroïde&quot; pareil. Géraud, bouillonnant de
rage par cette humiliation avait dans un premier temps préféré lui
tourner le dos pour ne pas montrer à quel point sa remarque l'avait
blessé. Gildas poussa la provocation en lui envoyant une claque si
forte qu'il se blessa lui-même en s'ouvrant sur les dents de Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Soudain, l'espace d'une
seconde, Géraud crut perdre conscience. Il y avait quelque chose qui
s'était éveillé en lui. Le temps se suspendit. Soudain, ses yeux
s'illuminèrent d'un éclat rouge, troublant un instant sa vision.
Ses canines, quant à elles s'allongèrent. Tous ses sens
s'irradièrent et se décuplèrent, et il se sentit alors plus fort
et vif qu'il ne l'avait jamais été de toute sa vie. Tout était
alors allé très vite.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Il avait sauté sur
Gildas, le projetant au sol. Il put lire la surprise et l'horreur
dans ses yeux. Cela le fit exulter, et il sourit pleines dents, plus
longues encore que l'instant d'avant. Il l'enfourcha, s'empara de son
col d'une main et tira avec vigueur ses cheveux en arrière,
dévoilant son cou. Il sentait la transpiration s'évaporer de ce
corps sa merci toute entière, il voyait celui qui passait son temps
l'humilier souffrir, tandis qu'il le tirait par
la crinière. Il le sentait tenter de se débattre de cette emprise
devenue  désormais trop puissante, il le sentait remuer
ridiculement comme un petit animal entre les serres de son prédateur,
il sentait chaque rayon du Soleil tomber directement sur lui, il
sentait cette douce brise de vent le décoiffer un peu. Et il voyait
avec netteté la petite veine violette, en-dessous
de cet épiderme rose doux comme du velours, dont il distinguait les
gouttes minuscules suinter de chaque pore. Mais c'était
surtout cette petite veine, qui se soulevait à intervalles réguliers
et rapides, le suppliant de la transpercer, pour être ouverte au
grand jour et offrir son nectar divin et interdit. Cette petite veine
sous la peau...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Alors
oui, c'était vrai, Géraud l'avait mordu. Bien sûr, qu'il l'avait
fait. Il n'avait eu ni le choix, ni le doute, ni la honte, ni même
le dégoût d'y avoir succombé. Son envie de mordre l'avait mordu
lui-même, et il ne pouvait faire autrement que de rendre honneur
cette petite veine si disponible en la croquant. Sans hésitation,
ses canines se plantèrent au moment exact où elle se regonflait,
percèrent la couche de peau élastique, s'enfonçant dans cette
délicieuse chair moelleuse et pourpre, et percèrent encore avec un
bruit aqueux à travers la résistance caoutchouteuse de la petite
artère, qui semblait décidément faite pour l'accueillir lui,
enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Du sang gicla sur la
joue de Géraud. Gildas hurla de douleur. Tandis qu'il s'époumonait,
il sentait un liquide tiède couler le long de sa nuque. Géraud
était sur lui et l'écrasait, il lui faisait quelque chose au cou
qui lui faisait atrocement mal. Il sentait de plus en plus ses forces
l'abandonner, et parvint à dégager malgré tout un coude, qui fut
aussitôt écrasé par le corps massif de Géraud. Il cria de nouveau
mais ne s'entendit émettre qu'un couinement confondu par des
gargouillis. Sa vision se troublait, il voyait les branches des
arbres au-dessus de lui et caché derrière, le Soleil qui
l'aveuglait et le brûlait. Il faisait de plus en plus chaud, et la
lumière éclatait de plus en plus. Tout cela, Géraud le voyait
aussi, comme si c'étaient ses propres yeux, alors qu'il satisfaisait
sa soif irrépressible. Le sang se déversait par flots dans son
palais, roulant sur sa langue, et éclaboussant sa gorge tandis
qu'ils avalait à grands coups et avec milles délices le succulent
arôme. Ses lèvres se resserrèrent sur la peau pour ne pas perdre
la moindre goutte sucrée, alors que les gesticulations de Gildas se
faisaient moins vives.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Puis une voix féminine
hurla d'horreur derrière lui et deux mains tentèrent de l'extirper
du corps qui se vidait chaque seconde un peu plus de son sang. Par
réflexe, Géraud expédia violemment d'un coup de pied la personne
qui le tirait, et put apercevoir du coin de l'œil que la directrice
avait été formidablement projetée plusieurs mètres en arrière.
Qu'importe, cela lui permit de rester fermement accroché à la veine
de Gildas, ou plutôt à &lt;em&gt;sa &lt;/em&gt;veine. Il entendit peu après
quelqu'un d'autre arriver, et il fut violemment arraché de sa proie,
puis bloqué au sol. Il reconnut le visage de Loublin, et cessa de se
débattre alors qu'il sentait son excitation l'abandonner. Tandis
qu'il reprenait progressivement conscience de ce qu'il venait de
faire, Madame Mercier se releva et hurla d'horreur en voyant le corps
blanc et immobile de son fils. Elle se dirigea ensuite vers Géraud,
toujours bloqué par Loublin, et le gifla si violemment que ses
oreilles en sifflèrent. Elle l'empoigna alors par le col et le
releva, et il la laissa faire. Alors qu'elle le
tirait sans ménagement en direction de l'orphelinat, du coin de
l'œil, il aperçut avec effroi Loublin tenter de réanimer Gildas.
Il réalisa soudain, sans pour autant comprendre pourquoi, qu'il
venait de le mordre et de boire son sang.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Alors soit, reprit
Simon Mercier. Tu m'obliges à faire ce qu'il m'incombe de faire, mon
garçon. Prie pour ton âme si tu en as toujours une, car je fais le
serment devant le Seigneur tout-puissant que je ferai sur-le-champ
mon possible pour te libérer de ce mal. Et ne crois pas que ta
guérison ne s'apparentera pas à un châtiment radical. Tu
préfèreras sans doute que j'aie laissé ces démons te dévorer de
l'intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Qu'est-ce... qu'est-ce
que vous allez me faire?, bafouilla Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Séparateur 5, mar. 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://dhampyr.fr/index.php?post/2009/03/19/../../blog/public/Separateurs/lierre_separateur_5.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=134994&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=134994&amp;amp;colorBackground=0x000000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0xCCCCCC&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Après un entretien
rapide avec Loublin où le père s'enquérait des nouvelles de son
fils, ils étaient revenus le chercher dans le bureau du directeur,
la mine grave. Et sans plus de discussions, ils
étaient sortis pour l'emmener dans le bureau de Loublin, un peu plus
loin dans le couloir. La pièce était beaucoup plus petite mais une
immense bibliothèque recouvrait trois des quatre murs, du sol au
plafond, à un tel point que la porte d'entrée et la fenêtre
donnant sur la cour semblaient presque sortir d'entre les livres. Il
régnait partout une odeur de vieux livres. Le directeur et son
assistant se dirigèrent vers une cheminée, elle aussi surplombée
de rangée de livres, pendant que Géraud observait la pièce. Il
était  fasciné par tout ce qu'il voyait, dans la mesure où l'accès
à ce bureau était interdit aux jeunes habitants de l'orphelinat. Il
était saisi par l'omniprésence de ces vieux ouvrages, par le bureau
surencombré de livres et de plans déroulés, et même cette
mappemonde et un télescope dans un coin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Un
bruit sourd le tira de ses observations et ses yeux revinrent en
direction du directeur et de son assistant, tous les deux baissés
devant à la cheminée. Sous ses yeux ahuris, Géraud vit son fond
s'enfoncer au-dessous du sol en faisant racler la pierre contre la
pierre, s'arrêter à une vingtaine de centimètres, tandis que juste
devant, le fond de l'âtre s'enfonçait plus profondément en
laissant derrière une tranche plus haute, et ainsi de suite jusqu'à
ce que se dessine un véritable escalier sous la cheminée, plongeant
dans une mystérieuse obscurité.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le
temps sembla se suspendre un instant. Géraud se rappela que ses
camarades parlaient parfois entre eux de l'existence d'une cave
secrète, mais c'était toujours à moitié en plaisantant. Ça
n'était pas une fantaisie, il en avait aujourd'hui la preuve
concrète. Il réalisa alors soudain que personne d'autre ne saurait
jamais où il allait se rendre ni comment on pourrait éventuellement
le retrouver. Il déglutit lorsque le directeur lui fit signe de la
tête de suivre son assistant. Le jeune homme cherchait
désespérément de l'aide dans les yeux de Loublin, mais ce dernier
ne lui rendait qu'un regard triste et impuissant. Les mots restaient
coincés dans sa gorge. Pour ne pas prolonger davantage le silence,
Loublin s'empara d'une lampe torche cachée derrière un livre et
entama sa descente. Dans un frisson, Géraud se baissa et commença à
le suivre. Comment avait-il pu en arriver là?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Suivi par Monsieur
Mercier, Géraud avançait prudemment, tout en essayant en vain de
distinguer ce qui l'entourait. Il ne remarqua que l'épaisseur des
murs de l'entrée et l'odeur tenace de renfermé. Devant lui, Loublin
arriva enfin en bas de l'escalier, et s'arrêta pour éclairer les
dernières marches. Une fois qu'ils furent tous arrivé en bas de la
cave - et que Simon Mercier ait grommelé sur le fait qu'il détestait
venir ici -  Loublin leur indiqua de le suivre. Géraud comprit
qu'ils suivaient un couloir parallèle à celui du rez-de-chaussée
de l'orphelinat, mais à l'endroit où le bâtiment
s'arrêtait au-dessus, ils arrivèrent sous une alcôve. Là, ils
trouvèrent deux portes métalliques côte à côte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Soudain,
de derrière l'une des deux portes s'éleva un grognement étouffé,
suivi de bruits de griffures effrénées. Loublin se retourna vers le
directeur, qui lui fit un signe de la tête. Envahi par la terreur,
Géraud ne put rien faire pour empêcher Loublin d'ouvrir la porte de
gauche. Cette dernière, incroyablement épaisse, s'ouvrit dans un
horrible grincement. Tout cela se déroulait comme au ralenti. Les
grognements reprirent, et Géraud fut rassuré de comprendre qu'ils
venaient de derrière l'autre porte en métal. Il suivit donc à
nouveau Loublin, et ils retrouvèrent le silence pesant et la
noirceur lorsque le directeur referma la porte derrière eux. Il
faisait très froid à l'intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Monsieur
Mercier ouvrit un interrupteur, et la pièce s'éclaira d'une lueur
blafarde, projetée par une ampoule nue grésillante et couverte de
toiles d'araignées. Au centre de la pièce, un objet de la taille
d'une table était recouvert d'un vieux drap, lui-même recouvert de
poussière. Tandis que Loublin se rendait vers un vieux bureau,
surmonté d'une sorte panneau à outils, le directeur fit face à
Géraud et le regarda avec un air grave.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Géraud, j'aimerais te
dire quelque chose de rassurant, mais tout ce que je peux te dire,
c'est que j'espère que ce qui va se passer ici maintenant va
empêcher ce qui s'est produit de se renouveler. Tu ne me laisses pas
le choix. Est-ce que tu me comprends, jeune homme?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Qu'est-ce que...
qu'est-ce qui va m'arriver?, paniqua Géraud. Pourquoi ce changement
de ton, tout à coup?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Je suis désolé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Mais... Écoutez... C'est moi qui suis désolé. Je vous demande
pardon. Et je... je vous promets de ne plus jamais recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Non, Géraud, j'insiste. C'est moi qui suis désolé. C'est trop
tard. Tu étais sous ma responsabilité et tout cela est entièrement
de ma faute. Je ne pouvais pas...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Monsieur le directeur, intervint Loublin, personne n'aurait pu le
prévoir avec exactitude. Lui en premier, il n'a aucune idée de ce
qui lui arrive. Je sais ce que vous voulez essayer de faire, mais
vous prenez le risque de le tuer!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Et ne prendre aucun risque a failli tuer mon propre fils!, s'époumona
Mercier, à nouveau hors de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le
silence retomba un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Qu'est-ce... Comment va-t-il?, s'enquit timidement le garçon.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Géraud, j'espère
sincèrement qu'après ceci tu redeviendras comme avant, l'ignora
Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Réalisant qu'il n'avait
aucune chance d'échapper à ce qui allait suivre - peu importe quoi
- le jeune homme s'avança d'un pas dans sa direction :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Dites-moi ce qu'il
m'est arrivé. A moi et à votre fils...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Rien, Géraud. Rien. Gildas est un garçon solide, il vivra. Quant à
ce qui t'es arrivé, ça n'a plus aucune importance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Et
sur ces mots, il tira le vieux drap, découvrant une sorte de chaise
longue en métal, avec des emplacements indépendants pour les bras
et les jambes. Il y avait un casque en fer soudé en haut de la
chaise, et tout le long se trouvaient des lanières en cuir et des
chaînes métalliques. Monsieur Mercier prit une inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
A présent, je vais te demander de t'allonger.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Je... je..., bégayait le pauvre Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Ce sera plus simple et plus rapide si y mets du tien, mon garçon.
Alors installe-toi. S'il te plaît.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Jamais le directeur ne
lui avait dit &quot;s’il te plaît&quot;, et l'avait encore moins
appelé &quot;mon garçon&quot;. Sentant qu'il était tombé dans un
piège, Géraud se jeta en direction de la porte, qu'il secoua de
toutes ses forces, criant à l'aide tandis que tremblaient les gonds.
Il fut saisit par deux mains puissantes qui le ramenèrent vers le
siège, l'y basculèrent et l'y sanglèrent étroitement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ils ne t'entendront
pas, d'ici, crois bien que je m'en sois assuré, marmonna Mercier
tandis qu'il fixait les lanières de cuir de plus en plus serrées.
Loublin, merci pour votre aide, cracha-t-il cyniquement vers
l'intéressé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je regrette mais je...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Mais je quoi?,
s'emporta à nouveau le directeur. Faites votre ce que vous avez à
faire, Loublin!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Mais vous voyez bien
qu'il refuse!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ça, c'est évident,
et c'est justement pourquoi cette punition exige d'être menée
jusqu'à son terme, c'est bien compris? Je prends sur moi toute la
responsabilité de ce qui va se passer. Et souvenez-vous bien,
Loublin : ce qui se passe dans cette cave, reste dans cette cave.
J'ai votre parole?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Vous l'avez, monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Bien. A présent,
maintenez-lui les jambes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Résigné, Loublin
s'approcha des chevilles de Géraud pour les maintenir, non sans
répugnance à l'idée d'avoir à toucher ce gamin qu'il connaissait
et qui ne lui avait rien fait, tandis que son supérieur liait
fermement les sangles.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Qu'est-ce qui me dit
que de simples sangles en cuir réussiront à le maintenir
tranquille? Vous êtres sûr que ça va tenir, Loublin?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je... En théorie,
oui... C'est pratiquement sûr... Ça vient juste de se déclarer, il
ne peut pas être tout de suite aussi fort qu'un vamp...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Il serait judicieux
que vous ne terminiez pas cette phrase, Loublin. Pas entre ces murs.
Entendu?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Bien, monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Et puis, utilisez les
chaînes aussi, puisque vous n'êtes même pas sûr de ce que vous
faites! Et serrez, bon sang! Serrez!
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Aïe!, protesta
Géraud. Attendez un instant, arrêtez, s'il vous plaît... Je peux
partir, aller ailleurs, quitter cet établissement et ne jamais
revenir sans que... Ne secouez pas la tête, écoutez-moi, je peux
m'en aller tout de suite et ne plus vous créer de problèmes, et...
Je suis vraiment désolé, je vous jure que je le suis sincèrement...
Ça serait notre secret, d'accord?
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le directeur eut un rire
sans joie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je te remercie de ta
généreuse proposition, mais inventer de petits secrets avec mes
orphelins n'est pas une idée lumineuse. De plus, si je fais tout ça,
c'est pour éviter que cela ne se reproduise, et te laisser t'en
sortir comme ça, dans la nature, avec ce genre de pulsion serait
criminel, Géraud. Je fais ce qui m'incombe de faire, je m'occupe de
vous. Et dans le fond j'ai compris que tu veux fuguer depuis
longtemps, alors ne compte pas sur moi, après ce que tu as fait mon
fils, pour exaucer tes vœux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Géraud se tut, mais
après un instant Loublin intervint :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Et votre fils? Et les
autres, ceux qui l'ont vu, dehors?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- J'ai déjà trouvé
quelque chose pour eux. En croisant Fatou, en descendant, je lui ai
demandé de leur dire qu'il y a eu un accident,
et qu'ils ont été tous les deux blessés. Quant à mon fils...
Quant à mon fils, je lui parlerai, dit-il en jaugeant Géraud. D'une
part parce qu'il est de toutes façons marqué à vie... et d'autre
part parce que je ne veux pas qu'il lui fasse confiance. Mais
en-dehors de nous, je ne veux que personne se souvienne de ce qui
restera un incident isolé. Pas même celui qui en est à l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Comment ça, répondit
le jeune intéressé? Vous comptez l'effacer de ma mémoire?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ne te méprends pas,
Géraud, ça n'est pas une faveur que je te fais. Tu oublieras
peut-être ta punition, mais tu oublieras aussi tes erreurs. Tu ne
les commettras plus parce que je vais m'assurer que tu ne puisses pas
les reproduire. Loublin! Passez-moi la mallette!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Hé, attendez, c'est
quoi cette mallette!?, paniqua Géraud, en se tortillant comme un ver
sur un crochet.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Écoute-moi, reprit
Mercier, en bloquant Géraud par les poignets. Je ne te condamne pas
pour être né avec ce mal en toi, mais puisqu'il n'existe ici
actuellement plus aucun antidote, il est mon devoir que de t'éduquer
à le combattre, et à punir le manque de motivation pour le
combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Mais je n'ai jamais su
que j'avais... ce... cette...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Tais-toi, maintenant!,
éructa Mercier, en fixant Géraud de ses petits yeux porcins. Tu as
attaqué mon fils innocent afin de te repaître de son sang, et pour
cela j'arracherai les racines de ton mal, avec l'aide de Dieu...
(S’emparant de la mallette, il l’ouvrit pour en sortir une pince)
...et de ceci! Ainsi, j'aurai la certitude que tu ne recommenceras
jamais plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Quoi! Non,
mais vous êtes complètement fou, arrêtez ça!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Et je te fais une
faveur, poursuivit-il. Même si tu seras conscient pendant toute
l'opération - &lt;em&gt;et tu l'as bien cherché &lt;/em&gt;- je te garantis que
tu ne t'en souviendras pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Vous me torturez et
vous effacez ma mémoire pour que je ne puisse pas vous dénoncer,
comme c'est pratique!, ricana Géraud qui ne pouvait plus
contenir sa hargne, comme ça vous vous en sortez facilement, espèce
de lâche! Ne me touchez pas, espèce de bourreau!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Silence!, hurla
Mercier, qui le gifla avec une&amp;nbsp; violence telle que Géraud dut
retourner la tête pour cracher du sang sur le sol en béton. Il
donna quelques coups de poignets pour se libérer, mais en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Quelque chose le
titilla dans le fond de son âme, et il lutta pour maintenir
cette désagréable sensation en lui. Son regard s'abaissa et il
distingua les minuscules fissures et les petites gouttelettes
d'humidité sur le sol. Le moindre détail lui apparaissait...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Jésus-Marie-Joseph,
ses yeux! Loublin! Versez-lui de l'eau bénite!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Où ça?,
bredouilla-t-il, visiblement en plein conflit intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Dans la fiole verte,
dans la commode, dépêchez-vous!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je ne la trouve pas!
Attendez, c'est celle la?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Oui, oui, allez-y,
ouvrez-la.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Le bouchon résiste!
Attendez...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Passez la moi, vite!
Il faut le purifier!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le jeune homme, crachant
toujours par terre, reprenait ses esprits et tenta de se concentrer
pour revenir à lui, malgré la panique ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;- Géraud, si tu es
encore en possession de tes moyens, prie avec moi : &quot;Le Seigneur
est mon berger...&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Lorsque Géraud tourna
la tête, il entendit Loublin crier et vit Mercier lui jeter un
liquide à la figure. Le choc fut brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Vous allez peut-être
le tuer..., gémit Loublin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Attendez, s'enquit
Mercier, son gros visage curieux penché au-dessus de Géraud. Il ne
brûle pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le
visage trempé, Géraud secoua la tête, faisant ruisseler l'eau
glacée sur sa peau. Ce contact froid et humide l'avait contre toute
attente aidé à se reprendre complètement. Il se rendit soudain
compte que les deux autres l'observaient attentivement. Il leur
rendit leur regard interrogatif.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Il va bien,
diagnostiqua le directeur à la hâte. Passez-moi la pince.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Quoi?!, beugla Géraud,
les yeux exorbités. Non, mais vous avez l'intention de me faire
quoi, avec ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je vais arracher tes
crocs sataniques, voilà ce que je vais faire, petit démon
perspicace. Tu serais bien avisé de commencer à te repentir. Tu te
souviens des textes, n'est-ce pas?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Prier? Prier sur une
maudite
chaise de torture? Vous êtes
complètement tordu, vous le savez? Hé! Je vous parle,
espèce de barbare!,  s'emporta Géraud, alors qu'il secouait
pieds et mains pour se libérer de ces douloureuses
chaînes et lanières, qu'il n'était pas assez fort pour
arracher.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le directeur l'ignora,
gardant toutefois un œil sur les liens de cuir. Géraud, sentant
l'inexorable châtiment s'avancer, tandis que son bourreau s'activait
à nettoyer ses instruments, Géraud décida judicieusement de garder
la bouche bien fermée, puisque de l'ouvrir ne l'amenait à rien. Il
attendit jusqu'à ce que le directeur se penche de nouveau au-dessus
de lui :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ouvre la bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Sans surprise, Géraud
secoua la tête, les lèvres pincées, mais non sans une esquisse
grotesque de sourire. Ressemblant plus que
jamais à un buffle enragé, Mercier souffla par les narines.
Avec son petit tablier noir recouvrant son
ventre proéminent, et sa mine confite pointée d'un gros nez
moustachu, dans d'autres circonstances, Géraud lui aurait
ouvertement ri au nez.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je vois. Et bien
puisque la vue du sang ne te dérange pas..., commença-t-il,
s'emparant d'un scalpel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Qu'est-ce que vous
faites?, s'inquiéta Loublin. Vous ne pensez pas qu'avec l'eau bénite
ça a suffi?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Loublin, vous êtes
celui de nous deux qui connaît le mieux ces choses-là. Mais je me
méfie de ces indécrottables aberrations. Je me méfie aussi de vous
et de votre sympathie pour ce garçon : j'ai compris ce que vous
essayiez de faire. Mais sachez-le, vous ne réussirez pas lui
épargner ça. Je ne vous en veux pas, mais à présent cessez,
Loublin. Rappelez-vous qui est le directeur, et ce que vous me devez.
Vous avez vos connaissances, et moi j'ai Dieu avec moi. Et ma foi me
dit que sa guérison n'est que temporaire. Il faut en finir
définitivement. Ayez donc la grâce de ne pas
lui prolonger ce supplice, si vous avez pitié de lui, Loublin. Et
puisque je ne vais passer la journée à le gifler, maintenez-lui la
tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Loublin
saisit le crâne de Géraud, fermant les yeux pour éviter de
croiser son regard. Le garçon impuissant vit le directeur soulever
la lame des deux mains au-dessus de son visage, en ouvrir une et
s'entailler profondément en bas de la paume. Du sang perla de la
fente de chair, et les gouttes chaudes s'écrasèrent sur le visage
humide de Géraud.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Montre-moi ton vrai
visage...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Tout alla très vite.
Sans même s'en rendre compte, Géraud respira les effluves sanguins
miraculeusement versés sur son visage, imprégnant une à une chaque
pore de sa peau. Ce sang-là était différent, il avait un
arrière-goût d'amande, teinté de l'âpreté d'un champignon, à la
fois fort et velouté. C'était tellement curieux... Mais
curieusement bon. Il sentit ses propres globes oculaires s'exciter
dans leurs orbites, ses quatre autre sens se développer, sa mâchoire
le picoter, comme si elle était trop petite pour contenir sa faim à
l'intérieur, et une incroyable énergie envahir ses membres
en réponse à ces parfums nouveaux et exquis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Ta faiblesse te trahit
encore, Géraud... Mais cette-fois, elle sera responsable de ta
perte! Tout ce que tu avais à faire, c'était de lutter contre la
facilité d'y succomber, comme tu me l'avais promis il y a quelques
minutes! Tu vois bien que je suis obligé de les protéger de toi!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Alors c'est comme ça
qu'il... qu'il mute, songea Loublin à voix haute, complètement
fasciné par l'horreur de la scène.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Le jeune homme scellé à
ce siège vibrait d'une force inconnue, les pupilles animées
d'une lointaine lueur rouge, et des canines, des canines supérieures
et inférieures s'allongeant sensiblement si bien qu'il ne pouvait
plus fermer ses lèvres sans se blesser. Géraud gémit tandis qu'il
sentait ses dents grandir encore et encore dans sa bouche, sans
pouvoir les retenir, tandis qu'une vigueur incroyable revitalisait
son esprit et son corps. Cette fois davantage témoin de sa propre
transformation incontrôlable, il paniqua et laissa s'échapper de
petits gémissements glauques comme un enfant
qui pleure. Il écarta malgré lui les mâchoires tandis que
grandissaient ses canines.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Douce Marie, mère de Dieu, que tu es laid..., pensa tout haut
Mercier, en se signant trois fois de suite. Eh là, que faites-vous?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Je lui prélève un
échantillon de sang. Ça va piquer un peu dans ton bras, Géraud.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Aah! Eh, pourquoi vous
faites ça?, protesta le jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Oui, Loublin, bonne
question. Qui vous a dit de faire ça?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- Cela me servira
peut-être pour les injections que &lt;em&gt;vous &lt;/em&gt;m'avez ordonné de
lui faire après sa première manifestation éventuelle - c'est fini,
Géraud. Imaginez encore que ça puisse être utilisé comme
vaccin... Vous y voyez une objection, monsieur
le directeur?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Faites vite votre prélèvement et nettoyez lui la tête. Avec de
l'eau bénite, encore.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Un peu rassuré à
l'idée de ne pas brûler le jeune homme, mais craignant tout de même
d'être mordu par lui, Loublin s'exécuta et
épongea le visage effrayant - et effrayé - de Géraud. Ce dernier
se détendit. Le contact du tissu sur son front était doux et frais.
Il prit une longue inspiration et relâcha son souffle en tremblant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	-
Allez-y. Faites-la, votre saleté d'anesthésie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Écartant
Loublin de derrière le siège incliné, Mercier se pencha
au-dessus de Géraud, la mine sombre, une pince à la main, une autre
qu'il plaça doucement contre la joue de Géraud. Et comme s'il
s'excusait d'avance, il lui dit :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	- C'était ça,
l'anesthésie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;	Et d'un geste sec, il
saisit une canine dans sa pince, et il tira brutalement.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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